Témoins de JEHOVAH VERITE actif
Témoins de JEHOVAH VERITE actif

forum des discussions sur la bible ouvert a tous.


Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

L’accord entre le Saint-Siège et la Chine toujours aussi improbable

Aller en bas  Message [Page 1 sur 1]

chico.

avatar
[size=36]L’accord entre le Saint-Siège et la Chine toujours aussi improbable[/size]

16 janvier 2018 par Cath.ch



Le cardinal Zen Ze-Kiun, archevêque émérite de Hong Kong (Photo: Stephen Wu/Flickr/CC BY-NC-ND)
 
Le Saint-Siège fait face à de grandes difficultés pour parvenir à un accord avec la Chine. Avant de décoller pour son voyage au Chili et au Pérou, le pape François a reçu au Vatican le cardinal chinois Joseph Zen le 14 janvier 2018, a informé le Saint-Siège le même jour.
La rencontre est passée inaperçue, entre la messe célébrée par le pape pour la Journée des migrants, et le départ le 15 janvier du voyage papal au Chili. Rien n’en a filtré pour l’instant, mais en soi, ce type d’audience – très rare le dimanche – témoigne que le pape François suit de très près les complexes affaires chinoises.
Le cardinal Joseph Zen, 86 ans, évêque émérite du diocèse de Hong Kong, avait déjà exprimé à plusieurs reprises, depuis un an, ses grandes réticences face à la perspective d’un accord entre la Chine et le Saint-Siège, dont les relations diplomatiques sont rompues depuis 1951.

Consensus pour un accord ?
Il y a un an, en février dernier, le cardinal John Tong Hon, alors évêque de Hong Kong et successeur du cardinal Zen, créait en effet la surprise en affirmant qu’un « consensus préalable » à un tel accord avait été trouvé. Et en particulier sur un des points de blocage majeur: la nomination des évêques.
Selon le cardinal Tong Hon, il pourrait y avoir une sortie de crise à cette situation, qui donnerait le dernier mot au pape dans la nomination des futurs évêques. La conférence épiscopale chinoise, liée au gouvernement, pourrait faire des recommandations, mais cela ne serait que de simples suggestions, le Souverain pontife disposant d’un droit de veto.

Régression de la liberté religieuse
Mais cet accord risquait de provoquer une « régression » pour les catholiques chinois, avait critiqué au mois de mai le cardinal Zen. En octobre, il a récidivé en critiquant « l’optimisme » forcé du cardinal secrétaire d’Etat Pietro Parolin.
Malgré les appels à la prudence des observateurs et la première réaction timide des autorités chinoises, le site d’information catholique AsiaNews rapportait ensuite, le 26 octobre, les propos considérés comme positifs de Wang Zuoan, directeur de l’administration chinoise pour les affaires religieuses. Celui-ci affirmait que le Souverain pontife était « sincère ».
Cependant, deux conditions, excessives, étaient mises à cet accord: le Saint-Siège devrait rompre ses relations diplomatiques avec Taiwan, au nom du principe de la Chine unique. Ensuite, Rome ne devrait pas intervenir dans les « affaires internes » de la Chine, « pas même au nom des affaires religieuses ».

« Nécessaires concessions »
En novembre dernier, nouveau signal positif, du côté de l’Eglise cette fois, avec un article du Père Federico Lombardi, président de la Fondation Joseph Ratzinger-Benoît XVI et ancien directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, dans revue jésuite La Civiltà Cattolica. Dans cet organe de presse officieusement proche du pape, le jésuite écrit que les discussions entre la Chine et le Vatican valent bien « quelques renoncements », et qu’il faut avoir une « vision d’ensemble ».
Mais la question des nominations n’est pas tout. Lors de ses vœux aux ambassadeurs, le 8 janvier dernier, le pape n’a pas mentionné la Chine. Il a toutefois consacré tout un paragraphe de son long discours à la liberté religieuse. Le texte du pontife se borne à regretter les violations du droit à la liberté religieuse, qui provoquent « l’extrémisme » ou « l’exclusion sociale », voire « des formes de persécutions des croyants ».
De fait, le 1er février prochain entrera en vigueur en Chine une nouvelle réglementation étatique, très restrictive, qui imposera de lourdes amendes aux organisateurs d’événements religieux ‘non-officiels’. Mais seront aussi interdits les dons aux communautés religieuses, la diffusion d’information religieuse en ligne, et l’enseignement aux enfants.
Les difficultés pour parvenir à un accord avec la Chine ne semblent donc pas prêtes de s’estomper. Une chose est sûre: lors de ses interventions publiques dans les médias occidentaux, le cardinal Zen déplorait que son point de vue ne soit pas entendu, et de ne pas avoir été consulté par le pape. C’est désormais chose faite.

Cath.ch (imedia/ap/be)

Josué

avatar
Administrateur
[size=36]Le Vatican entend remplacer plusieurs évêques légitimes de Chine par ceux de l’église patriotique contrôlée par le pouvoir communiste[/size]
23 janvier 2018 18 h 05 min·


L’archevêque Claudio Maria Celli


 


La volonté de la Chine communiste de rassembler les catholiques chinois sous l’autorité d’une église indépendante, sans attaches avec le Vatican, trouve désormais une forme d’assistance depuis Rome, selon le site d’informations asianews.it. Les autorités romaines ont récemment demandé à plusieurs évêques légitimes de céder la place à des évêques nommés sous le contrôle du pouvoir communiste central dans le cadre de l’église patriotique. Pas plus tard qu’en décembre, Mgr Peter Zhuang Jianjian de Shantou (Guangdong) a été contraint de se rendre à Pékin où un « prélat étranger » venu du Vatican lui a demandé de laisser son siège épiscopal à l’évêque illégitime Joseph Huang Bingzhang. C’est ce qu’a confirmé le cardinal Joseph Zen. Et Mgr Zhiang n’est pas le seul à se trouver dans cette situation.
 
