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Comment l’Arabie saoudite exporte-t-elle le wahhabisme à l’étranger ?

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Josué

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Comment l’Arabie saoudite exporte-t-elle le wahhabisme à l’étranger ?
Malo Tresca, le 27/04/2017 à 17h24

Le Bangladesh a approuvé, mercredi 26 avril, la construction sur son sol de 560 mosquées, financées par Riyad à hauteur de près d’un milliard d’euros.
Depuis 50 ans, cette stratégie de dons pour la construction d’édifices religieux à l’étranger permet au royaume du Golfe de diffuser, partout dans le monde, une doctrine sectaire qui alimente et inspire l’extrémisme sunnite.

Une nouvelle mosquée pour chaque grande ville du pays. Les autorités bangladaises ont confirmé, mercredi 26 avril, la construction sur leur sol de 560 édifices religieux, presque entièrement financés grâce à un don saoudien de 1,07 milliard de dollars (98,15 millions d’euros).

Dans ce pays d’Asie à très large majorité musulmane, le projet inquiète les défenseurs de la laïcité et les représentants de diverses minorités religieuses. Ils craignent que ces mosquées ne deviennent de nouveaux supports de diffusion de l’islam très rigoriste prôné par la pétromonarchie du Golfe.

« Les financements saoudiens sont inquiétants. [Les autorités saoudiennes] pourraient se servir de leur argent pour promouvoir le wahhabisme (1) », a ainsi déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Rezaul Haq Chandpuri. Ce membre d’une fédération de musulmans soufis se dit sceptique quant au discours tenu par le gouvernement de Sheikh Hasina, qui soutient que ces édifices serviront « à répandre une véritable connaissance de l’islam » et permettront de mieux surveiller l’émergence de l’extrémisme islamiste, qui frappe depuis plusieurs années ce pays de 160 millions d’habitants.

> LIRE AUSSI : Au Bangladesh, le terrorisme gagne du terrain

Une large diffusion du wahhabisme

Le Bangladesh est loin d’être le premier pays à bénéficier des faveurs financières de l’Arabie saoudite pour ce type de chantier. Depuis plus de cinquante ans, celle-ci cherche, en soutenant la construction de centaines de mosquées, d’écoles ou de centres culturels islamistes tout autour du monde – de Bruxelles aux Yvelines, du Kosovo à la Chine, en passant par le Royaume-Uni, l’Afghanistan, ou encore l’Afrique –, à diffuser le wahhabisme, une doctrine sectaire qui alimente l’extrémisme sunnite.

« L’Arabie saoudite est une terre de prédication et, bien sûr, ce pays ne renoncera jamais à son credo, qui est de financer et soutenir une action islamique partout où la communauté islamique est présente », explique à la Croix Fatiha Dazi-Héni, politologue spécialiste de la péninsule arabique, chercheuse à l’institut de recherche stratégique de l’École militaire (Irsem) et auteur de l’ouvrage l’Arabie saoudite en 100 questions (1).

> LIRE AUSSI : Un film sur l’extrémisme religieux récompensé en Arabie saoudite

Plus de 70 milliards de dollars de dons

Fondée vers 1745 par Mohammed-Abd el-Wahhâb, l’idéologie whahhabite s’est répandue, en dehors de l’Arabie saoudite, en suivant les principales routes commerciales de l’époque, notamment en Afrique. La dynamique s’est intensifiée entre les années 1970 et 1980, lorsque la pétromonarchie a commencé à installer – au motif de l’aide humanitaire – des ONG, ou encore des écoles véhiculant, sur plusieurs continents, cette idéologie.

D’après l’historien britannique Charles Allen, l’un des rares universitaires à s’être penché sur l’aspect économique de la diplomatie religieuse saoudienne, la monarchie du Golfe aurait versé, depuis 1979, plus de 70 milliards de dollars (environ 65 milliards d’euros) pour financer ces chantiers à l’étranger.

Des terrains fragiles

Les zones sinistrées, ou pauvres, sont des terrains particulièrement propices à l’implantation du wahhabisme. Au lendemain de la guerre pour l’indépendance du Kosovo, l’Arabie saoudite a par exemple soutenu l’édification, au sein de la petite république balkanique, de 240 mosquées, et instauré un système de bourses permettant aux prêcheurs kosovars de partir étudier plusieurs mois en Arabie saoudite.

Revenus dans leur pays d’origine, ces imams transmettent aussi dans les villages la vision rigoriste du Coran qui leur a été enseignée. « D’après mes chiffres, 30 000 personnes ont été formées dans ces universités islamiques saoudiennes : on va les retrouver ensuite dans toute la bande sahélienne, au Mali, au Niger, en République centrafricaine », expliquait, dans une interview accordée au Point en septembre, l’ancien haut fonctionnaire à la Défense Pierre Conesa. « Chaque année, les Saoudiens dépensent 7 à 8 milliards de dollars pour leur diplomatie religieuse », a-t-il également estimé.

De l’argent contre le port du voile

Et dans de nombreux pays, les représentants saoudiens n’hésitent pas à tenter de convertir ou de convaincre, directement, la population locale. « Avec plusieurs de mes amies, nous avons été approchées, au début de l’année, par une association saoudienne qui nous a proposé de l’argent si nous acceptions de porter le voile intégral », témoigne à la Croix Erina B., une jeune étudiante musulmane kosovare de 21 ans, originaire de Mitrovica, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Pristina, où elle vit désormais. « J’ai refusé, et les membres de l’association n’ont pas insisté, mais certaines personnes autour de moi ont accepté l’an dernier… »
http://www.la-croix.com/Religion/Islam/Comment-lArabie-saoudite-exportetelle-le-wahhabisme-a-letranger-2017-04-27-1200842944

Mikael

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L'Arabie subventionne beaucoup de mosquées en Europe.

