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la vente de biens de l’Église grecque-orthodoxe provoque de fortes tensions

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Josué

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À Jérusalem, la vente de biens de l’Église grecque-orthodoxe provoque de fortes tensions
Claire Bastier, à Jérusalem, le 12/09/2017 à 16h43 Envoyer par email
Plusieurs centaines de Palestiniens ont manifesté, samedi 9 septembre à Jérusalem, contre la vente de biens immobiliers grecs-orthodoxes à des Israéliens.
Depuis une douzaine d’années, l’Église grecque-orthodoxe est régulièrement accusée de dilapider son patrimoine en Terre sainte au profit d’organisations de colonisation.

Le Patriarche grec-orthodoxe de Jerusalem Theophile III, au centre en aout 2017
Le Patriarche grec-orthodoxe de Jerusalem Theophile III, au centre en aout 2017 / KHALIL MAZRAAWI/AFP
« Si nous perdons l’hôtel, nous perdons la porte de Jaffa, une part très symbolique de la Vieille Ville. » Malgré son sourire, Walid Dajani, 73 ans, ne cache pas son inquiétude. Depuis 1949, sa famille gère l’hôtel Imperial, une institution de Jérusalem. Situé dans un bâtiment appartenant à l’Église grecque-orthodoxe, l’établissement a été pris dans une tourmente judiciaire qui remonte à 2004, après la signature d’un bail emphytéotique entre le patriarche grec de l’époque, Irénéos Ier, et trois sociétés privées. Ce type de contrat, prévu pour une durée de 99 ans, fait du locataire un quasi-propriétaire du bien. L’hôtelPetra, voisin de l’Imperial, ainsi qu’un immeuble proche de l’esplanade des Mosquées, faisaient aussi partie de la transaction.

Les patriarches chrétiens accusent Israël « d’affaiblir la présence chrétienne »

L’Église grecque-orthodoxe, second plus grand propriétaire foncier en Israël,

L’affaire avait provoqué la colère des chrétiens palestiniens et entraîné la destitution d’Irénéos Ier. En 2007, son successeur Théophile III a entamé une procédure judiciaire pour faire annuler le contrat. La Cour de justice israélienne a rendu son jugement le 1er août dernier, donnant raison aux sociétés privées, qui ont, en fait, agi en intermédiaires pour l’organisation Ateret Cohanim, œuvrant pour la colonisation juive à Jérusalem-Est. Une telle décision « ne peut être expliquée que par des motifs politiques », a aussitôt dénoncé Théophile III, avant d’annoncer son intention de faire appel de la décision du tribunal.

Second plus grand propriétaire foncier en Israël, l’Église grecque-orthodoxe n’en est pas à sa première transaction immobilière. En 2013, elle a vendu trois parcelles (52 hectares) acquises au XIXe siècle et désormais situées à Jérusalem-Ouest. « C’était la première vente de biens appartenant à l’Église depuis 2 000 ans », explique Hani Boullata, membre de l’Union des chrétiens arabes orthodoxes à Jérusalem. Des ventes plus récentes ont été dénoncées à Césarée, à Jaffa, ou encore à Tibériade. Les acquéreurs seraient des sociétés enregistrées à l’étranger, notamment sur des îles célèbres pour héberger des paradis fiscaux.

L’acquisition de biens ecclésiaux par des sociétés écrans, qui les revendraient ensuite au prix fort, menace de bouleverser le marché de l’immobilier israélien. D’ailleurs, une proposition de loi déposée à la Knesset (Parlement) en juillet prévoit le transfert à l’État d’Israël de tout terrain, ancienne propriété d’une Église, qui aurait été vendu à des investisseurs privés. Si elle est votée, la loi pourrait entraver de futures transactions portant sur des biens des Églises. Le 4 septembre, les patriarches et chefs des Églises de Jérusalem ont dénoncé « la violation flagrante » du statu quo qui leur assure une certaine immunité de ce côté-là. Une telle loi vise également à « affaiblir la présence chrétienne » à Jérusalem et en Terre sainte, ont-ils assuré.

Une lettre ouverte demande la démission de Théophile III

Pour dénoncer ces ventes à répétition, des centaines de chrétiens palestiniens de Jérusalem, et de Nazareth, Jaffa, Haïfa ou encore Saint-Jean-d’Acre ont manifesté, samedi 9 septembre, dans la ville sainte. Les fidèles ignorent tout de l’utilisation de l’argent des transactions et les rumeurs vont bon train. « Nous réclamons plus de transparence. Et nous nous opposons à toute vente. Le Patriarcat grec-orthodoxe n’est pas une agence immobilière ! », s’indigne Hani Boullata.

Une lettre ouverte diffusée pendant la manifestation demandait la démission de Théophile III, auquel il est reproché une gestion autoritaire du pouvoir, et la poursuite de fait des ventes.