Cette grande marche vers la sinisation de l’église de Chine passe à la fois par un engagement à se soumettre aux ordres du Parti et à la soumission d’une hiérarchie excommuniée.
 
Pour ce qui est de Mgr Zhuang, 88 ans, cela fait déjà la deuxième fois qu’on lui demande d’abandonner son diocèse : une première tentative a eu lieu au mois d’octobre dernier. Secrètement sacré évêque en 2006 avec l’accord du Vatican, il est reconnu en sa seule qualité de prêtre par les autorités chinoises. Mgr Huang Bingzhang, en revanche, a l’entier soutien du gouvernement de Pékin et à titre personnel, il fait depuis bien longtemps partie du Congrès national du peuple, le « parlement » chinois.
 

Faire céder l’Eglise catholique face aux exigences de la Chine communiste
 
Selon la lettre envoyée le 26 octobre à Mgr Zhuang, le Vatican est d’accord pour reconnaître son successeur pressenti. Une source ecclésiastique du Guangdong, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, a fait savoir que le prélat fidèle avait préféré à l’époque « refuser d’obéir, se disant prêt à “porter sa croix” du fait de sa désobéissance ».
Son voyage à Pékin s’est déroulé dans des conditions épouvantables pour le vieil homme. Dès le 11 décembre, des fonctionnaires avaient commencé à le surveiller de près, et malgré sa mauvaise santé et le temps glacial dans le nord, ils avaient rejeté sa demande de ne pas se rendre dans la capitale chinoise. Au contraire, s’étant contentés de le faire accompagner d’un médecin, ils l’avaient envoyé de force à Pékin du 18 au 22 décembre, entouré de sept fonctionnaires locaux, et sans lui permettre de se faire accompagner d’un prêtre.
 
La première journée était réservée au tourisme ; puis on avait conduit l’évêque au siège de l’Association patriotique catholique chinoise et de la conférence des évêques de ladite, où il devait rencontrer une brochette de prélats excommuniés. C’est le 21 décembre qu’il a été reçu par des représentants de l’administration d’Etat pour les affaires religieuses, avant d’être conduit par un prêtre chinois de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples pour un entretien avec un évêque étranger dont le nom n’a pas été divulgué, ainsi que trois prêtres se étrangers également en provenance du Vatican.
 

Deux évêques légitimes pourraient être remplacés par des évêques de l’église patriotique excommuniés par le Vatican
 
Il semblerait, selon AsiaNews, qu’il s’agisse de l’archevêque Claudio Maria Celli, qui participe depuis 2014 négociations entre le Vatican et la Chine qui s’est rendu dans ce pays à diverses reprises dans ce cadre. Ces négociations portent notamment sur la reconnaissance par le Vatican de sept évêques illicites, dont trois ont été explicitement excommuniés, tandis que le pouvoir chinois reconnaîtrait la candidature de 20 évêques désignés par Rome ainsi que 40 évêques déjà actifs au sein de l’Eglise clandestine.
 
En guise de « consolation » en échange de la démission qui lui était demandée par la délégation du Saint-Siège, on lui proposa de désigner trois prêtres afin que son successeur, Mgr Huang, en choisisse un comme son vicaire général. Une proposition qui, selon la source anonyme, a fait couler les larmes de Mgr Zhuang : « Cela n’avait pas de sens de nommer un vicaire général qui sera toujours un prêtre que Mgr Huang pourra écarter à tout moment. »
 
Mgr Huang a été excommunié en 2011 lorsqu’il a accepté le sacre épiscopal illicite sans mandat pontifical, et plusieurs évêques de Chine méridionale sont opposés à l’idée de le reconnaître de manière hâtive.
 
Dans le même temps, la délégation du Vatican s’est rendue dans la province orientale de Fujian pour rencontrer Mgr Vincent Zhan Silu, l’un des sept évêques ordonnés de manière illicite en attente de reconnaissance par Rome. Des sources locales affirment que Mgr Joseph Guo Xijin, évêque ordinaire de Mindong et membre de l’Eglise clandestine fidèle à Rome, a été invité à accepter de devenir l’évêque auxiliaire ou coadjuteur de Mgr Zhan par le biais d’une rétrogradation « volontaire ».
 