3 Le wahhabisme le Lun 1 Mai - 3:23

Talab-al-ilm

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Bonjour Josué

Correction de l'erreur historique sur le wahhabisme

https://islamhouse.com/fr/books/2223/

Ce livre est une réponse à tous ceux qui ne connaissent pas réellement la prédication réformiste qui a transformé toute l’Arabie en une terre de Tawhid (Unicité) après qu’elle ait connu le polythéisme et  les bida' l’innovation.

http://www.aimer-jesus.com

Mikael

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Mais ce n'est pas là vraiment la question, relis le titre du sujet .

samuel

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L'Arabie exporte sa conception de l'Islam grâce aux pétrodollars.

Josué

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L’Arabie saoudite, « première source de financement » de l’islam extrémiste britannique
Malo Tresca, le 06/07/2017 à 18h03 Envoyer par email
Un institut de recherche britannique indépendant, le Henry Jackson Society, a publié mercredi 5 juillet un rapport désignant l’Arabie saoudite comme la principale source de financement de l’islam extrémiste au Royaume-Uni.
Depuis 50 ans, la stratégie de dons de la pétromonarchie du Golfe pour la construction d’édifice religieux à l’étranger a participé à la diffusion du wahhabisme en Europe.
Outre-Manche, sa publication embarrasse la première ministre Teresa May, alors que le pays a été frappé, depuis le mois de mars, par trois attentats djihadistes. Mercredi 5 juillet, un think tank britannique conservateur, le Henry Jackson Society, a affirmé dans son étude « Les financements étrangers de l’extrémisme religieux au Royaume-Uni » que les dons saoudiens étaient la principale source de financement de l’islam radical en Grande-Bretagne.

« Si certaines organisations du Golfe ou d’Iran se sont rendues coupables de promouvoir le fondamentalisme, celles d’Arabie saoudite sont assurément en tête de liste », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Tom Wilson, l’un des membres de l’institut de recherche et auteur de l’étude.

Outre la formation d’imams anglais en Arabie saoudite, ce soutien aurait pris la forme de « dotations accordées aux mosquées et aux institutions éducatives islamiques » qui ont « accueilli des prêcheurs radicaux » et diffusé « une littérature extrémiste », affirme le rapport.

LIRE AUSSI : Nabil Mouline : « Le wahhabisme est présent dans le monde entier »

Des flux financiers opaques

En dénonçant « un manque d’informations disponibles » sur le sujet, entretenu par « le ministère de l’intérieur britannique », le document rappelle que l’engagement, pris en 2015 par le gouvernement conservateur, d’analyser le financement étranger des supports de propagation du fondamentalisme n’a encore donné lieu, jusqu’ici, à aucune publication. Il exhorte, en outre, les autorités à exiger plus de transparence dans les flux reçus de l’étranger, et notamment de l’Arabie saoudite, premier partenaire commercial du Royaume-Uni au Moyen-Orient.

Aussitôt après sa publication, l’ambassade saoudienne à Londres a « catégoriquement » démenti les affirmations du rapport de la Henry Jackson Society. « Nous ne tolérons, ni ne tolérerons les actions et l’idéologie du radicalisme violent, et nous ne nous arrêterons que lorsque ces organisations seront détruites », a-t-elle réaffirmé.

Exporter « l’idéologie wahhabite »

Pourtant, il est bien connu que cette stratégie saoudienne de dons, à l’étranger, pour la construction d’édifices religieux a largement permis, ces cinq dernières décennies, à cette pétromonarchie de diffuser tout autour du monde son « wahhabisme », doctrine sectaire qui alimente et inspire l’extrémisme sunnite. Et l’Europe est loin d’être épargnée.

Depuis les années 1960, le royaume « a dépensé des millions de dollars pour exporter l’idéologie wahhabite, notamment dans les communautés musulmanes des pays occidentaux », avance l’étude.

Une affirmation avancée, en avril, à La Croix, par Fatiha Dazi-Héni, politologue spécialiste de la péninsule arabique, chercheuse à l’institut de recherche stratégique de l’École militaire (Irsem) et auteur de l’ouvrage l’Arabie saoudite en 100 questions (1) : « Le royaume est une terre de prédication, qui ne renoncera jamais à son credo de financer et de soutenir une action islamique partout où la communauté islamique est présente ».

Des soupçons de « connivence »

Espagne, Italie, Suisse, Allemagne… Comment le royaume saoudien a-t-il pu implanter aussi librement ses structures, dans des pays occidentaux qui auraient pu paraître alors imperméables à la diffusion de l’idéologie wahhabite ? Nombreux sont ceux qui évoquent une connivence, sur fonds de transactions commerciales, des gouvernements européens avec la pétromonarchie.

En Belgique, le roi Baudouin a par exemple laissé dès 1969 le royaume installer, « à grands frais, le Centre islamique et culturel de Belgique (CICB), devenu aussi le siège européen de la Ligue islamique mondiale, une ONG panislamique et prosélyte », rappelait en 2013 un article paru dans Le Vif, L’Express.

En France, l’Arabie saoudite a installé à Mantes-la-Jolie (Yvelines) le bureau de sa Ligue islamique mondiale, dans des locaux attenants à la mosquée Ibn Abdelaziz. Elle a aussi très largement contribué à la construction de mosquées, comme par exemple celle d’Évry (Essonne) ou la grande mosquée de Lyon (Rhône).
http://www.la-croix.com/Religion/Islam/LArabie-saoudite-premiere-source-financement-lislam-extremiste-britannique-2017-07-06-1200860997

Mikael

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Ce pays soutient en les finançants la construction des mosquées,tant en France que dans d'autres pays.

Marmhonie

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Yacoub est très compétent, j'attends de le lire ici.

Yacoub

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Le wahhabisme qui est une forme de salafisme s'est imposé grâce au prédicateur Abd el Wahhab et à son bras armé le roi Saoud.

Le wahhabisme applique vraiment les ordres contenus dans le Saint Coran come couper la main du voleur.

Grâce au pétrole, l'Arabie fait étendre sa vision de l'islam dans tous les pays du monde y compris en Occident en finançant les mosquées en donnant des bourses d'études dans des universités saoudiennes...etc.

