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Féminisme islamique versus féminisme laïque

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Josué

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Féminisme islamique versus féminisme laïque
Matthieu Stricot - publié le 31/05/2016

Dans les pays musulmans émerge une nouvelle forme de féminisme. Islamique, il ne s’inscrit pas dans la même logique que le féminisme laïque, mais vise le même objectif : l’égalité homme-femme. Le sujet était débattu le 20 mai à l’Institut du Monde Arabe, à l’occasion du colloque Pouvoirs et religions.
Quels sont les arguments des féministes islamiques ? En quoi diffèrent-elles des féministes laïques ? Font-elles bouger les lignes ? » Vendredi 20 mai, Virginie Larousse, rédactrice en chef du Monde des Religions, a introduit le débat sur « le féminisme islamique, ou la contestation des pouvoirs par la théologie », lors du colloque Pouvoirs et religions à l’Institut du Monde Arabe à Paris.

« Les féministes islamiques se définissent dans la communauté musulmane, mais n’entendent pas appliquer ses lois religieuses, explique Azadeh Kian, essayiste et professeur de sociologie à l’Université Paris VII-Diderot et directrice du CEDREF, le Centre d’enseignement, de documentation et de recherches sur les études féministes. De plus, il faut parler de féminismes islamiques au pluriel, car leurs idées divergent selon le contexte historique, socioculturel ou régional. Ainsi, les féministes iraniennes n’ont pas les mêmes objectifs que les Turques ou les musulmanes européennes. »

Bien qu’un principe d’égalité existe dans le Coran, beaucoup n’entendent pas en extraire une égalité homme-femme. « De nombreuses femmes se forment ainsi en théologie afin de réinterpréter les lois et la religion. » Déjà, au début du XXe siècle, des Égyptiennes s’étaient prononcées contre les interprétations masculinistes du Coran et de la tradition. « Cependant, à l’époque, on ne les appelait pas féministes islamiques. Les premières à être ainsi qualifiées ont été les Iraniennes, actives dès la révolution islamique de 1979 et surtout visibles depuis les années 1990. »

Féminisme islamique ou féminisme musulman ?

« Ce féminisme islamique est-il une conséquence de la réislamisation ou une réaction au féminisme laïque des années 1960-70 ? », interroge Virginie Larousse. L’avocate algérienne Wassyla Tamzali, ex-directrice des Droits des femmes à l’Unesco, distingue la féministe musulmane, militant hors du cadre religieux, de la féministe islamique qui se bat par l’intermédiaire de la religion. Selon elle, dans les pays arabes, « le recours à la religion a toujours été une réponse au vide du régime en place. Certes, on peut réveiller une conscience à travers une religion. Mais des dérives très graves ont eu lieu sur la question des femmes ».

La féministe laïque fait référence au contexte algérien : « À l’indépendance, le pays s’est rangé dans le camp des Soviétiques. Nous avons développé un vocabulaire marxiste de lutte des classes. Dans les années 1970, des groupes de femmes se sont organisés dans des mouvements trotskystes empruntant un discours anticolonialiste. Nous étions convaincues que les femmes avaient droit à la liberté et à l’égalité sans faire référence à l’islam. »

Cela n’a pas empêché les féministes marxistes algériennes de s’intéresser au féminisme islamique naissant. En 1964, Wassyla Tamzali se rend en Malaisie pour rencontrer les Sisters in islam, des musulmanes se battant pour l’égalité. Mais, pour les féministes laïques, « le féminisme était avant tout une déconstruction de l’idée de la femme dans le monde entier. Nous nous attaquions au nationalisme comme à la religion, ce qui nous a valu d’être considérées par les féministes islamiques comme des clones de la civilisation occidentale. »

« Les hommes ont interprété les textes à leur manière »

