Témoins de JEHOVAH VERITE actif
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On ne vit pas dans une tour d'ivoire

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Josué

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Administrateur
TÉMOINS DE JEHOVAH
« On ne vit pas dans une tour d'ivoire »
mercredi 10.04.2013, 14:00

Les Témoins de Jéhovah nous ont ouvert les portes de la salle du Royaume à Hazebrouck. Plus de quatre-vingt personnes s'y réunissent deux fois par semaine.
Implantés depuis quarante ans à Hazebrouck, les Témoins de Jéhovah se réunissent chaque semaine dans leur salle du Royaume, rue Aristide-Briand.
Nous avons interrogé deux membres afin de comprendre toute la « vérité » sur ce mouvement religieux controversé. Entretien avec Edmond Kujanski, délégué presse et président de l'association de Saint-Omer et Pierre Brinio, président de l'association des Témoins de Jéhovah d'Hazebrouck.
Comment êtes-vous devenus Témoin de Jéhovah ? Pierre Brinio : Je suis Témoin de Jéhovah depuis 1951. J'étais catholique pratiquant.
Mon père était communiste ! Un jour, les Témoins de Jéhovah sont venus, j'ai posé beaucoup de questions pour essayer de trouver la faille. Quand on pratique une religion avec conviction, on n'aime pas s'entendre dire qu'on n'est pas en conformité avec certains enseignements de la Bible. Petit à petit, on a répondu à mes questions et je me suis fait baptisé en 1951. Contrairement à certaines religions de la chrétienté, on choisit délibérément de devenir Témoin de Jéhovah. On ne baptise pas nos nouveaux nés. Il faut acquérir une connaissance et la conviction de son engagement.
Edmond Kujanski : Je suis un ancien séminariste, je devais être prêtre. Mes parents sont arrivés en 1948 avec deux valises, ils étaient à Auschwitz.
C'était un honneur à l'époque d'avoir un membre de sa famille comme prêtre. On m'a toujours refusé de lire la Bible. Au sein de l'institution séminariste de Saint-Omer, on m'a dit : « si tu lis la Bible, tu deviens fou ».
Quels arguments vous ont convaincu chez les Témoins de Jéhovah ? P. Brinio : On m'a répondu sur des aspirations fondamentales : « pourquoi tant de haine parmi les humains ? » J'ai étudié les prophéties qui se sont réalisées, on a le privilège d'en voir se dérouler sous nos yeux. Il n'y a pas de raison de douter des dernières qui prévoient l'instauration d'un paradis sur la Terre.
L'Église catholique ne vous apportait pas ces réponses ? P. Brinio : Quand vous posez des questions sur la Trinité, on vous répond : « ne cherche pas à comprendre, c'est un mystère ». Ça ne me satisfaisait pas tellement.
Sur le plan théologique, qu'est-ce qui différencie votre mouvement du catholicisme ? P. Brinio : Prenez la personnalité de Jésus.
Je pensais que le Fils et le Père étaient la même personne. Or j'ai compris par l'étude de la Bible que le Père se différencie du Fils. Jéhovah est le seul créateur et Jésus est son fils, ce n'est pas la même personne. Ce qui m'a sensibilisé, c'est de connaître le nom de Dieu. Je récitais machinalement la prière du Notre-Père où je disais « que ton nom soit sanctifié » mais jamais on ne m'avait dit que Jéhovah était le nom propre de Dieu, dans sa version francisée.
Votre mouvement s'est rassemblé le 26 mars pour le Mémorial. Pouvez-vous expliquer de quoi il s'agit ? P. Brinio : On commémore le souvenir de la mort de Jésus. C'est la seule adjonction que le Christ a faite. Jésus a pris un symbole, le pain sans levain, qui représentait son corps, et du vin rouge comme symbole du sang. Il n'a pas dit « ceci est mon corps » mais « ceci représente mon corps ». Si c'était son corps, c'eût été du cannibalisme s'il y avait le mystère de la transsubstantiation. À travers le Mémorial, on rappelle la valeur du sacrifice de Jésus.