La Mauritanie par exemple est devenue une colonie saoudiènne.

http://apostats-de-lislam.xooit.org/index.php

Mikael

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saoudite
"Le 22 juin dernier, Le Monde des Religions et Orient XXI ont organisé une conférence sur le wahhabisme et la situation actuelle en Arabie saoudite, avec la politologue Fatiha Dazi-Héni. Compte-rendu et extraits audio" — Vers la fin du wahhabisme ? (Maud le Rest, Le Monde des Religions)

Josué

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Est-ce toute la faute du wahhabisme ?
Une chercheuse anglo-tunisienne a identifié dans la doctrine officielle de l’Arabie Saoudite les origines du djihadisme, et invite les mouvements islamistes à se libérer de son influence

Michele Brignone | lundi 7 août 2017
Safar al-Hawali, cheikh de la Sahwa islamiyya (le Réveil islamique)Safar al-Hawali, cheikh de la Sahwa islamiyya (le Réveil islamique)
La crise qui oppose depuis deux mois le Qatar et un quatuor de pays arabes (Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis, Égypte et Bahreïn) a soulevé diverses réactions y compris parmi les experts religieux et les prédicateurs. Et cela n’a rien de surprenant, du moment que, parmi les motifs de l’affrontement, figure aussi (et peut-être surtout) le lien entre le Qatar et les Frères musulmans, et, par conséquent, une interprétation particulière de l’Islam et de son rapport avec la politique. D’où un tourbillon de communiqués, fatwas, et échanges d’accusations. Mais il y a eu aussi des réflexions d’un niveau plus élevé.

Tel est le cas d’un article publié le 22 juin dernier sur le quotidien on line Arabi21 sous la signature de Soumaya Ghannouchi, chercheuse anglo-tunisienne qui étudie la pensée islamique, et fille de Rashid Ghannouchi, l’intellectuel et leader politique qui, avec une issue encore incertaine, est en train de faire passer le parti tunisien Ennahda de l’Islam politique à la « démocratie musulmane ». La crise actuelle, estime-t-elle, devrait inciter les mouvements islamiques comme les Frères musulmans à se libérer de l’influence idéologique du wahhabisme, véritable responsable des dérives violentes et sectaires de l’Islam.

Soumaya Ghannouchi se réfère à un phénomène qui s’est produit dans la seconde moitié du XXe siècle alors que, pour échapper à la répression des régimes socialistes et nationalistes, de nombreux militants des Frères musulmans, égyptiens et d’autres nationalités, se réfugièrent dans les Pays du Golfe, et surtout en Arabie Saoudite. Il s’ensuivit notamment un processus d’hybridation culturelle et religieuse entre les idées de la Confrérie, comme le caractère totalement englobant de l’Islam et son ambition d’instituer un ordre politique particulier, et les doctrines salafistes, centrées sur l’interprétation littérale des écritures et sur l’imitation des premières générations de musulmans. L’Islam politique assimila le rigorisme salafiste, tandis que certains courants de la galaxie salafiste s’approprièrent l’activisme politique des Frères musulmans. C’est de cette convergence que l’on vit naître des mouvements comme la Sahwa islamiyya (le Réveil islamique) et des groupes salafistes-djihadistes comme al-Qaida et l’État islamique.

L’entente entre l’Arabie Saoudite et les mouvements de l’Islam politique vola en éclats durant la deuxième guerre du Golfe (1990-1991), lorsque Riyad permit aux troupes américaines de stationner sur le territoire du Royaume pour libérer le Koweït de l’occupation irakienne. La décision fut approuvée par les autorités religieuses saoudites au nom du principe du moindre mal, mais elle fut considérée comme sacrilège par de nombreux islamistes, qui commencèrent à contester la légitimité de la monarchie saoudite.

Dès lors, les Frères musulmans cessèrent d’être alliés des saoudites et, écrit Soumaya Ghannouchi, devinrent de plus en plus leur nouvelle « obsession ». Elle estime que la fin de cette alliance politique devrait marquer aussi la fin du mariage idéologique entre islamisme et wahhabisme : un processus difficile mais salutaire, parce qu’il permettrait aux mouvements islamistes de se dissocier de la violence salafiste pour retrouver leurs propres racines dans le réformisme islamique élaboré au tournant du XIXe et XXe siècle, et dans la pensée de ses grands protagonistes : Jamal al-Din al-Afghani, Muhammad ‘Abduh et Rashid Rida.

La thèse de la généalogie réformiste de l’islamisme a un fondement historique solide. Toutefois, la reconstruction de Soumaya Ghannouchi néglige deux éléments importants. En premier lieu, la rencontre entre réformisme et wahhabisme est antérieure en réalité à l’exil des Frères musulmans dans les Pays du Golfe. Dès les années 1920, ce fut précisément le réformiste Rashid Rida qui publiait sur son influente revue al-Manâr la littérature wahhabite, contribuant ainsi à la faire connaître dans le monde musulman tout entier et à l’accréditer comme une nouvelle orthodoxie sunnite. En second lieu, il est vrai certes que, à la différence du wahhabisme, qui s’est développé à partir d’une relecture de théologiens médiévaux, les mouvements islamistes ont dû compter dès leur origine avec la pensée et les institutions modernes ; toutefois cela ne suffit pas à les exonérer de la violence qui a accompagné ces dernières décennies les différents projets d’instauration d’un ordre islamique. Ce que al-Afghani et ‘Abduh écrivaient dans les années 1880 sur leur revue al-‘Urwa al-Wuthqâ (« Le lien indissoluble ») est emblématique à cet égard : « La religion islamique se fonde sur la recherche de la domination, de la force, de la conquête, de l’honneur, et sur le refus de toute loi qui aille à l’encontre de sa charia et de tout pouvoir qui n’en applique pas les normes. Qui considère les sources d’une telle religion et lit une sourate de son Livre révélé conclura sans hésitation que ses fidèles ne devraient être militairement seconds à personne. Bien plus, ils devraient dépasser toutes les nations dans l’invention de machines de guerre et exceller dans les disciplines guerrières ». Sans doute ce jugement était-il conditionné par l’affrontement à l’époque avec l’agression coloniale de l’Europe. Il n’en reste pas moins qu’il inaugure, indépendamment de l’influence wahhabite, une théologie du pouvoir et une vocation hégémonique qui allait marquer en profondeur l’idéologie et les projets des forces islamistes.