L’évêque émérite de Hong Kong, le cardinal Joseph Zen, n’a cessé de dénoncer l’éventualité d’un accord entre le Saint-Siège et Pékin. Son successeur de 2010 à 2017, le cardinal John Tong Hon, a estimé peu avant sa démission que cet accord était désormais proche. L’actuel évêque de Hong Kong, Mgr Michael Yeung Ming-cheung, nommé sur ce siège par le pape François, a pour sa part déclaré récemment que la différence entre l’église patriotique et l’Eglise clandestine en Chine est imputable seulement à l’Etat, et a exprimer son désir que les « ponts » continuent d’exister même si les négociations devaient être au point mort. En ce qui concerne les catholiques de Hong Kong, il a affirmé son refus de la soumission à un bureau des affaires religieuses : « Evidemment, nous ne voulons pas être contrôlés. »
 

papy

avatar
[size=36]Selon le cardinal Zen, « le schisme existe déjà au sein de l’Eglise de Chine »[/size]

30 janvier 2018 par Cath.ch


Le pape François craindrait une rupture au sein de l’Eglise catholique en Chine, divisée face au régime de Pékin, mais « le schisme est déjà là, dans l’Eglise indépendante » [de Rome], estime le cardinal chinois Joseph Zen. L’archevêque émérite de Hong Kong a publié une lettre ouverte sur son blog, le 29 janvier 2018, au sujet de son récent entretien avec le pape François. Suite à cette lettre, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a réfuté les informations sur une “prétendue divergence de pensée“ entre le pape François et ses collaborateurs de la Curie romaine.
Le cardinal Joseph Zen, « opposant le plus ardent à l’ouverture à la Chine du pape François » selon l’agence de presse Associated Press, a vivement critiqué la proposition de changement de garde dans le diocèse de Shantou et a révélé, dans un post de Facebook, qu’il s’était rendu au Vatican le 10 janvier 2018 pour en parler personnellement avec le pape.

Opposé à l’unification de l’Eglise « officielle » avec l’Eglise « clandestine »

Reprise par l’agence Asianews, cette lettre du cardinal Zen met en garde contre l' »unification » proposée de l’Eglise de Chine, entre une Eglise « officielle » et une Eglise « souterraine »: cette unification « obligera quiconque [à entrer] dans cette communauté. Le Vatican donnerait ainsi sa bénédiction à une Eglise schismatique nouvelle et plus forte, lavant la mauvaise conscience de ceux qui sont déjà volontairement des renégats et des autres qui sont prêts à les rejoindre ».
Selon l’évêque émérite de Hong Kong, le pontife craindrait un éventuel point de rupture dans une Eglise divisée face au régime chinois. « Certains disent que tous les efforts pour parvenir à un accord [entre la Chine et le Saint-Siège] visent à éviter un schisme ecclésial. C’est ridicule! Le schisme est déjà là, dans l’Eglise indépendante. Les papes ont évité d’utiliser le mot ‘schisme’ parce qu’ils savaient que beaucoup dans la communauté catholique officielle n’y étaient pas de leur plein gré, mais sous une forte pression ».

Audience au Vatican

Le prélat chinois indique avoir été reçu pendant une demi-heure par le pape, le 12 janvier au Vatican avant le voyage apostolique au Chili et au Pérou.
« Pour être sûr que [ma] voix soit entendue par le Saint-Père, raconte le haut prélat, j’ai pris de suite la décision d’aller à Rome ». Arrivé le 10 janvier, le cardinal a eu juste le temps de participer à l’audience générale et de demander un rendez-vous au pape, lors du ‘bacciamano’ de la fin de l’audience.

Des évêques « illégitimes » et « excommuniés »

Le cardinal Zen (photo) est alors porteur d’une lettre de Mgr Pierre Zhuang Jianjian, évêque de Shantou, dans le Guangdong, âgé de 88 ans, à qui il a été demandé de démissionner pour laisser la place à un évêque « excommunié », à savoir Mgr Joseph Huang Bing-zhang. Ordonné sans mandat pontifical, ce dernier est sur le siège épiscopal de Shantou depuis 2011. Il est membre de l’Assemblée nationale populaire (ANP), le parlement chinois qui compte quelque 3’000 députés, dont plus des deux tiers sont des bureaucrates et des membres du Parti communiste chinois.
Selon Asianews à Rome – agence de l’Institut pontifical des Missions étrangères PIME de Milan – une délégation du Vatican avait tenté fin 2017 d’obtenir que des évêques nommés par Rome laissent leur place à des évêques ‘illégitimes’, mais reconnus par le régime de Pékin. Le prélat de Hong Kong, connu pour son franc-parler, doute que ce soit une bonne chose d’essayer de trouver un terrain d’entente pour combler le fossé qui sépare depuis des décennies le Vatican et la Chine.
Le prélat se demande ainsi sur son blog s’il peut y avoir quelque chose de « commun avec un régime totalitaire ». « Pouvez-vous imaginer un accord entre saint Joseph et Hérode ? », interroge-t-il. Ainsi, se demande-t-il: « Est-ce que peut-être je pense que le Vatican est en train de vendre l’Eglise catholique en Chine? Oui décidément, s’ils vont dans la direction qui est évidente dans tout ce qu’ils ont fait au cours des derniers mois et des dernières années ».

Pas d’autre « cas Mindszenty »

Selon le cardinal Zen – rompant ainsi la confidentialité de tels entretiens, au nom du « droit à la vérité » – le pape a demandé à ses collaborateurs de « ne pas créer un autre cas Mindszenty ». Une référence au cardinal Jozsef Mindszenty, archevêque métropolitain d’Esztergom et primat de Hongrie, emprisonné par les communistes en 1948, libéré lors de l’insurrection de 1956, réfugié à l’ambassade des Etats-Unis à Budapest, le cardinal Mindszenty ne put quitter la Hongrie qu’en 1971. Pour le cardinal Zen, cette référence dans la bouche du pape a été une « consolation et un encouragement ».
Le prélat chinois, âgé de 86 ans, s’est montré ces derniers mois très critique quant à la perspective d’un accord entre le Saint-Siège et le gouvernement chinois. Notamment sur le point crucial de la nomination d’évêques.