À ce constat, Hanane Karimi, porte-parole du collectif Les femmes dans la mosquée, distingue le féminisme islamique, « dans les pays régis par la loi islamique » du féminisme musulman « dans les pays où la religion ne fait pas la loi, comme en France ». En Europe, le féminisme islamique émerge à partir de la deuxième ou troisième génération d’immigrés. « Les enfants s’installent dans une double culture, ils ont une lecture critique de leur religion. D’où un grand écart entre la lecture misogyne de l’islam qu’on voulait nous imposer et la nôtre. »

Que peut apporter l’islam pour l’émancipation des femmes ? « Mes collègues juives ou chrétiennes et moi, nous rencontrons les mêmes problèmes de misogynie. » D’où viennent les inégalités ? « Concernant l’islam, les hommes ont interprété les textes à leur manière, via le fiqh, la jurisprudence islamique. » La soumission des femmes a d’autant moins de sens que « la notion de liberté est importante en islam. Si nous sommes dominées, nous ne pouvons pas répondre de nos actes lors du Jugement dernier. Nous devons être libres », fait remarquer Hanane Karimi.

Mais les notions de liberté et d’égalité doivent être replacées dans leur contexte, comme toute autre question. Azadeh Kian rappelle par exemple, que « dans le Coran, si la polygamie n’est pas recommandée, elle existe bel et bien. Il y a quatorze siècles, cette pratique était même logique. Les combattants de l’islam partaient faire la guerre et laissaient derrière eux des veuves et des orphelins. Ce verset avait une fonction sociale de protection de ces derniers. Mais, aujourd’hui, des lois et des institutions existent pour s’occuper des veuves et des orphelins. La polygamie n’a donc plus de raison d’exister ».

Loi du talion et héritage : la valeur d’une femme

Autre incohérence concernant la loi du talion appliquée notamment en Iran, en Arabie Saoudite ou au Pakistan. « Chaque personne a une valeur distincte de l’autre. La vie d’une femme vaut la moitié de celle d’un homme. On considérait peut-être, à l’époque, que les hommes avaient une valeur sociale plus élevée par le travail ou la guerre. Aujourd’hui, les femmes ont la même valeur. Comment voulez-vous qu’une avocate ou une universitaire accepte que la valeur de la vie d’une femme soit la moitié de celle de la vie d’un homme ? »

Cette question se pose aussi concernant l’héritage. Un sujet qui a été débattu lors du Conseil supérieur des oulémas marocains, en novembre 2015, rapporte Hanane Karimi. Selon le Coran, la part qui revient à une femme est la moitié de celle allouée à un homme. « Si, aux premiers siècles de l’islam, l’homme assumait les besoins de sa famille, le contexte a changé. Au regard de la situation sociale, politique et économique du Maroc, la loi sur l’héritage, appliquée injustement aux femmes, les met dans une grande précarité. Revoir la question de l’héritage est donc une nécessité islamique en terme de justice et de paix sociale. »

Beaucoup de femmes ont tenté d’avancer sur ces questions. La sociologue marocaine Fatima Mernissi (1940-2015) a procédé à une approche critique de la société marocaine. « Pour elle, le pouvoir et le religieux avaient cristallisé le concept de “Tâ-Hâ” – d’obéissance – pour les femmes et pour le peuple. Si l’interprétation du Coran peut parfois avancer, notamment dans le domaine économique, tout est figé en ce qui concerne les femmes. »

« Les féministes islamiques sont plus dangereuses pour les religieux conservateurs »

Pour réinterpréter ces textes sous un autre jour, Azadeh Kian souhaite donner la parole aux théologiennes des pays musulmans : « Issues majoritairement des classes moyennes et inférieures du monde rural, elles n’ont pas les mêmes origines sociales, culturelles ou historiques que les féministes laïques appartenant plutôt aux classes aisées et urbaines. »

Les féministes islamiques ont gagné leur statut grâce à l’enseignement et à l’emploi. Contrairement aux féministes laïques, elles ont champ d’action plus large, car « elles peuvent agir sur la population de leur environnement d’origine. Les féministes islamiques sont ainsi plus dangereuses pour les religieux conservateurs ».