Face à la crise politique et religieuse du monde arabo-musulman contemporain, nombreux sont ceux, parmi les intellectuels et les observateurs, occidentaux inclus, qui invoquent un retour à l’esprit réformiste de l’Islam de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Mais c’est précisément cette période qui constitue probablement davantage un enchevêtrement de noeuds non résolus plutôt que la source de solutions possibles.
http://www.oasiscenter.eu/fr/articles/les-peuples-de-l-islam/2017/08/07/est-ce-toute-la-faute-du-wahhabisme

Yacoub

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Merci, Josué, pour cet excellent article que je vais copier/coller et mettre sur le forum des apostats de l'islam.

http://apostats-de-lislam.xooit.org/index.php

Josué

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Islam et christianisme en Arabie saoudite
Mélinée Le Priol et Claire Lesegretain , le 27/09/2017 à 15h04 Envoyer par email
Berceau de l’islam avec les villes saintes de La Mecque et Médine, l’Arabie saoudite est en grande majorité peuplée de musulmans sunnites (80,5 %).
Mais ce royaume abrite aussi des minorités chiites (11,6 %) et chrétiennes (4,4 %), qui souffrent de nombreuses discriminations.
Des Saoudiens chiites manifestent dans la ville côtière de Al-Qatif contre l'exécution du cheikh Nimr al-Nimr par les autorités saoudiennes, le 2 janvier 2016. ZOOM
Des Saoudiens chiites manifestent dans la ville côtière de Al-Qatif contre l'exécution du cheikh Nimr al-Nimr par les autorités saoudiennes, le 2 janvier 2016. / STR/AFP
L’islam sunnite

L’islam sunnite est la religion officielle du royaume d’Arabie saoudite. Elle concerne 80,5 % des 30 millions de Saoudiens. La secte sunnite des wahhabites, qui a pris le pouvoir en Arabie au XVIIIe siècle, impose désormais dans le pays une pratique austère et rigoriste de l’islam. Le Coran et la Sunna servent de constitution au royaume, et seuls des musulmans (92 % de la population, tous courants de l’islam confondus) peuvent être citoyens saoudiens.

Les chiites

Les chiites représentent 11,6 % de la population saoudienne, mais plus du tiers des habitants de la province du Hasa, dans l’est du pays. Une région hautement stratégique, puisqu’elle recèle la quasi-totalité des ressources pétrolières du royaume, « pays de l’or noir ». Ces chiites, présents dans la région depuis les premiers siècles de l’islam, sont arabes et non persans : ils appartiennent au même type de population que celles de Bahreïn et du sud de l’Irak.

L’Arabie saoudite autorise les femmes à conduire

Ennemis jurés des wahhabites, les chiites d’Arabie saoudite sont marginalisés depuis longtemps, et largement exclus des bénéfices de la rente pétrolière. Très rares sont ceux, par exemple, qui occupent des postes de haut niveau dans des entreprises d’État et organismes gouvernementaux. Ces dernières années, plusieurs attentats-suicide ont visé des fidèles chiites dans des mosquées de l’est du pays, près du Bahreïn, et du sud-ouest, près du Yémen.

En janvier 2016, le chef religieux chiite Nimr Baqer al-Nimr a été exécuté. Figure respectée de cette minorité et ardent défenseur des manifestations antigouvernementales commencées en 2011 dans l’est du pays, il était, depuis des années, dans la ligne de mire de la dynastie sunnite au pouvoir. Son exécution avait suscité l’indignation, notamment de l’Iran chiite.

Les chrétiens

Les chrétiens sont estimés à 1,5 million, soit environ 4,4 % de la population. Ils sont principalement des travailleurs immigrés établis dans le pays (Philippins, Indiens, Libanais, Palestiniens, Irakiens, Égyptiens, Maghrébins…), ainsi que des expatriés occidentaux et des Saoudiens convertis au christianisme. Outre les catholiques romains, il existe aussi plusieurs communautés catholiques orientales en Arabie saoudite, notamment maronites, melkites, arméniennes, syro-malabares, syro-malankares et coptes.

Les chrétiens catholiques romains 

l’Arabie saoudite fait partie du vicariat apostolique d’Arabie septentrionale (ainsi que le Koweït, le Qatar et Bahreïn) dont le siège est au Koweït. En novembre 2007, le roi Abdullah Ben Abdel Aziz (décédé en janvier 2015, à plus de 90 ans) rencontrait le pape Benoît XVI : c’était la première fois qu’un souverain du royaume wahhabite rencontrait un pape. L’entretien s’était déroulé dans un climat « cordial » et avait exprimé une volonté « d’engagement en faveur du dialogue interculturel et interreligieux (…) et de collaboration entre chrétiens, musulmans et juifs, pour la promotion de la paix, de la justice et des valeurs spirituelles et morales ». Le Saint-Siège et l’Arabie saoudite n’ont toujours pas établi de relations diplomatiques. Rome réclame la liberté religieuse, notamment pour pouvoir édifier des églises dans la péninsule arabique.

En mars 2012, le cheikh Abdul Aziz ben Abdallah, grand mufti d’Arabie saoudite, avait déclaré qu'« il est nécessaire de détruire toutes les églises de la région », appuyant ses propos sur un hadith qui rapporte que, sur son lit de mort, Muhammad a déclaré : « Il ne doit pas y avoir deux religions dans la péninsule arabe ».

Les hindous

Les hindous représentent 2 % de la population et sont pour la plupart des Indiens. Les Indiens, qui sont environ 3 millions en Arabie saoudite, constituent la première communauté expatriée du pays, qui abrite aussi 0,3 % de bouddhistes.

Mélinée Le Priol et Claire Lesegretain
https://www.la-croix.com/Religion/Islam/Islam-et-christianisme-en-Arabie-saoudite-2017-09-27-1200880161?from_univers=lacroix

Talab-al-ilm

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Bonjour

Le président Donald Trump a participé brièvement à une danse traditionnelle au sabre lors d'une cérémonie d'accueil.




