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Rwanda : procès d'un génocide à la cour d'assises de Paris

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Josué

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Administrateur
Rwanda : procès d'un génocide à la cour d'assises de Paris
Le Point.fr - Publié le 04/02/2014 à 00:00 - Modifié le 04/02/2014 à 13:44
Pascal Simbikangwa, 54 ans, est poursuivi en tant que complice d'un massacre qui a entraîné la mort de plusieurs centaines de milliers de personnes.
On dit que l'horreur n'a pas de nom. Mardi, pourtant, devant la cour d'assises, c'est un homme qui va être jugé. Dans toutes les bouches, une question : comment a-t-on pu en arriver là ? Pascal Simbikangwa, 54 ans, a été interpellé à Mayotte en 2008 sous une fausse identité, dans le cadre d'une enquête de la police aux frontières pour falsification de documents administratifs. Un mandat d'arrêt international pèse sur sa tête. On lui reproche des faits de génocide, complicité de génocide et crimes contre l'humanité commis au Rwanda entre janvier et juillet 1994. En 2009, la Cour de cassation confie la procédure au tribunal de grande instance de Paris. L'homme, invalide depuis un accident de voiture, est détenu à la maison d'arrêt de Fresnes. Le pôle "génocide et crimes contre l'humanité", nouvellement institué, se charge d'instruire l'affaire. Et rend une ordonnance de renvoi devant la cour d'assises de Paris en mars 2013 pour complicité de crime de génocide. C'est une première en France. Patrick Baudouin, un des avocats de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), applaudit : "Enfin, la France remplit ses obligations !"

"Pascal Simbikangwa, lui aussi, attend son procès depuis longtemps", affirment ses avocats Alexandra Bourgeot et Fabrice Epstein. "Il est très angoissé, aussi bien physiquement que moralement. Les enjeux sont indéniables", ajoute sa défense. Ce qu'il risque ? La prison à perpétuité. Et les charges sont nombreuses. Ancien directeur au service central du renseignement (SCR), plusieurs témoignages affirment que Pascal Simbikangwa faisait partie des "escadrons de la mort", chargés, entre autres, de perturber par la violence les négociations de paix. L'homme faisait également partie de "l'Akazu", un cercle de proches du président hutu Habyarimana. En 1994, l'ONG Human Rights Watch estime que Simbikangwa faisait partie de ces hommes dont l'autorité était telle qu'il aurait pu mettre fin à la violence s'il l'avait souhaité. Des livres et des témoignages font état de nombreux articles haineux qu'il aurait écrit sous pseudonyme. Et expliquent avoir vu les Interahamwe, des milices armées du président, s'entraîner dans sa propriété et s'armer chez lui.

Impossible de recueillir des témoignages

Surtout, Pascal Simbikangwa, selon les éléments de l'enquête, aurait donné des instructions et ordonné le ravitaillement des barrages installés à Kigali. Des barrages, comme l'explique Emmanuel Daoud, avocat de la FIDH, qui étaient "non seulement des moyens de contrôle ethnique", mais surtout "des lieux d'exécution". Une carte d'identité qui porte la mention "tutsi", une taille trop grande, un "nez pointu"... Il en fallait peu pour rejoindre des charniers où s'entassaient des dizaines de milliers de victimes. Pour tous ces crimes, Pascal Simbikangwa n'est jamais poursuivi en tant qu'auteur direct, mais comme complice. Certains des faits de torture qui lui étaient reprochés sont prescrits. Pour d'autres, des charges insuffisantes et des témoignages peu crédibles.

Des habitants soutiennent l'avoir vu se tenir débout sur des béquilles sur les lieux des carnages, en particulier sur la colline de Kesho. Or il est paraplégique. Les avocats de la défense et des parties civiles ont fait citer une quarantaine de témoins. Ce sera parole contre parole et chacun tentera de décrédibiliser les propos de l'autre. La défense de Simbikangwa l'a promis, les arguments négationnistes n'auront pas leur place à l'audience. "On ne jugera pas non plus ici le rôle de la France dans le génocide. On ne veut pas d'un procès exemplaire, on veut que ce soit le procès d'un homme", confient les avocats. Mais les personnes capables de plaider en la faveur de Simbikangwa ne courent pas les rues. "C'est presque impossible de trouver des témoins de la défense, car personne ne peut aller témoigner sereinement, ou personne n'en a l'envie, car on ne veut pas être assimilés à ce qui lui est reproché", soupirent Me Bourgeot et Me Epstein. Avant d'ajouter : "Il y a une inégalité flagrante des armes. Il n'y a pas de victimes, mais de nombreuses associations face à nous. Nous n'avons pas pu aller à Kigali pour recueillir des témoignages, alors que les juges d'instruction et le parquet ont fait ce déplacement."

Intelligent, méticuleux et impulsif

De l'aveu de ses avocats, Simbikangwa appréhende déjà les "allers-retours et les nombreux interrogatoires auxquels il va être confronté pendant deux mois de procès". "Il y a quelques mois, pendant une semaine de confrontation en visioconférence au palais de justice, les gendarmes avaient été contraints de le porter et de l'emmener jusqu'aux toilettes. Il avait eu plusieurs soucis de santé, dont des infections urinaires", expliquent-ils. Emmanuel Daoud en accepte l'augure : "Il est fondamental que ce procès se déroule en respectant les droits de la défense. Il ne doit pas y avoir la moindre ambiguïté, le moindre doute là-dessus. Si l'accusé doit s'absenter en raison de son état de santé, il doit avoir le temps de se défendre."

Les experts psy décrivent Pascal Simbikangwa comme quelqu'un d'intelligent et de "méticuleux". Mais aussi d'impulsif et de narcissique. Il a du mal à contrôler ses pulsions agressives, écrivent-ils. Aucune maladie mentale n'est cependant décelée, pas plus qu'un trouble de ses facultés susceptible "d'influer sur sa responsabilité pénale".

En d'autres termes, il n'est pas fou. On peine parfois à le croire, à la lecture des charges qui pèsent contre lui. Mais la philosophe Hannah Arendt l'écrivait déjà à propos des nazis dans Eichmann à Jérusalem : "Dans leur jugement, les juges ont considéré que les souffrances des victimes à ce point incommensurables étaient au-delà de la compréhension humaine, qu'elles étaient l'affaire de grands écrivains et de poètes et ne relevaient pas d'un tribunal, alors que les actes et mobiles qui en étaient la cause n'étaient au-delà ni de la compréhension ni du jugement."

chico.

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L'église catholique à une grande responsabilité dans cette triste histoire.

Josué

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Administrateur
je dirais plus trés grande résponsabilité.

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