Ne pas indisposer Pékin ?

Il souligne dans sa note que le problème n’est pas la démission des évêques légitimes, « mais la demande de faire de la place aux évêques illégitimes et excommuniés ». Bien que le droit canonique concernant la démission pour raison d’âge n’ait jamais été appliqué en Chine, relève-t-il, « de nombreux anciens évêques clandestins ont insisté pour avoir un successeur, mais ils n’ont jamais reçu de réponse du Saint-Siège. D’autres, qui ont déjà un successeur désigné, et disposent peut-être même de la bulle de nomination signée par le Saint-Père, ont reçu l’ordre de ne pas procéder à l’ordination par crainte d’offenser le gouvernement ».
S’il reconnaît être pessimiste concernant la situation actuelle de l’Eglise en Chine, il affirme que son sentiment est basé sur sa longue et directe expérience à ce propos. « De 1989 à 1996, j’ai passé six mois par an à enseigner dans divers séminaires de la communauté catholique officielle. Et j’ai une expérience directe de la situation d’esclavage et d’humiliation à laquelle sont soumis nos frères évêques. Selon des informations récentes, il n’y a aucune raison de changer cette vision pessimiste ».
Et de rappeler que gouvernement communiste avait édicté de nouvelles règles plus strictes qui restreignent la liberté religieuse. « Ils sont en train de mettre en œuvre les règlements qui n’existaient jusqu’à présent que sur papier ». En effet, depuis le 1er février 2018, le fait de se rendre à la messe d’une communauté « souterraine », c’est-à-dire non reconnue au plan légal, ne sera désormais plus toléré.

Pas de divergence entre le pape et ses collaborateurs 

Suite à la lettre ouverte du cardinal chinois Joseph Zen, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, Greg Burke, a effectué ce 30 janvier 2018 une mise au point sur les relations du Vatican avec la Chine. Il a réfuté les informations sur une “prétendue divergence de pensée“ entre le pape François et ses collaborateurs de la Curie romaine.
Sur les questions chinoises, le pape est en contact permanent avec ses collaborateurs, affirme le Saint-Siège, et en particulier avec la Secrétairerie d’Etat. Le pontife est ainsi informé de manière “fidèle et détaillée“. Sur la situation de l’Eglise catholique ainsi que sur les “étapes du dialogue“ avec la République de Chine, que le pape suit avec une “attention spéciale“.
Il est donc “surprenant et regrettable“, insiste le communiqué du Saint-Siège, que des personnalités d’Eglise affirment le contraire, alimentant ainsi “confusions et polémiques“. Le 29 janvier, le cardinal chinois Joseph Zen, archevêque émérite de Hong Kong, avait laissé entendre que le pape n’était pas sur la même longueur d’ondes que ses collaborateurs.
Le cardinal Zen s’oppose à un éventuel accord du Vatican avec le gouvernement chinois sur la question des nominations d’évêques. Accord qui reviendrait selon lui à “vendre“ l’Eglise catholique à la Chine. Le haut prélat avait aussi précédemment désapprouvé la politique menée en Chine par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, parlant de son “optimisme forcé“

Cath.ch (asian/be)

Josué

avatar
Administrateur

Où en est le processus de rapprochement du Saint-Siège avec la Chine ?

Depuis 1951, le Vatican et la Chine n’entretenant plus de relations diplomatiques, les 12 millions de catholiques chinois sont tiraillés entre une Église dite « souterraine » ou « clandestine » mais aujourd’hui de plus en plus visible. Ses évêques (une poignée) ont été nommés par Rome et certains sont tolérés par Pékin. Au sein de l’Église dite « officielle » dont les structures sont contrôlées par l’Association patriotique des catholiques chinois (liée au Parti communiste chinois) la majorité des évêques ont été reconnus par Rome (certains en accord avec Pékin au moment de leur consécration, d’autres après leur consécration imposée par Pékin mais acceptés par Rome plus tard). Ce paysage religieux reste difficilement lisible pour beaucoup mais la réalité est plus contrastée et moins caricaturale que présentée en général.
i Pourquoi lire La Croix ?

  • La Croix vous donne, au quotidien, des raisons d'espérer.


+


Dans sa lettre adressée en 2007 aux catholiques chinois, Benoît XVI avait accordé une certaine légitimité à l’Association patriotique et encouragé la réconciliation, considérant que « la solution des problèmes ne peut être recherchée dans un climat de conflit permanent avec les autorités civiles ».
Depuis son élection en 2013, le pape François, qui cherche à se rapprocher du régime chinois, encourage un accord visant à reconnaître certains évêques de l’Association patriotique. Selon Asianews (agence de l’Institut pontifical des Missions étrangères), Mgr Claudio Celli, diplomate et homme de confiance du pape, a demandé, fin 2017, à deux évêques nommés par Rome de laisser leur place à des évêques « illégitimes » (Choisis par Pékin, consacrés mais non reconnus pour le moment par Rome).
Ainsi, Mgr Pierre Zhuang Jianjian, 88 ans, évêque de Shantou (sud-est), et Mgr Jospeh Guo Xijin, 70 ans, évêque de Mindong (centre-est) seraient respectivement remplacés par Joseph Huang Bing-zhang, membre de l’Assemblée nationale populaire (ANP) qui fut « excommunié » en 2011, et Vincent Zhan Silu. Selon Asianews, Mgr Zhuang était « en larmes » quand la demande de démissionner lui a été faite. Quant à Mgr Guo, il lui aurait été dit, pour l’obliger à signer sa démission, que c’était la condition à sa sortie de détention.