.

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Mikael

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Et cela prouve que l'Amerique a toujours besoi du pétrole de la péninsule arabique et pour cela elle vend son âme.

Talab-al-ilm

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Bonjour  Mikael

Tu veux dire quoi par la qu'elle vend son âme ?

Wa Salam

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Josué

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[ltr]Le wahhabisme saoudien en Afrique de l'Ouest[/ltr]


[ltr]Publication: 07/12/2017 14h02 CET Mis à jour: 07/12/2017 14h03 CET[/ltr]

[ltr][/ltr]

[ltr]
Cet article est un condensé du chapitre de l'auteure "La pénétration wahhabite en Afrique" publié dans Eric Dénécé (dir.), La menace mondiale de l'idéologie wahhabite, Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R), collection Arcana Imperi, septembre 2017, pp. 75-113

Avec près de 350 millions de Musulmans, l'Afrique représente un morceau de choix pour l'Arabie saoudite. Depuis plusieurs décennies Riyad a entrepris de diffuser son modèle wahhabite de croyance selon le principe du prosélytisme et de la propagation de la foi (da'wa wal irchad) pour contrecarrer les obédiences musulmanes et les pratiques populaires de l'Islam présentes sur le continent: Soufisme , Ibadisme , culte des saints, etc.
****
Lorsqu'en 2012 le groupe Ansar-eddine qui occupait le Nord du Mali s'est acharné à détruire plusieurs mausolées de Tombouctou, il s'est strictement conformé aux enseignements du fondateur du wahhabisme, Ibn 'Abd al-Wahhâb, allié des Saoud, pour qui ni les monuments, ni les hommes ne doivent être révérés. Selon lui le monde musulman doit être purifié des tombes, reliques et sanctuaires qui "divinisent des êtres humains" et représentent un polythéisme déguisé. Selon ce précepte, la conquête de La Mecque en 1803 a ainsi été le théâtre de destructions massives de sites historiques, de mosquées et de tombeaux de saints de l'islam, dont la maison du Prophète. Depuis 1985, plus de 90% des bâtiments historiques ont disparu. Ailleurs aussi, d'autres disciples contemporains de cette doctrine s'en sont pris à des patrimoines sacrés et culturels, islamiques, préislamiques ou antiques: les Talibans afghans ont détruit les Bouddhas de Bâmiyân (2001), les milices salafistes libyennes ont rasé édifices soufis et sanctuaires de saints (2011-2012), et l'unité spéciale de Daech s'est acharné par deux fois sur le site antique de Palmyre en Syrie. Les adeptes de ce fondamentalisme islamique ne s'en prennent pas qu'aux monuments mais aussi à la pluralité des Musulmans jugés mécréants. En novembre dernier, un groupe local du Sinaï affilié à Daech a mené une attaque meurtrière contre des Soufis égyptiens en pleine prière dans la mosquée al-Rawdah où trois cents cinq fidèles ont péri.
Sur le continent africain, la lame de fond wahhabite a eu trois conséquences majeures:
- une sur-confessionalisation de l'identité musulmane;
- l'instauration d'un conformisme intégriste croissant dans les mœurs quotidiennes;
- la fragmentation de l'islam en différents groupes, sous-groupes et sectes se réclamant tous d'un Islam des origines.
Les relais locaux du wahhabisme en Afrique
Le Wahhabisme a commencé à s'établir en Afrique de l'Ouest dès les années 1930 et s'est implanté plus massivement au tournant de 1950, notamment par le biais des grands commerçants de retour de la Mecque. L'émergence du Wahhabisme correspond aussi à une période de migration et d'urbanisation d'après-guerre qui conduit de riches entrepreneurs à embrasser son idéologie hostile aux pratiques maraboutiques pour s'émanciper des contraintes sociales traditionnelles. Le pèlerinage, point d'orgue d'une intense propagande saoudienne, contribue de fait à l'intensification des échanges non seulement commerciaux et mais aussi idéologiques entre Arabes et non-Arabes.
D'une part, les marchands déjà influents de par leur position économique, reviennent du pèlerinage avec un statut plus prestigieux mais aussi nourris des idées wahhabites. D'autre part, les jeunes qui ont étudié dans les universités saoudiennes, contestent l'authenticité de la pratique traditionnelle de l'Islam qu'ils jugent être une exploitation de la crédulité des fidèles par les marabouts. Ces nouveaux adeptes du wahhabisme souhaitent un "retour aux sources": ils bannissent l'utilisation du chapelet, critiquent les pratiques maraboutiques qu'ils qualifient de charlatanisme et d'associationnisme, et l'affiliation aux chefs spirituels. En somme, ils contestent l'Islam traditionnel africain. La tension monte avec les confréries soufies à partir des années 70-80. Des générations de diplômés de l'enseignement arabe formés dans les universités du Golfe entrent en concurrence avec les ordres religieux traditionnels, pour imposer dans l'espace public africain les normes spirituelles rapportées de la Péninsule arabique.
La transmission des préceptes religieux par les aînés et par filiation familiale est progressivement déconsidérée au profit d'une éducation islamique officialisée. Ce conservatisme islamique va alors peu à peu imprégner le tissu social et les mœurs par le biais de l'éducation et d'associations à but religieux originaires d'Arabie saoudite. Les nouvelles élites religieuses nationales acquises au wahhabisme, vont diffuser des normes, réviser des pratiques culturelles, et imposer des valeurs morales et sociales sur des bases islamiques: imposition d'une façon de prier salafiste (bras croisés contre bras le long du corps), choix des horaires de prières, et remise en cause par certaines sectes puristes de la fête traditionnelle du Maouloud célébrant la naissance du Prophète. Parallèlement, les signes extérieurs de cette religiosité standardisée de plus en plus ostentatoire vont alimenter une surenchère vestimentaire à la mode islamique contre l'habit traditionnel.
Jusqu'alors, le marabout était le pivot de la vie musulmane et rien ne se faisait sans son aval. Désormais c'est la mosquée et ses annexes qui deviennent le centre de la vie sociale et c'est à partir de la mosquée que tous les besoins personnels, familiaux et communautaires sont pris en compte.