Et, si les féministes islamiques inscrivent leur action dans leur culture propre, cela ne les empêche pas de faire cause commune. Lors des manifestations du parc Gezi à Istanbul (Turquie) en juin et juillet 2013, « les féministes islamiques étaient main dans la main avec les laïques de gauche et les homosexuelles ».

Wassyla Tamzali critique cette approche des féministes islamiques comme femmes du peuple : « C’est justement au nom des femmes du peuple que l’on a refusé d’entendre les féministes en Algérie. Ce n’est pas l’égalité islamique qui protège les femmes, mais l’égalité laïque. En France, la loi me protège. Ce n’est pas le cas dans les pays musulmans. »

« Imposer le voile ou l’interdire, même logique »

Justement, qu’en est-il du droit des femmes en terre d’islam ? « Vu de France, on a non seulement le sentiment que leurs droits sont réprimés dans les pays musulmans, mais qu’ils le sont aussi en Europe, comme les événements de Cologne ont pu en donner l’impression », remarque Virginie Larousse.

En Europe, la question du voile est omniprésente. « Je ne suis pas contre son port, affirme Wassyla Tamzali. Mais je suis contre le discours que l’on veut faire porter au voile. » Pour la militante, le féminisme est avant tout une libération du privé : « Je reconnais que notre dévoilement ne nous a pas émancipées pour autant. Je n’ai pas peur du voile ni de l’islam : c’est ma culture. Mais le voile est un signe, une manière d’imposer aux gens la manière dont ils doivent s’habiller. En Algérie, pendant les années de plomb, de nombreuses femmes ont été assassinées car elles refusaient de porter le voile. »

Née en France de parents marocains, Hanane Karimi a vécu la situation inverse. « À 18 ans, je me suis voilée. Des féministes laïques s’y sont opposées. J’étais issue d’une bonne famille, douée à l’école, mais j’ai été exclue de l’établissement après un conseil de discipline. Ce discours m’a fait perdre dix ans de ma vie. Plutôt que de m’émanciper, je suis restée dans la sphère domestique, à m’occuper de la maison et des enfants. »

À 30 ans, Hanane Karimi a réalisé qu’elle ne désirait pas ce mode de vie : « Ce n’est pas à un gouvernement, à un mari ou à une religion de décider pour moi. Imposer le voile ou l’interdire, c’est suivre la même logique. Celle qui empêche les gens de choisir leur liberté. »
http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/feminisme-islamique-versus-feminisme-laique-31-05-2016-5523_118.php

Mikael

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Il ne faut pas rêver la condition de la femme dans les pays musulmans n'est pas prête de changer.

samuel

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La ministre de la Tolérance veut «institutionnaliser la tolérance»
Par notre envoyée spéciale Louise Gamichon - publié le 30/08/2016

La cheikha Lubna Al Qasimi, ministre de la Tolérance des Émirats arabes unis depuis février 2016, entend institutionnaliser la tolérance dans un pays où l’islam est religion d’État.

Le 29 mai dernier, la ministre Lubna Al Qasimi a rencontré le pape François au Vatican et lui a remis une invitation officielle à se rendre aux Émirats arabes unis. © DR

http://www.lemondedesreligions.fr/une/la-ministre-de-la-tolerance-veut-institutionnaliser-la-tolerance-30-08-2016-5790_115.php

samuel

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"Tempête de sable", les mariages forcés sous le regard d’une réalisatrice israélienne
Par Stéphanie O'Brien | Le 17 janvier 2017

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Premier long métrage d'Elite Zexer, Tempête de sable suit le combat de Layla, qui refuse de se soumettre au mariage forcé.

Au cœur d’un tranquille village bédouin en Israël, la jeune Layla va bouleverser les traditions. Son défi : éviter le mariage forcé en choisissant l’élu de son cœur. En voulant souffler un vent de liberté sur sa communauté, la jeune fille va mettre les convictions de chacun à rude épreuve.