Que reproche le cardinal Zen ?

L’ancien évêque de Hong Kong (de 2002 à 2009) est ouvertement opposé aux tentatives de rapprochement, à tout prix, entre le Vatican et Pékin, estimant que le régime chinois n’a pas vraiment évolué depuis 1951. Toute recherche d’« unification » entre ce qu’il appelle l’Église « officielle » et l’Église « souterraine » conduirait, selon le cardinal Joseph Zen Ze-kiun, à reconnaître une Église « schismatique ».
Le 29 janvier sur son compte Facebook, il a critiqué la proposition de remplacer Mgr Zhuang Jianjian par un évêque « excommunié », et précisé qu’il était allé en parler au pape le 12 janvier. « Le problème n’est pas la démission des évêques légitimes, mais la demande de faire de la place à des évêques illégitimes et même excommuniés », a écrit le cardinal Zen qui rappelle que beaucoup d’évêques « souterrains » âgés ont « demandé avec insistance un successeur, mais n’ont jamais reçu de réponse du Saint-Siège ».
À lire aussi

ékin veut une Église catholique « indépendante » de Rome


« Est-ce que je pense que le Vatican est en train de vendre l’Église catholique en Chine ? Oui, absolument », poursuit l’évêque émérite, en soulignant que Pékin vient de mettre en place de nouveaux règlements pour limiter encore plus la liberté religieuse. En effet, à partir du 1er février, le fait de se rendre à une messe « souterraine » (souvent visible ou célébrée dans des églises ouvertes) ne sera plus toléré.
Selon le cardinal Zen – rompant ainsi la confidentialité de tels entretiens –, François aurait demandé à ses collaborateurs de « ne pas créer un autre cas Mindszenty ». Cette référence, dans la bouche du pape, à cet ancien archevêque d’Esztergom et primat de Hongrie (1), a été perçue par le cardinal Zen comme « une consolation et un encouragement ».
Toujours sur Facebook, le cardinal Zen a laissé entendre que le pape ne serait pas sur la même longueur d’onde que ses collaborateurs, et parlé de l’« optimisme forcé » du cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège.

Que répond le Vatican ?

Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, Greg Burke, dans un communiqué du 30 janvier, réfute une « prétendue divergence de pensée » entre le pape et la Curie romaine. François, affirme-t-il, est en contact permanent avec ses collaborateurs, et informé « de manière fidèle et détaillée » ; il suit avec une « attention spéciale les étapes du dialogue » avec la Chine. Il est donc « surprenant et regrettable », insiste le Bureau de presse, que des personnalités d’Église affirment le contraire, alimentant ainsi « confusions et polémiques ».
> À LIRE : Entre la Chine et le Vatican, il manque la confiance
De son côté, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican et principal artisan du dialogue avec Pékin, revient longuement sur ce sujet dans un entretien publié le 31 janvier sur le site « Vatican Insider ». Après avoir rappelé qu’en Chine « les catholiques ont su garder, malgré beaucoup de difficultés et de souffrances, le dépôt authentique de la foi, en lien avec le successeur de Pierre », le cardinal Parolin souligne que le but principal du Saint-Siège dans le dialogue en cours est vraiment de « sauvegarder la communion dans l’Église ». Il nourrit « l’espoir que l’on parvienne, un jour, à ne plus parler d’évêques” clandestins” et” officiels” ».

Marmhonie

avatar
MODERATEUR
MODERATEUR
Je connais très bien ce sujet.
L'Église d'Orient a converti la Chine au Christ avant 70 de notre ère par l'apôtre Thomas.

Avec la bande à Mao, tout a été détruit, et l'Église est appelée "souterraine", pendant que l'Église catholique chinoise est une parodie avec à la tête des agents du PCC.

Le pape Benoît XVI avait établi une reconnaissance de la fausse Église, et c'était une immense chance. Mais François a tout rejeté et tout va mal.

La Chine est face à un énorme problème, elle imprime le plus de Bibles au monde et c'est incontrôlable. Le PCC ne peut contrôler cela, et est content de prendre le marché mondial de la Bible bien sûr. Ils veulent donc un catholicisme plus fort et plus contrôlé, comme en Russie avec les orthodoxes qui imposent une religion d'État quasiment.

Or le pape François ne veut plus d'état catholique. C'est une situation sans solution actuellement, il faut attendre le prochain pape, ou plus loin encore.

Josué

avatar
Administrateur
[size=36]La phrase : « Le Vatican est-il en train de vendre l’Eglise catholique en Chine ? Oui, tout à fait. »[/size]
30 janvier 2018 15 h 30 min·

 
C’est ce que pense le cardinal Zen, qui a rendu publiques ses réflexions sur la décision du Saint-Siège d’ordonner à deux évêques légitimes de se laisser remplacer par des évêques de l’Eglise patriotique agréés et contrôlés par le pouvoir communiste (voir l’article de reinformation.tv).
 