Les protestations contre les pratiques immobilières du patriarcat révèlent aussi des problèmes d’ordre pastoral. « L’Église n’a rien à proposer aux fidèles. Les prêtres ne parlent même pas l’arabe », déplore Adi Bajali, un résident de Nazareth. « Historiquement, la communauté orthodoxe était la plus importante en Terre sainte. Depuis 1948 (fondation de l’État d’Israël, NDLR), ce sont majoritairement les chrétiens orthodoxes qui sont partis, assure un spécialiste des questions chrétiennes. L’Église grecque n’a rien fait pour les retenir. » Ils représentent aujourd’hui 50 % des 50 000 chrétiens de Jérusalem-Est et de Cisjordanie. En Israël, les catholiques (latins, maronites, melkites) constituent plus de la moitié des 120 000 Arabes chrétiens. « Je sensibilise mes enfants pour qu’ils soient vigilants, affirme Hani Boullata. Car au final, on se bat pour leur assurer un avenir ici. »
http://www.la-croix.com/Religion/Orthodoxie/A-Jerusalem-la-vente-de-biens-de-lEglise-grecqueorthodoxe-provoque-de-fortes-tensions-2017-09-12-1200876239?from_univers=lacroix

Josué

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Administrateur
Le différend n'est pas récent mais il a gagné en ampleur ces dernières semaines. Les chrétiens grecs orthodoxes de Jérusalem font entendre leur mécontentement à l'égard de leur patriarche. Ils l'accusent de dilapider les terrains et bâtiments appartenant à leur Eglise. Samedi 9 septembre, ils étaient plusieurs centaines à manifester dans la vieille ville de Jérusalem pour exprimer leur colère.

De notre correspondant à Jérusalem,

Ce mécontentement est réapparu après une décision de justice. Une cour israélienne a validé le 30 juillet dernier un bail emphythéotique - valable pour 99 ans - que dénoncent bon nombre de fidèles. Les bâtiments concernés sont emblématiques : deux d'entre eux se situent à la porte de Jaffa, l'une des principales entrées dans la Vieille Ville et sont occupés par deux hôtels tenus par des familles chrétiennes. Or, ce bail a été signé avec trois compagnies privées qui agissaient pour le compte d'Ateret Cohanim, une organisation juive qui oeuvre pour l'installation de colonies israéliennes dans les quartiers palestiniens de Jérusalem.

Les chrétiens craignent donc qu'Ateret Cohanim tente de déloger les hôtels et d'installer à la place des colonies israéliennes. La signature de ce bail avait entraîné une vive polémique... et le limogeage d'Irénéos, le patriarche de l'époque. Son successeur, Théophile III, avait entamé une procédure judiciaire pour annuler ce contrat. Mais il vient d'être débouté. Et s'il dénonce une « décision politique », beaucoup de ses fidèles y voient une posture de sa part, l'accusant d'avoir oeuvré pour que la procédure échoue.

Une méfiance à l'égard de leur chef religieux

L'église grecque orthodoxe est la plus ancienne établie et elle a beaucoup de propriétés: elle est en fait le deuxième propriétaire foncier dans la Palestine historique, donc entre Israël et les Territoires palestiniens, après l'Etat d'Israël. Mais ces dernières années, elle a commencé à vendre certains de ses terrains. A Jérusalem mais aussi à Césarée ou du côté de Nazareth dans le nord d'Israël. Et ces transactions ne sont pas du goût des fidèles.

Tout d'abord parce qu'ils n'ont pas été informés de ces ventes et qu'ils les ont apprises par la presse ou à la faveur de démarches judiciaires. Parce qu'ils préfèreraient voir ces propriétés mises à la disposition des chrétiens, que ce soit pour y installer des écoles, faire des logements ou ouvrir des commerces dans ces locaux. Et parce qu'ils estiment que ces terrains sont bradés, vendus à un prix nettement inférieur à celui du marché à des compagnies installées dans des paradis fiscaux, ce qui alimente des soupçons de malversations financières de la part du clergé.

Une division entre fidèles et administration de l'église

Cette dispute autour de la gestion du patrimoine foncier de l'église grecque orthodoxe souligne aussi la division qui existe entre les fidèles et l'administration de leur église. Car quand on parle des Grecs orthodoxes, on désigne la communauté qui a la langue grecque comme langue traditionnelle de liturgie. Mais les fidèles sont bien des Arabes, des Palestiniens. En revanche, depuis le début du XVIe siècle, le patriarchat est contrôlé par des religieux grecs. Et pour certains fidèles, s'il se permet de vendre ainsi les terrains de l'église, c'est parce que ces dirigeants ne sont pas d'ici.

Dans la manifestation de samedi 9 septembre certains réclamaient donc le départ du patriarche et aimeraient le voir remplacer par un Palestinien. Mais d'autres soulignent surtout la nécessité de mettre en place un mécanisme permettant plus de transparence dans la gestion des affaires de l'église.
http://www.rfi.fr/moyen-orient/20170915-jerusalem-eglise-grecque-orthodoxe-israel-territoires-palestiniens

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