Josué

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À PROPOS DE L'AUTEUR
Stéphanie O'Brien
Journaliste chargée de la production vidéo au "Madame Figaro", j'aime saisir l'air du temps
http://madame.lefigaro.fr/celebrites/video-bande-annonce-tempete-de-sable-mariages-forces-160117-129149

Josué

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Islam et féminisme, sont-ils compatibles ?
Pour son nouveau livre, la journaliste Marie-Françoise Colombani est allée demander à Tareq Oubrou, imam de la mosquée de Bordeaux, dans quelle mesure islam et féminisme étaient compatibles. Interview.
Quelle mouche a piqué cette féministe convaincue, athée et viscéralement attachée à la laïcité, pour aller dialoguer avec un imam, fût-il libéral ?

Marie-Françoise Colombani, grand reporter et éditorialiste à ELLE vingt-cinq ans durant, a passé des heures à converser sans faux-semblant avec Tareq Oubrou, l'imam de la mosquée de Bordeaux. Si elle n'a rien contre les religions, cette journaliste, qui a travaillé aussi bien auprès des Afghanes que des jeunes Françaises de banlieues, sera toujours du côté de la liberté des femmes. Avec l'imam de Bordeaux, elle a abordé tous les sujets qui fâchent : du voile à la mixité en passant par l' IVG, les viols de Cologne ou la théorie du genre... De cette conversation parfois rugueuse ressort un dialogue d'une rare franchise entre deux camps que l'on considère parfois un peu trop rapidement comme inconciliables. Pourquoi « La Féministe et l'Imam »* est-il un livre nécessaire ? Parce que le sujet des femmes et de l'islam en France revient régulièrement dans l'actualité sous une forme toujours plus polémique (dernier exemple, l'affaire dite du « burkini »). Parce que la question est instrumentalisée de toutes parts, brouillée par mille et une arrière-pensées. Enfin parce qu'entre la menace terroriste, la montée de l'intolérance et du racisme et les risques d'un repli communautaire, il y a urgence à mettre les choses à plat avec rigueur et honnêteté. Avec ce livre, on comprend pourquoi l'interprétation des textes fondateurs de l'islam pèse lourd sur les épaules de certaines femmes. Et peut-être fait-on aussi un pas de plus, envisageant des pistes et des perspectives pour bâtir ensemble un avenir plus serein.

ELLE. Pourquoi avez-vous choisi de discuter avec un imam ?

Marie-Françoise Colombani. Parce que l'injonction religieuse qui justifie le port du voile ou quelques pratiques choquantes pour un grand nombre de non musulmans - et pour les féministes en particulier - vient de certains imams. Dans les mosquées ou sur YouTube, ce sont eux qui, par ignorance ou fanatisme, assènent au nom du Coran l'interdiction de serrer la main des femmes, la non-mixité au café, à la piscine ou à l'hôpital, etc. Comme je n'ai pas de problème avec l'islam et le Coran, pas plus qu'avec la Bible ou le Talmud, il m'a semblé utile de revenir aux textes avec un imam pour comprendre réellement le sort que cette religion réserve aux femmes.

ELLE. Pourquoi cet imam en particulier ?

M.-F.C. J'étais intriguée par son parcours. Influencé par les écrits d'Hassan el-Banna, fondateur des Frères musulmans et grand-père de Tariq Ramadan, Tareq Oubrou a participé à la création de l'Union des organisations islamiques de France et a longtemps promu le port du voile. Il a aujourd'hui radicalement changé d'avis sur tous les sujets qui interpellent les féministes. Ce revirement lui vaut d'être à la fois attaqué par des islamistes, jusqu'à recevoir des menaces de mort, et soupçonné de double jeu par des non musulmans. En réalité, frappé par l'importance démesurée que le voile avait prise, cet homme est revenu aux textes sacrés qu'il a étudiés avec une grande droiture intellectuelle. C'est ce qui lui permet de demander aujourd'hui une réforme de la lecture de ces textes.