Le cardinal Zen souligne que le pape François lui a personnellement affirmé qu’il ne voulait pas d’un nouveau « cas Mindzenty » (le primat de Hongrie, persécuté par le pouvoir communiste, avait dû être exfiltré et remplacé par un prélat agréé par Budapest) – il semble ne pas avoir été au courant des manœuvres des services du Vatican. Mais alors il lui reste à faire preuve d’autorité dans cette affaire.
 
L’analyse du cardinal Zen a été publiée par Sandro Magister et traduite en français par le site diakonos.be. Elle souligne la gravité de ce dossier et confirme en passant combien la persécution des catholiques fidèles est d’actualité en Chine, alors que « le schisme est déjà là, dans l’Eglise indépendante ».
 
Le cardinal Joseph Zen rappelle notamment que sous les nouvelles lois imposées par Xi Jinping, le rassemblement d’une communauté de l’Eglise clandestine (fidèle à Rome) pour la messe ne sera plus toléré.
 
Il redit son opposition à un accord entre la Chine et le Vatican : « Est-il possible d’avoir quelque chose “en commun” avec un régime totalitaire ? »

Mikael

avatar
MODERATEUR
MODERATEUR

 
Le régime communiste chinois ordonne lui-même les évêques de son Église officielle depuis le refus par le Saint-Siège d’approuver l’ordination faite sans le consentement de Rome de Bernardin Dong Guangqing en 1958. Ce prêtre franciscain fut alors excommunié avant d’être finalement reconnu par le pape en 1984. Mais malgré cette reconnaissance et la réconciliation au début des années 1990 du premier évêque illégitime de l’Eglise chinoise officielle ou « patriotique » avec l’évêque clandestin de son diocèse de Hankou, il existe toujours en Chine deux Eglises parallèles : l’Eglise catholique clandestine restée en communion avec l’évêque de Rome et l’Eglise chinoise officielle qui procède depuis soixante ans à ses propres ordinations épiscopales sous l’égide de Pékin.
 

Eviter à l’avenir les ordinations épiscopales illégitimes en Chine ?
 
Comme pour les autres religions, le Parti communiste tient à exercer un strict contrôle sur les esprits des fidèles en prétextant une nécessaire sinisation, ce qui n’a pas empêché le pape François de prétendre que la religion est pratiquée librement en République populaire de Chine. Plus récemment, c’est le chancelier de l’Académie pontificale des sciences sociales, un proche du pape François, qui assurait au retour d’un voyage en Chine communiste que l’Empire du Milieu est aujourd’hui le pays qui met le mieux en œuvre la doctrine sociale de l’Église. Le régime chinois peut donc triompher pour les 60 ans de ses ordinations épiscopales parallèles accompagnées de répressions à l’égard de l’Eglise clandestine. Aujourd’hui, c’est le Vatican qui demande même à des évêques légitimes de céder leur place à d’autres évêques nommés par l’Église patriotique sous le contrôle du pouvoir communiste.
 

Le Saint-Siège semble prêt à sacrifier l’Eglise clandestine au profit de l’Eglise officielle « patriotique »
 
Joseph Ma Yinglin, excommunié en 2006 pour s’être fait consacrer évêque sans l’approbation du pape, prélat de l’Association patriotique des catholiques chinois (l’Eglise patriotique, autorisée) et président de la Conférence des évêques (officiels) de Chine, est un des sept évêques illégitimes actuellement en attente d’une reconnaissance officielle du Saint-Siège.
 
A l’occasion de la visite rendue le jeudi 8 février par M. Wang Yang, directeur de l’administration publique des Affaires religieuses et membre du Comité permanent du politburo chinois, à la Conférence des évêques et à l’Association patriotique des catholiques chinois, Joseph Ma Yinglin a annoncé que ces deux organisations prévoyaient d’organiser un symposium cette année pour commémorer 60 ans « d’auto-élection et auto-ordination » des évêques. Deux jours avant sa visite, Wang Yang soulignait lors d’une rencontre avec les organisations religieuses chinoises que les religions « doivent mettre intégralement en œuvre les lignes directrices du Parti pour les activités religieuses et adhérer à la politique de sinisation des religions ».
 

Soixante ans d’ordinations épiscopales illégitimes et un plat de lentilles ?
 
Selon certains médias qui citent des sources au Vatican, le Saint-Siège voudrait absolument aboutir à un accord avec la Chine communiste pour mettre fin aux ordinations épiscopales illégitimes. Mais pour le cardinal Joseph Zen, évêque émérite de Hong-Kong, « Le Saint-Siège choisit la compromission et pour finir il se vend lui-même pour aplanir les difficultés. Mais ce n’est pas cela que Dieu attend de l’Eglise et cela n’est en rien fidèle à la mission que Jésus a confiée aux apôtres. »
 

samuel

avatar
Administrateur
évêques Eglise patriotique Chine allégeance pouvoir communiste

Trois évêques de l’Eglise patriotique de Chine, schismatique participaient aux 13e Congrès national du peuple qui vient de se dérouler à Pékin et qui a adopté des amendements constitutionnels permettant à Xi Jinping d’envisager la présidence à vie en cumulant les postes de président, secrétaire général du PC et président de la Commission militaire centrale – la nouvelle « trinité » chinoise. Si leur vote n’est pas connu – après tout, il y a eu une poignée de votes contre ou d’abstentions, cinq sur un total de 3.000 – ils ont en tout cas entériné la légitimité du pouvoir communiste et pour l’un d’entre eux, Peter Fang Jianping du diocèse de Tangshan, l’allégeance au pouvoir doit prendre le pas sur la foi : le gouvernement communiste d’abord, la religion ensuite. Deux autres évêques « nationalistes » sont également exprimés en faveur du pouvoir et des accords avec le Saint-Siège.

