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Le soufisme.

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1 Le soufisme. le Lun 27 Nov - 19:31

Josué

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Administrateur
[size=45]Le soufisme, ennemi de Daech[/size]

Bruno Bouvet , le 26/11/2017 à 13h47 
Mis à jour le 26/11/2017 à 15h03

[size=20]La mosquée égyptienne visée vendredi 25 novembre par un attentat, qui a fait 305 morts, était fréquentée par des musulmans soufis.
Ce courant mystique de l’islam est honni par les islamistes qui le considèrent comme hérétique.
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ZOOM 
Au Caire , le 9 février 2016, des soufis égyptiens célèbrent la naissance d’Hussein le petit-fils du prophète Mahommet.
  / Amr Nabil/AP


Pourquoi la mosquée al-Rawda de Bir al-Abd, située dans le Nord-Sinaï en Égypte, a-t-elle fait l’objet d’un attentat qui a causé la mort, vendredi 25 novembre, de 305 personnes dont 27 enfants ? Tout porte à croire que le fait qu’elle soit fréquentée par des musulmans soufis est à l’origine de cette attaque.

En effet, même s’il ne l’a pas officiellement revendiqué, Daech voue une haine aux partisans du soufisme qui expliquerait l’attentat. Et qui avait déjà conduit, en novembre 2016, le groupe terroriste à tuer le prédicateur soufi Suleiman Abou Harraz aux alentours de la ville d’El-Arich, au motif qu’il pratiquait la sorcellerie.

À LIRE : Attaque dans une mosquée soufie en Égypte : « C’est l’ensemble des musulmans qui est touché »


Ne plus faire qu’un avec Dieu



Les extrémistes musulmans reprochent aux soufis, qu’ils ont moult fois attaqué par le passé en Égypte comme au Pakistan, de gommer la distinction – fondamentale dans l’islam – entre Dieu et l’homme. En effet, le but déclaré du soufi est de s’immerger en Dieu au point de ne plus faire qu’un avec lui.

Dans cette branche traditionnelle de l’islam – aussi bien sunnite que chiite – qu’est le soufisme (le mot viendrait de l’arabe safa : « limpidité »), ses adeptes cherchent un chemin spirituel personnel, jalonné d’expériences mystiques, d’élévation, voire d’ascèse. Cet islam de paix, tourné vers l’autre, est aux antipodes de l’islam guerrier, prôné par les islamistes qui lui reprochent sa dimension ésotérique et son caractère hérétique.

À LIRE : Le soufisme, langue des mystiques musulmans

Ainsi, l’Iranien Abu Yazid Bistami (mort vers 875) raconte-t-il l’expérience mystique fulgurante qu’il a vécue. « Au prix d’une ascèse forcenée, il entame un voyage initiatique et voit son être dialoguer avec Dieu, se refléter en Lui à tel point qu’il y a substitution des deux personnes », raconte Éric Geoffroy, soufi lui-même, dans un ouvrage paru sur le sujet en 2013 aux Éditions Eyrolles. Et lorsque quelqu’un frappe à sa porte et le demande, le grand mystique peut répondre : « Non, il n’y a que Dieu dans cette maison. » La présence divine a annihilé en lui l’ego humain ordinaire.


Dompter le « moi »



Comme l’islam en général, le soufisme a pour objectif la soumission à la volonté de Dieu et la préparation pour la rencontre attendue avec lui. Mais, plus que les autres musulmans, les soufis insistent sur la nécessité de dompter en eux le nafs, le « moi » égoïste, fréquemment comparé à un cheval fougueux, et influencé par ­Satan.

Dans leur combat quotidien, les soufis s’appuient sur un hadith (parole prêtée au Prophète) comparant le « petit djihad », à mener sur les champs de bataille contre les ennemis de l’islam, avec le « grand djihad », intérieur celui-là. Ce n’est qu’une fois que le nafs est maîtrisé qu’une place est libérée pour Dieu dans le cœur du croyant et qu’une rencontre, un dialogue deviennent alors possibles avec lui.

« Le soufi s’élève alors vers ce Dieu qui est également Absolu, Vérité et Unité, remontant le long d’une échelle intérieure ponctuée de stations (maqam), prenant conscience que la Création dans sa totalité n’est qu’une manifestation de l’Incréé. Il goûte alors à l’état d’annihilation en Dieu », écrit Thierry Zarcone, dans Le Soufisme, voie mystique de l’islam (Gallimard, La Découverte). Une remontée parfois décrite comme « extase » ou « transe », pouvant prendre la forme d’une attraction « vers le haut » ou « vers l’intérieur », menant vers Dieu sous la forme de cercles concentriques…

Le soufisme s’est structuré à partir du XIIe siècle sous la forme de confréries (tarîqa), systématisant les doctrines et les expériences des premiers « maîtres » (cheikh) : Râbi’a, Bistami, puis Ibn’Arabî (mort en 1240) et surtout Rûmî, fondateur à Konya, en Turquie, de la confrérie des mevlevis (ou derviches tourneurs). Les tombeaux des saints de la confrérie sont également vénérés et deviennent lieux de pèlerinage ou de rassemblements festifs (moussem). Élitiste au départ, le soufisme se fait aussi populaire, coloré de traditions différentes selon les régions du monde où il est implanté.