Quel est le processus pour intégrer les Témoins de Jéhovah ? E. Kujanski : Nous allons voir les gens chez eux, nous leur demandons de lire la Bible. Nous leur donnons des cours gratuits de Bible à domicile. La personne fait ensuite la demande. Si elle veut réellement devenir Témoin de Jéhovah, il y a une conversation avec cette personne, non pour l'en dissuader ou la persuader, mais pour connaître le fondement de sa conviction.
On ne cherche pas la quantité.
Faut-il payer pour devenir Témoin de Jéhovah ? E. Kujanski : Non. Il existe des boîtes à offrandes dans la salle du Royaume. Il n'y a aucune obligation de donner, pas de contrat. Si la personne donne de façon nominative, on lui délivre des reçus fiscaux pour une déduction d'impôts.
P. Brinio : Il y a la partie culte et la partie associative. Comme le veut la législation, toute appartenance à une association demande une cotisation. On demande une contribution de dix euros annuels pour être membre de l'association locale mais tous les Témoins de Jéhovah ne sont pas adhérents. Les dons nous permettent de couvrir les frais de chauffage, l'éclairage, l'entretien. Un peu comme le Denier du Culte chez les catholiques.
Si une personne veut quitter votre mouvement, comment se passe la séparation ? E. Kujanski : Il est plus compliqué d'y entrer que d'y sortir. Si demain une personne nous dit qu'elle veut s'en aller, elle ne sera plus Témoin de Jéhovah. C'est tout. Elle est rayée des listes. Il y a ceux qui s'en vont volontairement et ceux qui ne remplissent plus les conditions pour être des chrétiens.
Sur quels critères excluez-vous un membre ? E. Kujanski : Si demain me prend l'idée d'acheter un revolver et de tuer des personnes, est-ce que je peux rester Témoin de Jéhovah ? Non. Je suis excommunié. C'est pareil pour le vol, le trafic de drogue ou le crime sur enfant.
Beaucoup de clichés circulent sur votre mouvement comme le fait que vous ne pourriez pas regarder la télévision... E. Kujanski (rires) : Une partie des personnes excommuniées qui témoignent dans les médias ne nous portent pas dans leur coeur. La rumeur c'est catastrophique. Pas de télévision, pas le droit de s'amuser, les enfants ne peuvent pas écouter de musique... P. Brinio : Si vous voulez savoir qui nous sommes, examinez-nous. On ne vit pas dans une tour d'ivoire, on vit dans les quartiers, nos enfants vont dans les mêmes écoles que les autres. Si vous allez chez nos détracteurs, vous entendrez les pires insanités. Les grandes fêtes que célèbre la chrétienté ne sont pas bibliques. La seule chose que Jésus demandait était de célébrer sa mort. Soit disant nous privons nos enfants de fêtes, ils n'ont pas de cadeaux... mais il y a les 365 jours de l'année pour combler nos enfants. Quand vous voyez des personnes avec des landaus se faire asperger de gaz lacrymogène dans les manifestations, si c'était nous qui défilions avec nos bébés ! Wouah ! Qu'est-ce qu'on n'entendrait pas dans les médias !
Dans l'esprit du grand public, les Témoins de Jéhovah sont fréquemment associés à l'image d'une secte... E. Kujanski : Quand vous dites la vérité, ça dérange. Nous divulguons la vérité biblique et ça ne plaît pas aux grandes entités religieuses implantées depuis de nombreuses années.
Vous parlez de conspirationnisme contre votre mouvement ? E. Kujanski : Quelque part, oui.
L'une de vos pratiques fondamentales, la prédication au porte à porte, a tendance à se retourner contre vous... P. Brinio : On ne fait pas du harcèlement. Quand on voit des persiennes baissées on ne sonne pas. On essaie d'intéresser la personne. Elle accepte, c'est bien. Elle refuse : « Au revoir et bonne journée ! » Depuis toutes ces années, je n'ai rencontré que deux personnes vraiment vindicatives. Chaque congrégation s'occupe d'un territoire. Pour éviter de déranger inutilement les gens, on a des découpes territoriales en pâtés de maison, en villages et il y a une rotation. De fait, les habitants sont visités deux fois dans l'année.