Un deuxième évêque membre du Congrès, Guo Jincai de Chengde – un diocèse inconnu à Rome – est secrétaire général de la conférence épiscopale contrôlée par le gouvernement communiste : il espère quant à lui que les accords aboutiront à sa reconnaissance comme évêque en même temps que son diocèse fantôme sera officialisé.


Les évêques de l’Eglise patriotique de Chine : des hommes selon le cœur de Xi Jinping


Mgr Joseph Huang Bingzhang, troisième évêque membre du Congrès, excommunié en 2011, a été nommé par le gouvernement communiste et c’est en sa faveur que Mgr Zhuang Jianjian, évêque légitime de Shantou, a été invité à démissionner par Rome en fin d’année dernière.

Voilà qui correspond merveilleusement aux exigences du pouvoir puisque Xi Jinping insiste de manière de plus en plus ferme sur la « sinisation » de la société, qui passe par le respect de l’identité communiste à laquelle il contribue – constitutionnellement désormais – avec sa propre « Pensée ».

Mgr Fang, ordonné sans l’accord de Rome en 2000 mais « pardonné » par la suite – ce qui ne l’a pas empêché de participer à des ordinations épiscopales illicites –, a déclaré que les catholiques doivent allégeance à Xi « parce que, en tant citoyens du pays, nous devons d’abord être citoyens et ensuite seulement avoir une religion et des croyances ». Il a justifié sa position en invoquant le commandement de Jésus-Christ : rendre à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César.

Il s’est également dit confiant de voir aboutir les négociations actuelles entre la Chine et le Saint-Siège, surtout si Rome légitime l’ensemble des évêques de l’Eglise patriotique actuellement excommuniés : cela permettra à l’Eglise de se développer, a-t-il déclaré.


L’allégeance au pouvoir communiste, premier devoir du chrétien ?


Mais toujours dans le contexte défini par Xi Jinping : les croyances professées doivent être compatibles avec les croyances et les politiques de la culture de la Chine communiste, et nettoyées des influences occidentales, rappelle Breitbartnews.

De son côté, l’évêque excommunié Paul Lei Shiyin a déclaré à la presse que les relations diplomatiques entre la Chine et le Saint-Siège permettront, si leur rétablissement aboutit, à l’influence de la Chine de croître sur le plan international en offrant à l’Eglise davantage de place pour son travail pastoral dans le pays. Mgr Vincent Zhan Siku de Mingdong, lui aussi excommunié du fait de son ordination illicite au sein de l’Eglise nationale chinoise, est du même avis : il estime qu’il n’y a « plus d’obstacles » à la conclusion d’un tel accord.

Sept légitimations d’évêques excommuniés seraient envisagées et le gouvernement communiste chinois obtiendrait un droit de regard sur la nomination des évêques, sans que sa nature exacte ne soit connue.

Tout cela se produit alors que la persécution des chrétiens et les atteintes à leurs lieux de culte se multiplient depuis l’arrivée au pouvoir de Xi en 2013 ; depuis début février, les jeunes de moins de 18 ans n’ont plus le droit d’entrer dans les églises, pour assurer que les enfants et les adolescents ne soient plus exposés à l’éducation et à la pratique chrétiennes. Toute religion est d’abord considérée par les autorités comme une menace pour la sécurité nationale, le christianisme étant en haut de la liste. Pour les membres du Parti l’appartenance à une religion est proscrite.

Josué

avatar
Administrateur
[size=36]Le dissident Chen Guangcheng dénonce les négociations du Vatican avec la Chine communiste[/size]
28 mars 2018 12 h 30 min·

 
Le dissident chinois Chen Guangcheng n’a pas hésité à accuser le Vatican de pactiser avec le diable alors que le Saint-Siège s’apprête à s’entendre avec les communistes sur le dos de l’Église catholique de Chine restée fidèle à Rome. « La Chine ne s’est en rien amélioré par rapport à ce qu’elle était à l’époque de Jean-Paul II ; au contraire, c’est le pape François qui est très différent du pape Jean-Paul II », assure-t-il pour expliquer cette nouvelle orientation de l’Eglise. Alors qu’un accord entre le Vatican et les communistes chinois sur la reconnaissance de « l’Église patriotique » inféodée au régime et sur la nomination commune des évêques est annoncé comme proche, la réponse du dissident chinois Chen Guangcheng aux propos de Mgr Marcelo Sanchez sur une Chine censée être celle qui met le mieux en œuvre la doctrine sociale de l’Eglise est cinglante. « On ne peut pas penser que la Chine d’aujourd’hui soit celle de Jean-Paul II, ou la Russie celle de la Guerre froide », avait en effet déclaré le prélat argentin proche du pape François.
 
Chen Guangcheng est l’un des dissidents chinois les plus connus dans le monde. Aveugle depuis l’enfance et juriste autodidacte, il fut jusqu’à sa fuite de Chine persécuté par le régime communiste pour sa défense de la cause des femmes stérilisées de force ou contraintes à avorter. Assigné à résidence en 2010 après avoir fait de la prison, il s’évada et se réfugia à l’ambassade des Etats-Unis à Pékin en 2012, puis parvint à s’exiler aux États-Unis après des tractations entre Washington et Pékin.
 