Bruno Bouvet

2 Re: Le soufisme. le Mar 28 Nov - 14:38

papy

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Selon The Columbia History of the World, “l’introduction de la philosophie grecque et de la logique au IXe siècle donna naissance à une philosophie islamique différente (falsafa), laquelle eut un puissant impact sur les conceptions théologiques et rationalistes de l’islam. (...) Au fil du temps, l’islam lui-même, en tant que religion et mode de vie, subit de profondes modifications qui eurent des conséquences sur l’unité de la communauté”.
Ainsi, le soufisme (terme occidental désignant le mysticisme islamique) apparut aux VIIIe et IXe siècles et devint rapidement un mouvement religieux de masse. Au XIIe siècle, les ordres ou confréries soufis étaient nombreux. Le monastère soufi tendit à supplanter la mosquée. Les soufis pratiquent l’auto-hypnose, qu’ils provoquent au moyen de danses frénétiques ou de techniques de concentration. Ils récitent des formules, croient aux miracles et adorent les saints.
Les soufis ont amalgamé leur culte avec les croyances et les coutumes locales. Ainsi, les Turcs n’ont pas renoncé au chamanisme, les Africains à leurs guérisseurs, les soufis de l’Inde à leurs saints et à leurs divinités (hindous ou antérieurs à l’hindouisme). Quant aux Indonésiens, comme l’explique la Nouvelle Encyclopédie britannique, “derrière une façade d’islamisme [ressurgit] leur vision du monde antérieure à leur conversion à l’islam”.
La foi bahāʼie est apparue ultérieurement. Cette secte bien connue, issue de l’islam chiite, s’est développée en Iran vers le milieu du XIXe siècle. La secte sunnite Aḥmadiyya, elle, a vu le jour en Inde à la fin du XIXe siècle, lorsque Mîrzâ Ghulâm Aḥmad, qui se proclamait lui-même prophète, affirma être tout à la fois une manifestation de Muḥammad, Jésus dans sa seconde venue et une incarnation de l’hindou Krishna. Il enseigna que Jésus avait échappé à la mort au Golgotha et qu’il s’était alors enfui en Inde, où il était demeuré actif jusqu’à sa mort à l’âge de 120 ans.
Dans son commentaire sur le Qurʼān, Abul A‛la Maududi, auteur musulman, écrit: “À l’époque de la révélation d’Al-Baqara [sourate mentionnée au début de l’article], des hypocrites de toutes sortes sont apparus”, au nombre desquels figuraient “des ‘musulmans’, des munāfiqīn (hypocrites) (...) qui étaient persuadés dans leur esprit de la véracité de l’islam, mais n’avaient pas la force morale suffisante pour renoncer à leurs traditions”.
Il semble donc que, dès le départ, de nombreux adeptes ne se soient pas soumis à Allah de la façon dont Muḥammad l’entendait. En revanche, d’autres l’ont fait. Pour relever le défi que ceux-ci représentaient, la chrétienté n’a pas dédaigné de ‘recourir à l’épée’, comme Réveillez-vous! l’expliquera dans son prochain numéro.
[Notes]
“Qurʼān” (“récitation”) est la forme qu’utilisent plus volontiers les auteurs musulmans. Nous la préférerons au terme “Coran”, qui en est la forme occidentale.
On croit généralement, à tort, que l’islam est une religion strictement arabe. À l’heure actuelle, la majorité des musulmans ne sont pas Arabes. L’Indonésie, le pays musulman le plus peuplé, compte 150 millions d’adeptes de l’islam.

3 Re: Le soufisme. le Jeu 21 Déc - 17:26

Josué

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Administrateur

MUSIQUE


FESTIVAL SOUFI DE PARIS

[size=32]« Le soufisme doit rayonner davantage pour montrer un islam de paix »[/size]


Jusqu’au 17 décembre 2017, se tient la première édition du festival soufi de Paris, « La cité, au cœur... », organisé par La Maison Soufie. Rencontre avec ses deux co-directeurs, Amel Boutouchent et Abdelhafid Benchouk.

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