"L'IMAM JUGE L’INTERPRÉTATION DES TEXTES SACRES ANACHRONIQUE ET SOUMISE A CE QU'IL APPELLE LA "TEXTO-STERONE".
ELLE. Dans quel sens ?

M.-F.C. Il juge leur interprétation totalement anachronique car masculine et donc soumise à ce qu'il appelle la « texto-stérone ». Il défend sans ambiguïté l' égalité des sexes, en dénonçant par exemple les demandes de dispense de piscine à l'école uniquement pour les filles. Il s'étonne, avec une fausse naïveté, que les familles, prises dans leur exigence de « pudeur », ne voient jamais d'inconvénients à ce que leur fils côtoie des filles en maillots !

ELLE. Pensez-vous, comme quelques féministes, qu'une femme voilée est forcément soumise ?

M.-F.C. Non. Je comprends que beaucoup de femmes qui portent le voile se sentent humiliées par cette idée. Bien sûr, une pression extérieure pèse sur les épaules de certaines d'entre elles, mais la pression la plus lourde est intérieure, faite de mille et un interdits au nom de Dieu.

ELLE.Pour Tareq Oubrou, le voile n'est pas obligatoire...

M.-F.C. Non. À ses yeux, l'obligation du port du voile n'a aucun fondement religieux incontestable. Au contraire, il explique que le prophète condamnerait l'ostentatoire chez les femmes, comme chez les hommes d'ailleurs : c'est donc valable aussi pour les barbus ! Pour le prophète, le croyant doit s'adapter au contexte du pays dans lequel il vit et sa pratique doit rester intérieure et privée. Cet imam est un légaliste pur et dur dont la ligne de conduite est claire : la loi française, rien que la loi française.

"AUX YEUX DE TAREK OUBROU, L'OBLIGATION DU PORT DU VOILE N'A AUCUN FONDEMENT RELIGIEUX INCONTESTABLE."
ELLE.Vous avez pu discuter franchement... et de tout ?

M.-F.C. Pas forcément, lorsque nous n'étions plus deux autour de son bureau mais trois, en comptant Dieu ! Comme un prêtre ou un rabbin, c'est un religieux. Je suis une laïque convaincue. Dès que Dieu s'immisçait dans la conversation, il n'y avait plus de discussion possible ! Heureusement qu'il a beaucoup d'humour.

ELLE.Que faudrait-il faire pour sortir des malentendus sur l'islam entretenus de part et d'autre ?

M.-F.C. Je crains que nous ne soyons pas sortis de l'auberge ! Il faudra beaucoup de temps pour parvenir à une réforme profonde de l'interprétation des textes. Mais nous ne reviendrons pas en arrière, notre société est indiscutablement laïque.

ELLE.Certains dénoncent une flambée du communautarisme... Êtes-vous optimiste pour l'avenir ?

M.-F.C. Pas vraiment. Le repli communautaire est un mouvement de fond. D'ailleurs, de plus en plus de Français musulmans cherchent à quitter certains quartiers pour ne pas élever leurs enfants dans ce cadre-là. Inverser cette tendance s'inscrira sur le long terme, c'est un tel chantier qu'il prendra du temps, beaucoup plus que la durée d'un quinquennat présidentiel. Cela ne suppose pas forcément davantage de lois. Mais l'école publique devrait devenir une priorité absolue dans les quartiers, pas seulement en terme de budget mais aussi de programme, de recrutement et d'organisation. Et la formation des imams est un enjeu crucial. Quant au voile, je remarque simplement que de plus en plus de jeunes femmes lui trouvent des alternatives discrètes avec un simple foulard noué dans les cheveux, un turban ou juste un bandeau, afin de pouvoir s'insérer plus facilement dans la société.

"LA FEMINISTE ET L'IMAM", de Marie-Françoise Colombani et Tareq Oubrou (éd. Stock). En librairie le 15 mars.
http://www.elle.fr/Societe/Interviews/Islam-et-feminisme-sont-ils-compatibles-3454028

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