Le dissident Chen Guangcheng rappelle au Vatican la véritable nature de la Chine communiste
 
Dans un texte au vitriol qui fait écho aux propos tenus par le cardinal Zen, évêque émérite de Hong Kong, Chen Guangcheng rappelle la vraie nature des communistes chinois, leur athéisme et leur absence de limites morales, les tortures et les persécutions des opposants, le nombre incommensurable de meurtres commis et leur mépris total pour la vie humaine. Un mépris qui se reflète dans la violence du « planning familial » à la chinoise, le Parti communiste chinois (PCC) ayant tué entre 360 et 400 millions d’enfants à naître au cours des trois dernières décennies. Chen Guangcheng évoque encore les très nombreux enlèvements de citoyens par les autorités, la pratique courante de l’emprisonnement arbitraire et de la torture dans la Chine d’aujourd’hui.
 
Si le Vatican a rompu ses relations diplomatiques en 1951 avec la Chine de Mao, c’est parce que « le PCC voulait tout contrôler, y compris Dieu », insiste le célèbre dissident. « Après 67 années de blocage par le Parti communiste chinois, le Vatican a abandonné ses principes et accepte désormais le leadership du PCC. »
 

L’Eglise avait pourtant rompu ses relations diplomatiques avec la Chine de Mao en 1951

Mikael

avatar
MODERATEUR
MODERATEUR

 
Dans un entretien pour la chaîne Al Jazeera repris sur Infocatólica, le cardinal Joseph Zen, évêque émérite de Hong Kong, explique en quoi l’accord négocié entre le Vatican et la Chine communiste est un abandon de l’Eglise clandestine de Chine et une reconnaissance de l’Eglise officielle schismatique. Cette légitimation de l’Eglise inféodée au régime communiste intervient alors qu’une loi entrée en vigueur en février dernier accentue encore les répressions à l’encontre des personnes participant aux messes clandestines.
 
Pour le vieux cardinal chinois, les Chinois ont aujourd’hui compris que, sous la houlette du pape François, le Vatican était prêt à tout accepter et tout légitimer. « Les opportunistes savent que s’ils collaborent avec le gouvernement, celui-ci pourra obliger le Saint-Siège à les reconnaître », prévient-il. Pire encore, « Pour faire plaisir au gouvernement, le Saint-Siège s’abstient de faire de nombreuses choses qu’il devrait faire. Par exemple, il ne donne pas d’évêques aux diocèses de l’Eglise clandestine. Quand un vieil évêque meurt, il ne lui donne pas de successeur ». Ou alors il veut remplacer les évêques légitimes par ceux de l’Association patriotique catholique chinoise (l’Église officielle de Chine, schismatique) qui célèbre cette année soixante ans d’ordinations épiscopales « indépendantes ».
 

Les négociations en cours entre le Vatican et la Chine communiste, une légitimation de l’Église schismatique inféodée au régime
 
Pour le cardinal Zen, il est clair que les négociations en cours légitiment une Eglise « objectivement schismatique », ce que le pape argentin aurait clairement reconnu lui-même selon le Chinois : « Il y a 3 ou 4 ans, j’ai eu une réunion avec le pape François pendant 45 minutes. J’ai parlé 40 minutes, il ne m’a interrompu qu’une fois. Quand j’ai dit que nous devions convenir que l’Église indépendante est une Eglise schismatique, il a répondu : “certo” – bien sûr. Alors comment peut-on légitimer une Eglise schismatique qui reste schismatique, qui est sous le contrôle du gouvernement ? Cette Eglise ne change pas simplement parce qu’on légitime ses évêques qui sont des esclaves du régime communiste. »
 
Le cardinal Zen demande, à propos de la reconnaissance de la trentaine d’évêques de l’Église clandestine nommés par le Vatican en échange de la reconnaissance par le Saint-Siège des sept évêques de l’Eglise officielle : « Qu’est-ce que cela veut dire, que le gouvernement reconnaît ces trente évêques ? Leur permet-il de continuer de fonctionner comme jusqu’à aujourd’hui dans l’Église clandestine, indépendamment du gouvernement ? Bien sûr que non ! Ils sont invités à rejoindre l’Association patriotique. »
 

Tel que prévu par l’accord en cours de négociation, le dernier mot du Saint-Siège pour les nominations d’évêques est une fiction, selon le cardinal Zen
 
Quant aux nouvelles nominations d’évêques, pour lesquelles les communistes promettent de laisser le dernier mot au pape, celui-ci ne pourra de toute façon se prononcer que sur des candidats proposés par les communistes chinois, fait remarquer le vieux cardinal. Quel type de dernier mot est-ce donc, demande Mgr Zen, si le Parti communiste ne présente que ses candidats via une conférence des évêques qui lui est inféodée ? Bien sûr, le Saint-Père pourra refuser, mais ce sera toujours aux communistes de proposer un autre nom, rappelle le cardinal. « Quels noms appropriés peuvent venir des communistes ? », demande encore Mgr Zen, « Que savent-ils des qualités requises pour être évêque ? »
 

Contenu sponsorisé


Revenir en haut  Message [Page 1 sur 1]

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum