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Complotisme et fake news

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1 Complotisme et fake news le Dim 25 Mar - 9:30

Josué

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Administrateur
[size=33]Complotisme et fake news : mode d'emploi[/size]


Thomas Huchon, auteur d'un faux documentaire conspirationniste, nous livre les réflexes à adopter pour démêler le vrai du faux sur la Toile. Entretien.


PROPOS RECUEILLIS PAR ANNA BRETEAU
Modifié le 05/02/2018 à 12:57 - Publié le 17/01/2018 à 17:49 | Le Point.fr



Attentats du World Trade Center, le 11 septembre 2001 à New York



Selon une étude menée par Conspiracy Watch, l'Ifop et la fondation Jean Jaurès, huit Français sur dix adhèrent au moins à une théorie du complot. Thomas Huchon, journaliste pour le site média Spicee a coréalisé en 2015 un faux documentaire alimentant une théorie conspirationniste montée de toutes pièces : le sida aurait été inventé par la CIA comme une arme bactériologique pour justifier le blocus de Cuba, et un vaccin aurait été découvert par les autorités sanitaires cubaines, ce qui explique le rapprochement récent entre les deux pays.
Intitulé Cuba/Sida, la vérité sous blocus, ce film a été accompagné par un documentaire pédagogique révélant le faux et initiant les internautes à reconnaître les théories du complot qui pullulent sur la Toile. Cible privilégiée de ces vidéos qui font florès sur la Toile : les jeunes dont l'esprit critique n'est pas encore formé. Thomas Huchon intervient donc régulièrement dans les collèges et les lycées afin de les aider à démêler le vrai du faux. Quels réflexes sont à adopter pour reconnaître une théorie conspirationniste ? Des explications valables aussi pour les moins jeunes...




Le Point : Comment vous est venue l'idée de ce documentaire, monté de toutes pièces et nourri de fake news ?
Thomas Huchon : En novembre 2014, nous avons décidé de lancer Conspi Hunter et les débats qui ont suivi, notamment après les attentats contre Charlie Hebdo, nous ont encouragés dans notre démarche. L'idée est de débusquer les théories complotistes. Les attentats de janvier 2015 ont enregistré un énorme pic dans la diffusion de théories du complot, de fausses informations. Elles reposaient sur des supports et des documents divers et variés : des photos interprétées, des vidéos détournées, des rapports historiques erronés, etc. À travers plusieurs prises de paroles très différentes, nous avons vu se mettre en place une musique sur les réseaux. Cela nous a permis de mieux comprendre le phénomène.
Le film s'est fait en deux temps : d'abord ce faux film, qui dure environ 8 minutes, et ensuite un documentaire explicatif et pédagogique sorti en décembre 2015. C'est le premier projet dont je me suis occupé à Spicee, ce site média qui était en train de se lancer. Nous avions d'abord l'idée de regarder qui étaient nos voisins sur Internet. Ces sites qui faisaient « l'info », mais que l'on ne connaissait pas très bien. Comme je travaillais sur la question des fake news, des théories conspirationnistes, j'ai voulu faire de cette question un phénomène de société qu'il fallait suivre.
Comment définir le complot ?
Le complot est l'action d'un petit groupe de personnes secrètes afin de nuire au plus grand nombre. C'est une définition simple qui marche assez bien auprès des jeunes. Mais je rappelle qu'il existe de vrais complots ! Pour comprendre le mécanisme de création d'une théorie conspirationniste, je leur fais faire un exercice. Je dis, sans m'appuyer sur aucun fait tangible, que le premier rang monte un complot contre le dernier rang. Ainsi, le dernier rang commence à critiquer et insulter le premier rang. Et à la fin, ce dernier rang va toujours inventer une histoire absolument démente sur le premier rang, responsable de tous ses maux. Ils ont beau savoir que c'est un exercice, à un moment la frontière se brouille, c'est imparable. Le film monté il y a deux ans est aussi très utile pour éveiller leur esprit critique. On leur projette d'abord le faux film : ils se font tous avoir. Puis nous entamons une discussion, on leur donne des outils pour distinguer une vraie d'une fausse information.

[size=33]L'établissement d'un fait est toujours le fruit d'une enquête, d'un travail recoupé, critiqué (et critiquable aussi !), fait par plusieurs personnes
 [/size]

Comment reconnaître une fausse information sur Internet ? Quels sont les premiers réflexes à adopter ?
Plusieurs éléments concrets et « tout bêtes » sont à vérifier. Ce sont des réflexes très basiques, mais que les gens ont finalement très peu. L'article est-il signé ? Les informations sont-elles datées ? Créditées ? Les sources sont-elles précises ? Les preuves que l'on peut nous montrer dans une vidéo par exemple, a-t-on le temps de les lire ? Qui gère le site qui diffuse cette information ? Il est par exemple facile de savoir à qui l'on a affaire sur un site, en regardant simplement l'onglet « qui sommes-nous ? » ou les mentions légales. Pour avoir une publication ou un site de publication en France, il faut un numéro officiel, une domiciliation en France, des mentions légales, etc. Ainsi, lorsqu'il ne figure pas sur le site des mentions légales et que l'onglet « qui sommes-nous ? » est soit inexistant, soit relatif à la volonté de « faire éclater la vérité par un groupe de citoyens éclairés », on doit se méfier. Lorsqu'on est face à une photo, il faut faire une recherche de photo en inversé par exemple, dans Google Images : on entre le fichier de la photo et on remonte jusqu'à celui qui l'a posté. Ensuite, on remonte jusqu'à la source, le profil de la source, etc. Ce sont des gestes très simples, mais, dans l'instantanéité de l'info et des moyens de communication, peu de gens prennent le temps de faire ces manipulations. Il faut sans cesse rappeler cela aux jeunes : la liberté d'expression est un droit, mais aussi un devoir ! Donc une parole, un propos doivent être identifiables, sans quoi il nous manque un élément fondamental pour les croire.




Comment marche la désinformation ? Peut-on toujours remonter à la source d'une fake news ?
Oui, c'est toujours possible, surtout avec le numérique. Sur Internet, sur Twitter, nous pouvons assez facilement retrouver le compte qui a émis la fausse information. C'est d'ailleurs daté. En revanche, si l'info provient d'un site obscur, sans mentions légales, il devient plus compliqué de remonter à la source. La désinformation passe aussi par une croyance en une personne qui n'est absolument pas légitime à parler d'un sujet, comme Thierry Meyssan qui va critiquer les États-Unis sans jamais y avoir mis les pieds, depuis Damas. Ce n'est pas un savoir, mais une croyance qu'il délivre.
Comment différencier une croyance d'un savoir sur un site « d'infos » ?
La croyance est une opinion qui a à voir avec l'émotionnel, qui ne repose pas sur des critères objectifs. Le savoir est l'établissement par des recherches d'un fait, d'un fait objectif. Dans les classes, j'entends souvent : « Monsieur, on veut nous imposer la vérité. » Mais non, soit la vérité s'impose à nous parce que les faits ou l'enquête réalisés vont dans ce sens, soit ce n'est pas prouvé et alors ça ne marche pas. L'établissement d'un fait est toujours le fruit d'une enquête, d'un travail recoupé, critiqué (et critiquable aussi !), fait par plusieurs personnes. Le problème, c'est qu'Internet a cassé cette frontière entre la croyance et le savoir. Aujourd'hui, quand vous posez une question sur le savoir, ce sont des croyants qui vont répondre sur la Toile. Un phénomène qui peut se comprendre ainsi : si vous savez que la terre est ronde, comme tout le monde l'admet scientifiquement, vous n'allez pas vous lancer dans une croisade pour prouver que la terre est ronde, c'est un fait établi. En revanche, si vous pensez qu'elle est plate et qu'il y a un complot pour empêcher les gens de découvrir la vérité, vous allez enclencher une véritable propagande pour faire éclater cette « vérité », poster des messages, partager des « preuves » venant étayer votre thèse, commenter, etc. Et, si vous en parlez tout le temps, vous allez monter dans les algorithmes Google et vous allez avoir plus de visibilité. Des algorithmes qui répondent à 47 critères, dont on ne connaît ni la nature ni la façon dont ils interagissent entre eux. C'est un vrai problème.
Lire aussi Post vérité : les platistes contre la Nasa

2 Re: Complotisme et fake news le Jeu 29 Mar - 19:37

Lechercheur


Il faut savoir faire la par des choses concernant toutes les informations qui circules sur le web et autres médias.

3 Re: Complotisme et fake news le Jeu 29 Mar - 23:32

Invité


Invité
Cet article ne m'interpelle pas du tout et il manque de transparence. L'une de ses pires carences étant celle-ci :

La croyance est une opinion qui a à voir avec l'émotionnel, qui ne repose pas sur des critères objectifs.

Faux en ce qui concerne plein de gens, moi y incluse. Quand un auteur tente de dissocier la croyance de l'objectivité, c'est direction poubelle et sans droit au recyclage en plus !

That's it, that's all. dubalai

4 Re: Complotisme et fake news le Mer 23 Mai - 18:07

Josué

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Administrateur
[size=62]La loi sur les fake news : vaine, liberticide ou utile ?[/size]

La proposition de loi, voulue par Macron et portée par les députés LREM, arrive devant l'Assemblée. Les avis sont souvent tranchés sur son utilité.

Par Thierry Noisette
Publié le 23 mai 2018 à 17h40

[size=33]SUR LE MÊME SUJET[/size]






  • Faut-il une loi sur les “fake news” ?









  • Propagande et fake news : Facebook et Twitter sont utilisés pour manipuler


Les députés de la commission des lois examinent actuellement les deux propositions de loi "anti-fake news" (leur appellation officielle est "lutte contre les fausses informations"), qui seront discutées en séance publique jeudi 7 juin.
Il s'agit en fait d'un projet de loi maquillé en propositions, puisque l'on sait qu'il a été voulu par le président de la République et préparé au ministère de la Culture, même s'il est présenté formellement par des députés LREM.



[size=42]Un texte examiné en accéléré[/size]

Lors de ses vœux à la presse, le 3 janvier, Emmanuel Macron déclarait : "En période électorale, en cas de propagation d'une fausse nouvelle, il sera possible de saisir le juge à travers une nouvelle action en référé."
Le gouvernement ayant engagé la procédure accélérée sur ces deux textes (proposition de loi organique n° 772 et proposition de loi n° 799), ils ne feront donc l'objet que d'une seule lecture à l'Assemblée puis au Sénat.

Complots et rumeurs : comment la presse d'Etat russe s'attaque à Emmanuel Macron
Ce projet a suscité de nombreuses réactions, souvent critiques. Deux reproches sont fréquemment adressés aux deux textes : ils ajoutent encore une loi alors qu'il existe déjà dans le droit français un délit de diffusion de fausses nouvelles (article 27 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse), et ils vont confier à un juge, en procédure d'urgence, la tâche de déterminer si une nouvelle est fausse ou non.

Lors de l'audition de la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, mardi 22 mai par les députés, rapporte Euractiv, le député Nouvelle Gauche Hervé Saulignac s'est inquiété : "Comment un juge en 48 heures peut-il qualifier une information ? […] Va-t-on remettre en cause le secret des sources ?"

[size=42]"Un concept fourre-tout"[/size]

La rapporteure pour la commission des lois, Naïma Moutchou, a annoncé que des précisions seraient apportées au texte au travers d’amendements notamment pour définir clairement le terme de "fausse information".
Nicolas Vanderbiest, animateur du blog Reputatio Lab, qui analyse les crises et l'e-réputation sur les réseaux sociaux, était très critique lors de l'annonce présidentielle, sur le terme même de fake news :
"C'est un mot qui ne devrait même pas exister. C'est un concept fourre-tout qui a le sens qu'on lui donne. Est-ce une rumeur ? Une fausse information ? Une opération de déstabilisation comme on a pu en voir pendant l'élection présidentielle ?"

5 Re: Complotisme et fake news le Mar 12 Juin - 11:22

Josué

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Administrateur

Fake news, journalistes et universitaires

Partir de l'idée qu'un journal de référence est objectif et exhaustif est une erreur de base, imaginer que ce journal s'excuse toujours pour ses erreurs est soit naïf soit une preuve d'incompétence.


  • Pierre GuerlainProfesseur émérite de civilisation américaine à l'Université Paris Ouest Nanterre






[size=7]JOSHUA ROBERTS / REUTERS

Fake news, journalistes et universitaires.



Le 11 juin 2018 France Culture avait invité deux spécialistes de la communication pour débattre des mérites ou de l'absence de mérites de la proposition de loi sur leur réglementation. Bien que les deux chercheurs, Divina Frau-Meigs et, plus tard, Romain Badouard aient dit beaucoup de choses intéressantes et expliqué pourquoi une loi ne leur semblait pas appropriée, un moment a particulièrement illustré le fait que les dénonciateurs des fausse informations ou de la "malinformation" selon le mot de D. Frau-Meigs sont eux-mêmes et inévitablement pris dans les biais de confirmation ou bulles de filtrage qu'ils lient aux fausses nouvelles.

A une question portant sur le New York Times et son soutien à la guerre en Irak en 2003, soutien totalement dépendant de la désinformation mise en place par l'administration Bush, laquelle a joué de la crédulité des médias de qualité, un intervenant a parlé de l'objectivité du New York Times et l'autre du fait que ce journal corrigeait ses erreurs. Il s'agit là de deux fake news qui ne sont pas dues à un désir de tromper mais à une mauvaise appréhension du phénomène étudié. Des erreurs donc.

Tout d'abord, l'objectivité n'existe pas, dans les médias ou ailleurs. Le New York Times, comme les grands journaux dominants de qualité, n'est pas objectif même s'il essaie de refléter un grand nombre de points de vue (mais pas tous). Il vaudrait mieux, comme le recommande Glenn Greenwald, prix Pulitzer, afficher ses préférences idéologiques ou politiques plutôt que de prétendre ne pas en avoir. Lire le débat qu'il a eu sur ce sujet avec un journaliste du New York Times. Le journaliste Chris Hedges, également Prix Pulitzer, qui travaillait au New York Timesa été poussé à la démission par ses collègues qui n'appréciaient pas ses opinions, pourtant plus justes que les leurs sur l'Irak.

D'autre part, le New York Times a certes admis ses écarts déontologiques au moment de la guerre en Irak mais sur de très nombreux problèmes ce journal ne publie qu'une partie des faits pertinents, par exemple sur la fameuse affaire russe, sur l'affaire Skripal, sur les morts à Gaza de nombreux organes de presse et surtout l'organisme FAIR (Fairness and Accuracy in Reporting) montrent les manquements du journal de référence qui ne sont suivies d'aucune correction. Un exemple qui porte sur la politique américaine. Ceci ne veut pas dire que le New York Times n'est pas d'une grande importance ni que tous ses articles sont mauvais, loin de là. Mais lorsqu'il affirme imprimer toutes les nouvelles qui méritent de l'être (all the news that's fit to print) c'est de la com' qui renvoie à une impossibilité.

Le monde intellectuel des journalistes ou universitaires est lui aussi pris dans des bulles d'informations ou des silos informationnels avec biais de confirmation. Ce monde a tendance à placer les grands journaux de référence en arbitres de la vérité, à les considérer comme "objectifs" alors que les sites dits alternatifs ou les organes moins prestigieux seraient le centre de diffusion des fausses nouvelles. Cette division ne fonctionne que pour les sites complotistes dont les informations sont constamment infirmées par des recherches sérieuses. Des sites comme Truthdig, fondé par Chris Hedges après son départ du New York Times avec l'excellent Robert Scheer ou The Intercept, créé par Greenwald avec Jeremy Scahill sont divers, de très grande qualité et font souvent le travail d'investigation que ne font plus les grands médias, surtout audiovisuels. Ils complètent les vides informationnels de la presse de référence. Ce sont ces médias dissidents ou alternatifs qui ont permis les révélations sur l'affaire Irangate ou les mensonges de l'administration George W. Bush.
Greenwald offre une version plus crédible de l'affaire russe que le New York Times qui a décidé de reprendre les arguments d'Hillary Clinton, en dehors de toute objectivité ou exhaustivité. Jeremy Scahill, quant à lui a fait un remarquable travail d'investigation montrant que l'Arabie saoudite, Israël et les Émirats arabes avaient bien plus influencé Trump que la Russie durant la campagne et que cette collusion avait visiblement porté ses fruits lorsque l'on analyse les décisions prises.
Si les spécialistes de communication ainsi que les journalistes des médias dominants de qualité sont, à juste titre, d'accord pour se méfier d'une loi disant s'attaquer aux fake news, ils et elles ne sont pas toujours ouverts à l'information contradictoire émanant de certains de leurs collègues. Parmi ces collègues on peut citer, en France, Pierre Conesa, aux États-Unis Noam Chomsky ou les lanceurs d'alerte admirables comme John Kiriakou, en Grande-Bretagne Craig Murray, ancien ambassadeur qui connaît les ficelles et combines du pouvoir.
Partir de l'idée qu'un journal de référence est objectif et exhaustif est une erreur de base, imaginer que ce journal s'excuse toujours pour ses erreurs est soit naïf soit une preuve d'incompétence.
L'information est une guerre permanente entre l'intox et le vrai, la croyance et la démonstration factuelle et seule la confrontation démocratique entre les points de vue peut éliminer l'erreur. Chomsky et Herman ont analysé les filtres des médias dominants dans leur livre La Fabrication du consentement qui n'a pas pris une ride aujourd'hui. On ne peut pas parler des médias sans évoquer les forces financières et idéologiques qui les soutiennent.
La mauvaise foi ou les préjugés ne s'arrachent pas facilement et c'est dans la diversité républicaine que celles et ceux qui cherchent la vérité peuvent s'informer. Même si France Culture a, bien sûr, ses biais et un moule idéologique préféré qui, en gros est libéral-libertaire, sa multiplicité de points de vue est, comme le dit sa pub, une manifestation de son ouverture. Les grands médias dominants de qualité ont encore de gros efforts d'ouverture à réaliser, ce qui serait un moyen de lutte contre la prolifération de bobards. Mais peuvent-ils se libérer de leurs filtres?
À voir également sur Le HuffPost:

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