Kujanski : Si une personne ne veut plus être visitée, nous notons le numéro de domicile sur nos cartes pour ne plus y passer par la suite.
Portez-vous un intérêt quelconque à l'élection du pape catholique ? E. Kujanski : C'est le domaine des catholiques. Ils ont fait l'élection de leur pape, c'est bien mais nous... On écoute, ça ne va pas plus loin.
Brinio : On laisse aux catholiques leur domaine, on s'occupe du nôtre.
Donc vous ne parlez pas des catholiques lorsque vous allez prêcher auprès des citoyens ? P. Brinio : Absolument pas.
Pourtant, dans le numéro de novembre 2011 de Réveillez-Vous !, l'une des publications que vous offrez aux personnes que vous visitées, on peut y voir la photo d'un ancien pape catholique serrant la main d'Hitler... E. Kujanski : Lorsqu'on est en prédication, on n'est pas là pour « tacler » une autre religion. On apporte une réponse aux questions que les gens se posent. Pourquoi on ne fête pas Noël ? On n'est bien obligé de dire que ce n'est pas une fête chrétienne. Que viennent faire les oeufs au chocolat dans la mort de Jésus ?
Et qu'est-ce qu'un tacle sur l'Église catholique vient faire dans Réveillez-vous ? P. Brinio : Non, attendez... On rétablit la vérité. Il faut montrer la différence entre les enseignements du christianisme et les enseignements des prétendus chrétiens actuels. Jésus ne mâchait pas ses paroles quand il qualifiait les Pharisiens de « serpent, race de vipères, sépulcres blanchis », il n'y allait pas avec le dos de la cuillère !
On n'a rien contre les catholiques. En revanche, la religion catholique, ses fondements et ses représentants viennent dans le débat quand on est obligé de montrer la différence entre leurs enseignements et la Bible. Quand on montre des prélats religieux bénissant des armées, c'est incompatible avec les commandements d'amour de Jésus. La religion se discrédite en s'affiliant à la politique puisque Jésus était neutre. Les représentants catholiques ont soutenu quantité de dictateurs, que ce soit Franco, Mussolini, Hitler ! On ne peut pas nier l'Histoire !
Ce même numéro de Réveillez-Vous ! consacrait sa Une aux athées. Sur la couverture en noire et blanc qui contraste avec les illustrations naïves habituelles, on peut apercevoir un groupe de personnes, pancartes en main, en marche vers la gauche, donc vers le passé en langage pictural. Les athées constituent-ils une menace pour vous ? P. Brinio : On comprend que de moins en moins de personnes croient en Dieu. Quand on voit le nombre de crimes commis au nom de Dieu, on comprend que des gens aient une répulsion vive vis-à-vis des religions. Parmi les Témoins de Jéhovah, il y a d'anciens athées qui croyaient en la théorie de l'évolution. Ils se sont laissés convaincre par la logique d'une Création. Souvent, c'est par déception religieuse que les athées en sont venus à ne pas croire en Dieu. On aime bien des personnes sincères qui, au moins, savent de quoi elles discutent !
Les Témoins de Jéhovah acceptent-ils les homosexuels ? P. Brinio : Ah ! On n'a rien contre l'homosexuel. Il y a des gens parmi nous qui avaient ces pratiques avant de savoir quel était le point de vue de la Bible. La Bible montre qu'il faut un homme et une femme. Si la personne veut changer sa pratique sexuelle, c'est sa volonté personnelle. La Bible condamne l'homosexualité, on ne peut pas faire plaisir à tout le monde.
E. Kujanski : On ne veut pas la perfection. On veut une règle de conduite. La tradition humaine n'entre pas en compte. Même si dans des pays on tolère certaines choses, les gens ont le libre arbitre. Même si une personne a un travers, on l'encourage à voir ce travers.
L'homosexualité est un travers ? E. Kujanski : C'est quelque chose qui n'est pas conforme avec la parole de Dieu. On visite des personnes homosexuelles, on ne les condamne pas du tout. C'est leur vie. C'est leur problème. C'est leur choix.

Propos recueillis par
Nicolas de Ruyffelaere

Implantés depuis quarante ans à Hazebrouck, les Témoins de Jéhovah se réunissent chaque semaine dans leur salle du Royaume, rue Aristide-Briand. Nous avons interrogé deux membres afin de comprendre toute la « vérité » sur ce mouvement religieux controversé. Entretien avec Edmond Kujanski, délégué presse et président de l'association de Saint-Omer et Pierre Brinio, président de l'association des Témoins de Jéhovah d'Hazebrouck.
Comment êtes-vous devenus Témoin de Jéhovah ? Pierre Brinio : Je suis Témoin de Jéhovah depuis 1951. J'étais catholique pratiquant.
Mon père était communiste ! Un jour, les Témoins de Jéhovah sont venus, j'ai posé beaucoup de questions pour essayer de trouver la faille. Quand on pratique une religion avec conviction, on n'aime pas s'entendre dire qu'on n'est pas en conformité avec certains enseignements de la Bible. Petit à petit, on a répondu à mes questions et je me suis fait baptisé en 1951. Contrairement à certaines religions de la chrétienté, on choisit délibérément de devenir Témoin de Jéhovah. On ne baptise pas nos nouveaux nés. Il faut acquérir une connaissance et la conviction de son engagement.
Edmond Kujanski : Je suis un ancien séminariste, je devais être prêtre. Mes parents sont arrivés en 1948 avec deux valises, ils étaient à Auschwitz.
C'était un honneur à l'époque d'avoir un membre de sa famille comme prêtre. On m'a toujours refusé de lire la Bible. Au sein de l'institution séminariste de Saint-Omer, on m'a dit : « si tu lis la Bible, tu deviens fou ».
Quels arguments vous ont convaincu chez les Témoins de Jéhovah ? P. Brinio : On m'a répondu sur des aspirations fondamentales : « pourquoi tant de haine parmi les humains ? » J'ai étudié les prophéties qui se sont réalisées, on a le privilège d'en voir se dérouler sous nos yeux. Il n'y a pas de raison de douter des dernières qui prévoient l'instauration d'un paradis sur la Terre.
L'Église catholique ne vous apportait pas ces réponses ? P. Brinio : Quand vous posez des questions sur la Trinité, on vous répond : « ne cherche pas à comprendre, c'est un mystère ». Ça ne me satisfaisait pas tellement.
Sur le plan théologique, qu'est-ce qui différencie votre mouvement du catholicisme ? P. Brinio : Prenez la personnalité de Jésus.
Je pensais que le Fils et le Père étaient la même personne. Or j'ai compris par l'étude de la Bible que le Père se différencie du Fils. Jéhovah est le seul créateur et Jésus est son fils, ce n'est pas la même personne. Ce qui m'a sensibilisé, c'est de connaître le nom de Dieu. Je récitais machinalement la prière du Notre-Père où je disais « que ton nom soit sanctifié » mais jamais on ne m'avait dit que Jéhovah était le nom propre de Dieu, dans sa version francisée.
Votre mouvement s'est rassemblé le 26 mars pour le Mémorial. Pouvez-vous expliquer de quoi il s'agit ? P. Brinio : On commémore le souvenir de la mort de Jésus. C'est la seule adjonction que le Christ a faite. Jésus a pris un symbole, le pain sans levain, qui représentait son corps, et du vin rouge comme symbole du sang. Il n'a pas dit « ceci est mon corps » mais « ceci représente mon corps ». Si c'était son corps, c'eût été du cannibalisme s'il y avait le mystère de la transsubstantiation. À travers le Mémorial, on rappelle la valeur du sacrifice de Jésus.
Quel est le processus pour intégrer les Témoins de Jéhovah ? E. Kujanski : Nous allons voir les gens chez eux, nous leur demandons de lire la Bible. Nous leur donnons des cours gratuits de Bible à domicile. La personne fait ensuite la demande. Si elle veut réellement devenir Témoin de Jéhovah, il y a une conversation avec cette personne, non pour l'en dissuader ou la persuader, mais pour connaître le fondement de sa conviction.
On ne cherche pas la quantité.
Faut-il payer pour devenir Témoin de Jéhovah ? E. Kujanski : Non. Il existe des boîtes à offrandes dans la salle du Royaume. Il n'y a aucune obligation de donner, pas de contrat. Si la personne donne de façon nominative, on lui délivre des reçus fiscaux pour une déduction d'impôts.
P. Brinio : Il y a la partie culte et la partie associative. Comme le veut la législation, toute appartenance à une association demande une cotisation. On demande une contribution de dix euros annuels pour être membre de l'association locale mais tous les Témoins de Jéhovah ne sont pas adhérents. Les dons nous permettent de couvrir les frais de chauffage, l'éclairage, l'entretien. Un peu comme le Denier du Culte chez les catholiques.
Si une personne veut quitter votre mouvement, comment se passe la séparation ? E. Kujanski : Il est plus compliqué d'y entrer que d'y sortir. Si demain une personne nous dit qu'elle veut s'en aller, elle ne sera plus Témoin de Jéhovah. C'est tout. Elle est rayée des listes. Il y a ceux qui s'en vont volontairement et ceux qui ne remplissent plus les conditions pour être des chrétiens.
Sur quels critères excluez-vous un membre ? E. Kujanski : Si demain me prend l'idée d'acheter un revolver et de tuer des personnes, est-ce que je peux rester Témoin de Jéhovah ? Non. Je suis excommunié. C'est pareil pour le vol, le trafic de drogue ou le crime sur enfant.
Beaucoup de clichés circulent sur votre mouvement comme le fait que vous ne pourriez pas regarder la télévision... E. Kujanski (rires) : Une partie des personnes excommuniées qui témoignent dans les médias ne nous portent pas dans leur coeur. La rumeur c'est catastrophique. Pas de télévision, pas le droit de s'amuser, les enfants ne peuvent pas écouter de musique... P. Brinio : Si vous voulez savoir qui nous sommes, examinez-nous. On ne vit pas dans une tour d'ivoire, on vit dans les quartiers, nos enfants vont dans les mêmes écoles que les autres. Si vous allez chez nos détracteurs, vous entendrez les pires insanités. Les grandes fêtes que célèbre la chrétienté ne sont pas bibliques. La seule chose que Jésus demandait était de célébrer sa mort. Soit disant nous privons nos enfants de fêtes, ils n'ont pas de cadeaux... mais il y a les 365 jours de l'année pour combler nos enfants. Quand vous voyez des personnes avec des landaus se faire asperger de gaz lacrymogène dans les manifestations, si c'était nous qui défilions avec nos bébés ! Wouah ! Qu'est-ce qu'on n'entendrait pas dans les médias !
Dans l'esprit du grand public, les Témoins de Jéhovah sont fréquemment associés à l'image d'une secte... E. Kujanski : Quand vous dites la vérité, ça dérange. Nous divulguons la vérité biblique et ça ne plaît pas aux grandes entités religieuses implantées depuis de nombreuses années.
Vous parlez de conspirationnisme contre votre mouvement ? E. Kujanski : Quelque part, oui.
L'une de vos pratiques fondamentales, la prédication au porte à porte, a tendance à se retourner contre vous... P. Brinio : On ne fait pas du harcèlement. Quand on voit des persiennes baissées on ne sonne pas. On essaie d'intéresser la personne. Elle accepte, c'est bien. Elle refuse : « Au revoir et bonne journée ! » Depuis toutes ces années, je n'ai rencontré que deux personnes vraiment vindicatives. Chaque congrégation s'occupe d'un territoire. Pour éviter de déranger inutilement les gens, on a des découpes territoriales en pâtés de maison, en villages et il y a une rotation. De fait, les habitants sont visités deux fois dans l'année.
Kujanski : Si une personne ne veut plus être visitée, nous notons le numéro de domicile sur nos cartes pour ne plus y passer par la suite.
Portez-vous un intérêt quelconque à l'élection du pape catholique ? E. Kujanski : C'est le domaine des catholiques. Ils ont fait l'élection de leur pape, c'est bien mais nous... On écoute, ça ne va pas plus loin.
Brinio : On laisse aux catholiques leur domaine, on s'occupe du nôtre.
Donc vous ne parlez pas des catholiques lorsque vous allez prêcher auprès des citoyens ? P. Brinio : Absolument pas.
Pourtant, dans le numéro de novembre 2011 de Réveillez-Vous !, l'une des publications que vous offrez aux personnes que vous visitées, on peut y voir la photo d'un ancien pape catholique serrant la main d'Hitler... E. Kujanski : Lorsqu'on est en prédication, on n'est pas là pour « tacler » une autre religion. On apporte une réponse aux questions que les gens se posent. Pourquoi on ne fête pas Noël ? On n'est bien obligé de dire que ce n'est pas une fête chrétienne. Que viennent faire les oeufs au chocolat dans la mort de Jésus ?
Et qu'est-ce qu'un tacle sur l'Église catholique vient faire dans Réveillez-vous ? P. Brinio : Non, attendez... On rétablit la vérité. Il faut montrer la différence entre les enseignements du christianisme et les enseignements des prétendus chrétiens actuels. Jésus ne mâchait pas ses paroles quand il qualifiait les Pharisiens de « serpent, race de vipères, sépulcres blanchis », il n'y allait pas avec le dos de la cuillère !
On n'a rien contre les catholiques. En revanche, la religion catholique, ses fondements et ses représentants viennent dans le débat quand on est obligé de montrer la différence entre leurs enseignements et la Bible. Quand on montre des prélats religieux bénissant des armées, c'est incompatible avec les commandements d'amour de Jésus. La religion se discrédite en s'affiliant à la politique puisque Jésus était neutre. Les représentants catholiques ont soutenu quantité de dictateurs, que ce soit Franco, Mussolini, Hitler ! On ne peut pas nier l'Histoire !
Ce même numéro de Réveillez-Vous ! consacrait sa Une aux athées. Sur la couverture en noire et blanc qui contraste avec les illustrations naïves habituelles, on peut apercevoir un groupe de personnes, pancartes en main, en marche vers la gauche, donc vers le passé en langage pictural. Les athées constituent-ils une menace pour vous ? P. Brinio : On comprend que de moins en moins de personnes croient en Dieu. Quand on voit le nombre de crimes commis au nom de Dieu, on comprend que des gens aient une répulsion vive vis-à-vis des religions. Parmi les Témoins de Jéhovah, il y a d'anciens athées qui croyaient en la théorie de l'évolution. Ils se sont laissés convaincre par la logique d'une Création. Souvent, c'est par déception religieuse que les athées en sont venus à ne pas croire en Dieu. On aime bien des personnes sincères qui, au moins, savent de quoi elles discutent !
Les Témoins de Jéhovah acceptent-ils les homosexuels ? P. Brinio : Ah ! On n'a rien contre l'homosexuel. Il y a des gens parmi nous qui avaient ces pratiques avant de savoir quel était le point de vue de la Bible. La Bible montre qu'il faut un homme et une femme. Si la personne veut changer sa pratique sexuelle, c'est sa volonté personnelle. La Bible condamne l'homosexualité, on ne peut pas faire plaisir à tout le monde.
E. Kujanski : On ne veut pas la perfection. On veut une règle de conduite. La tradition humaine n'entre pas en compte. Même si dans des pays on tolère certaines choses, les gens ont le libre arbitre. Même si une personne a un travers, on l'encourage à voir ce travers.
L'homosexualité est un travers ? E. Kujanski : C'est quelque chose qui n'est pas conforme avec la parole de Dieu. On visite des personnes homosexuelles, on ne les condamne pas du tout. C'est leur vie. C'est leur problème. C'est leur choix.

Propos recueillis par
Nicolas de Ruyffelaere

L'Indicateur des Flandres
http://www.lindicateurdesflandres.fr/actualite/A-la-Une/2013/04/10/on-ne-vit-pas-dans-une-tour-d-ivoire.shtml

chico.

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très bon article.

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