La puissante machine qui se met en place grâce aux revenus de l'or noir se lance dans le financement, la rénovation et la prise en charge des frais de fonctionnement d'une multitude de petites mosquées ou de mosquées monumentales et de complexes religieux dans de nombreuses villes d'Afrique: Khartoum, Yaoundé, N'Djamena, Lagos, Abuja, Bamako, Nouakchott (où la mosquée centrale s'appelle d'ailleurs mosquée saoudienne), Conakry, Accra, et Kampala. Les sommes investies par Riyad sont colossales: mosquée du roi Fayçal à Conakry (21,3 millions de dollars), mosquée du même nom au Tchad (16 millions de dollars), mosquée de Bamako (6,7 millions de dollars), mosquée de Yaoundé au Cameroun (5,1 millions de dollars). En Égypte, le nombre de mosquées passe de 3.283 en 1968 à 5.000 en 1980, et à Bamako, de 41 en 1961 à 205 en 1985.
Cet empire fait de mosquées, d'écoles coraniques, d'universités et d'hôpitaux contribuera à créer un environnement favorable aux formes intolérantes de l'Islam dont, quarante ans plus tard, seront porteuses les jeunes générations aussi bien dans les pays africains à majorité musulmane que dans les pays où l'Islam est minoritaire, ainsi que dans les diasporas.
Compétition religieuse et africanisation du Wahhabisme
La popularité de la révolution iranienne (1979) et son hégémonie croissante sur les formes militantes de l'islam mondial sont pour les Saoudiens une menace à leur leadership islamique. Le nassérisme et le nationalisme arabe étant depuis longtemps moribonds, l'Arabie saoudite redoute que le chiisme conquérant ne la supplante et n'ébranle les fondements même de son existence.
C'est pourquoi, Riyad a su profiter de la libéralisation économique et de l'instauration du pluralisme politique des années 1990 en Afrique pour s'engouffrer dans la brèche et renforcer son offensive idéologique. Après l'affaiblissement des Etats africains consécutif aux mesures d'ajustement structurel imposées par le FMI, le vide institutionnel va être comblé par l'activisme social croissant d'agents religieux d'obédience wahhabite, principalement dans les secteurs de la santé et de l'éducation. Les nouveaux complexes islamiques vont intégrer non seulement des mosquées et des écoles coraniques mais aussi des centres de santé. Naît ainsi un véritable espace public religieux où s'élaborent à la fois des stratégies de prosélytisme et des plans d'action pour améliorer le quotidien des populations.
La Ligue Islamique Mondiale (LIM) -axe islamique puissant regroupant 22 pays, créé en 1962, prélude au projet d'islam politique à travers le monde- permet à l'Arabie Saoudite de mener une stratégie d'influence identitaire (arabe) et confessionnelle (wahhabite), avec pour objectif le renforcement de sa mainmise idéologique sur les fragiles Etats africains et leurs sociétés. L'offensive religieuse de la LIM se double d'activités sociales et éducatives sur le modèle des missionnaires chrétiens contre lesquels les premières associations musulmanes tentaient de lutter durant la période coloniale. Mais elle s'inspire aussi de l'héritage doctrinal des Frères musulmans qui, outre le prosélytisme religieux, prônent l'action culturelle, intellectuelle et sociale dans des pays où les Etats ont maintenu une large partie de la population dans la pauvreté. Il s'agit pour les Saoudiens de "ré-islamiser" et de "moraliser" les sociétés africaines, sous prétexte que l'Islam empreint de coutumes locales pratiqué par les Musulmans du continent n'est pas conforme à l'interprétation stricte et littérale qu'en font les Wahhabites. Il s'agit aussi de freiner et contrecarrer la concurrence internationale de nombreux acteurs transnationaux comme les ordres soufis, les grandes universités théologiques nord-africaines (Al-Azhar au Caire, Zeytouna à Tunis, Qarawiyyin à Fès), le Tabligh , les Frères musulmans, l'Iran, ou encore "l'islam des consulats" (Algérie, Maroc).
L'islam africain subit alors une fragmentation doctrinale croissante qui a inévitablement une incidence sur les actions des militants islamiques sur le terrain. Cette hétérogénéité se manifeste dans la prolifération de groupes professant des interprétations extrêmement sélectives des principes religieux, forgeant des adaptations locales particulières, et présentant une pauvre cohérence idéologique. En milieu urbain, les associations et organisations musulmanes se multiplient et leurs leaders africains se donnent pour objectif de "répandre l'islam", de parfaire les connaissances religieuses des croyants, et de leur inculquer une nouvelle manière d'être musulman. Ils veulent aussi démontrer que l'Islam est une alternative à l'échec du modèle occidental de développement.
La question religieuse devient ainsi partout en Afrique un élément des luttes politiques locales. La fin du parti unique a ouvert la voie à l'émergence de nouveaux acteurs politico-religieux venus concurrencer des mouvements implantés depuis longtemps, notamment les confréries soufies et leurs notabilités ancestrales. Ce phénomène a conduit à la pluralisation de l'offre confessionnelle: expansion des courants évangéliques et pentecôtistes pour le Christianisme, courants dits "réformistes" pour l'Islam. Chaque entité religieuse cherche à occuper l'espace public à travers des discours, des revendications, des initiatives, des mobilisations de masse. Cette diversification s'accompagne d'une éclosion d'associations para-religieuses et d'ONG confessionnelles, de radios et de télévisions religieuses et d'une propagande à base d'ouvrages, de cassettes et de vidéos. L'entrée en politique de nouveaux leaders aussi bien Chrétiens que Musulmans ne fait que renforcer les situations de compétition et d'émulation religieuse.
Selon une étude de 2002, en 1980, sur 1.854 ONG présentes sur le continent africain, 7,4% sont islamiques. Ce chiffre est passé à 5.896 en 2000 (soit une augmentation de 310%), dont 15,1% d'ONG islamiques .
Au Mali, la pénétration wahhabite s'accompagne d'une arabisation des rituels religieux et d'une multiplication sans précédent des lieux de prières et des madrasa (écoles coraniques). Ainsi, entre 2002 et 2009, le nombre des madrasa est passé de 840 à 1.631: une forme de privatisation de l'éducation. Aujourd'hui, le Mali ne compte pas moins de 106 associations islamiques, dont l"Association malienne pour l'unité et le progrès de l'islam (AMUPI), la ligue des imams (LIMAMA), la Ligue des prédicateurs, l'Union Nationale des Femmes Musulmanes (UNAFEM), et l'Association Malienne des Jeunes Musulmans (AMJM).
De grands prêcheurs comme l'imam Mahmoud Dicko ont profité des carences de l'État en matière de santé et d'éducation pour gagner en légitimité. Le Haut Conseil islamique du Mali (HCIM), créé en 2002 et présidé depuis 2008 par Mahmoud Dicko est composé de la plupart des associations de défense des madrasa. Issu d'une grande famille maraboutique de Tombouctou, l'imam Dicko qui ne cache pas ses sympathies pour Ansar-eddine (dirigé par le touareg Iyad ag Ghaly), a suivi des études en Mauritanie et en Arabie saoudite, et s'est résolument engagé dans la voie du wahhabisme.
Bien que la Constitution malienne interdise formellement toute interférence entre l'Etat et le religieux, les associations musulmanes se sont accaparées l'espace politique et ont su imposer leurs idées face à un gouvernement faible qui a abandonné des régions entières au sous-développement.
Les débats autour du Code de la famille malien (2009) illustrent l'enjeu social et politique que constitue l'Islam. La bataille pour un Code d'inspiration salafiste a été menée par les partisans des madrasa qui ont usé de leurs nombreux contacts dans les pays du Golfe. Le HCIM est parvenu à obtenir le retrait de la version laïque du Code de la famille adoptée par le Parlement malien pour la remplacer par une mouture fondée sur la tradition islamique (abaissement de l'âge légal du mariage pour les femmes de dix-huit à seize ans, élargissement de la célébration du mariage aux responsables religieux).
Au Nigeria, après l'indépendance, le califat de Sokoto a bénéficié de l'aide financière du Royaume saoudien. Les relations entre le Nigeria et l'Arabie saoudite se sont ensuite renforcées dans les années 1950-1960 lorsque Ahmadou Bello (dont l'arrière grand-père a lui-même été calife de Sokoto), a été promu Sardauna de Sokoto (zone de gouvernement local de l'État de Taraba). Il a même occupé le poste de vice-président de la Ligue Islamique Mondiale.
Grâce à sa connaissance de l'arabe et à ses connexions saoudiennes, son associé, Aboubakar Goumi, a joué le rôle d'intermédiaire entre les Musulmans du Nigeria et l'establishment religieux saoudien. Ces liens sont avérés par le financement qu'il a reçu du Dar al-Ifta, une institution religieuse dirigée par Ibn-Baz, Grand Mufti d'Arabie saoudite. Fondé en 1978 dans la ville de Jos, son mouvement Izala s'est rapidement popularisé dans le Nord du pays ainsi qu'au Niger. Basé à Kaduna, Aboubakar Goumi s'est constitué une clientèle au sein des classes moyennes, fonctionnaires ou hommes d'affaires qui, avec le boom pétrolier, aspiraient à une forme d'islam simplifié et plus démocratique, critiquant les innovations dont seraient responsables les confréries Tijaniyya et Qadiriyya. Le mouvement Izala a aussi attiré de nombreux jeunes éduqués du Nord dont l'apprentissage religieux n'était pas passé par les canaux soufis. Une fois nommé Grand Qadi (juge), Goumi est devenu une figure centrale de l'interprétation de la charia (loi islamique). Les autorités saoudiennes lui ont même attribué le prix international du Roi Fahd.
A Kano et dans ses environs, la doctrine salafiste est si prégnante que la majorité de la population se définit elle-même comme izaliste. Bien que le salafisme izaliste soit de souche locale au Nord, il s'est étendu au Sud du Nigeria et dans la ville de Lagos par le biais des Wahhabites d'inspiration saoudienne, en la personne de Cheikh Aminoudin Aboubakar, un ancien Frère musulman, converti au Wahhabisme. A tel point qu'en février 2011, Ousama Ben Laden a désigné le Nigeria nation de la prochaine révolution islamique.
Quant au mouvement Da'wa fondé à Sokoto par Cheikh Ahmad Lemu, il forme des missionnaires islamiques et des travailleurs sociaux pour contrecarrer le prosélytisme des Chrétiens. La manne pétrolière nigériane sert à financer le séjour des étudiants à al-Azhar (Le Caire), à Médine ou à Djeddah. Puis des centres islamiques à compétence régionale ont été créés, comme l'Islamic African Centre à Khartoum et à Ondurman (Soudan). Enfin, plusieurs universités du Nigeria se sont dotées de départements d'études arabes et islamiques à Ibadan, Ilorin, Zaria, Kano, Maiduguri, où enseignent des Soudanais.
A l'instar de ses voisins sahéliens, le Niger connaît un fort mouvement de réislamisation qui s'est accéléré ces vingt dernières années contre les marabouts et les confréries soufies (Tijaniya, et Qadiriyya bien implantée dans la région de l'Aïr).
La première grande mosquée construite avec des fonds saoudiens est pourtant inaugurée à Niamey en 1965 avec l'aval du gouvernement de l'époque. L'idée de l'université islamique de Say est lancée par le président nigérien lui-même lors d'une visite du roi Fayçal d'Arabie saoudite en 1973. Le projet est repris par Seyni Kountché qui offre un terrain de 900 hectares à Say .
L'essentiel du financement est assuré par le fonds islamique de solidarité, rattaché à l'Organisation de Coopération Islamique. Ouverte en novembre 1986, cette université a pour but de devenir une place forte de l'islam et de l'enseignement de l'arabe dans la région et de former des oulémas à destination de l'Afrique de l'Ouest. Priorité est donnée à la Faculté de la charia et des études islamiques qui compte environ 1.200 étudiants originaires de 20 pays et où la majorité des enseignants est envoyée par des ONG islamiques.
Alors que depuis l'indépendance le monopole des relations entre l'Etat et les ONG islamiques transnationales était aux mains de l'association islamique du Niger (AIN), la période de libéralisation de l'espace politique et associatif qui suit l'instauration du multipartisme a offert à de nouveaux acteurs un espace de contestation des autorités religieuses traditionnelles et des structures islamiques nigériennes.
La percé wahhabite au Niger commence dans les années 1980 sous l'influence du mouvement nigérian Izala de Cheikh Goumi, par le biais des commerçants et étudiants de Maradi. A la faveur de l'ouverture politique, les Izalistes nigériens créent leur propre association, Adini-islam, qui accède à des financements du Golfe en utilisant les réseaux Izalas nigérians et en sollicitant des Nigériens ayant étudié ou commercé dans les pays arabes. Ces soutiens se concrétisent par l'envoi de professeurs-missionnaires et d'ouvrages, par des bourses d'enseignement et des fonds pour la construction d'écoles ou de mosquées propres au mouvement Izala. Pour élargir son audience, le mouvement crée aussi sa radio privée, Bonferey, et gagne des disciples notamment dans les centres urbains.
Les tensions qui voient le jour dans les années 1990 entre Izalistes et Tijaniya tiennent à l'agressivité des premiers qui ne cessent de vilipender les rituels soufis et de mettre en cause l'ordre inégalitaire consolidé par les notables religieux traditionnels. Les tijanes répliquent en incendiant des mosquées wahhabites et les d'affrontements violents se succèdent.

En Guinée, le phénomène wahhabite s'est renforcé dans les années 1990 par l'intermédiaire de jeunes Guinéens venus des écoles et universités arabes où ils ont appris la langue et se targuent d'une meilleure connaissance du Coran. L'émergence de ces nouveaux acteurs religieux a peu à peu mené à un conflit de génération avec les érudits soufis traditionnels.
L'Etat guinéen a laissé prospérer les petits groupes radicaux dans la zone reculée de peuplement peule. Du coup les tensions entre Wahhabites et confréries sont particulièrement vivaces dans le Fouta-Djalon. Dans la ville de Labé, elles durent depuis une vingtaine d'années. En 2014, elles avaient conduit à la destruction de la mosquée wahhabite dite "Tata 1" dans le quartier Donghol, financée par une association golfienne, via une association guinéenne, contre l'avis de la Ligue islamique officielle contrôlée par les Tidjanes. Elle abritait également une école coranique accueillant environ 300 élèves et avait été prise en main par Diallo Al-Hamdou, un imam wahhabite auto-proclamé, ancien infirmier de profession, converti en 1999. Ayant décidé d'investir un autre quartier pour leurs prières, les fidèles wahhabites ont été délogés par la police et contraints de cesser leur activité considérée comme illégale.
Avec un système d'enseignement public défaillant, n'offrant aucun débouché professionnel, le wahhabisme attire de nombreux jeunes démunis pour qui il représente une forme de contestation de l'ordre établi. Chez les Peuls du Fouta-Djalon -comme chez certains Touaregs- cet ordre basé sur le système de castes bloque toute opportunité de mobilité sociale. Ce que craignent ces nobles tidjanis, c'est que le Wahhabisme ne mette à bas leurs privilèges ancestraux et ne brise le statu quo. A titre d'exemple, la famille d'Al-Hadj Badourou Bah, chef des Tidjanes, règne véritablement sur la ville de Labé: il est l'imam de la grande mosquée de Labé tandis que son frère est gouverneur de la ville.
Du Wahhabisme au djihadisme armé
Bien que dès sa naissance au XVIIIème siècle, le wahhabisme ait été condamné et rejeté comme une dissidence par les plus hautes autorités sunnites de l'Islam et de nombreux intellectuels arabes, il a fini par devenir la norme sunnite grâce à la manne pétrolière et à l'offensive idéologique que le régime saoudien a déployée depuis plusieurs décennies et continue de mener partout dans le monde. Matrice du salafisme et du takfirisme (doctrine qui justifie le meurtre des infidèles et des Musulmans qui ne suivent pas à la lettre les préceptes salafistes), le wahhabisme a depuis lors engendré le djihadisme armé.
Aujourd'hui les groupes terroristes qui sévissent au Mali, au Niger, au Tchad, au Burkina Faso, au Nigeria et au Cameroun, bénéficient d'un environnement de plus en plus pétri de l'idéologie wahhabite, où le conservatisme religieux s'est banalisé par des décennies d'une insidieuse pénétration doctrinaire.
Le terrorisme s'inscrit également dans des systèmes de conflits gelés, propices à son attractivité. Au Sahel sont ainsi apparus des groupes armés "ethniques" fondés sur des revendications indépendantistes ou des références historiques (Azawad, ancien empire peul), à base touarègue (Ansar-eddine au Mali), et à base Peul (Front de Libération du Macina au Mali et Ansarul Islam au Burkina Faso), dont l'ancrage local est sans conteste une force. Dans un contexte marqué par de fortes hiérarchies sociales, ces trois groupes peuvent sembler jouer un rôle émancipateur pour la jeunesse. En effet, le succès du djihadisme armé parmi certains jeunes Africains, peut s'expliquer par sa capacité à bousculer l'ordre établi des chefferies traditionnelles, des notabilités religieuses et des élites politiques perçues comme prédatrices qui s'enrichissent aux dépens des populations qu'elles ont abandonnées à leur sort.
La longue progression de cet islam fondamentaliste sur le continent africain et son enracinement bien réel dans certaines franges sociales, permet aujourd'hui aux terroristes djihadistes de justifier leurs actions par des arguments à la fois théologiques et historiques, et de recruter une jeunesse désenchantée issue de communautés appauvries et marginalisées, qui ne fait plus confiance à l'Etat pour construire son avenir.[/ltr]



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Marmhonie

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L'Arabie Saoudite exporte son islam terroriste en nous exterminant, nous chrétiens encore existant et venus bien avant l'Islam. Et pour compenser, ils nous achètent tout avec l'immense fortune du pétrole, producteur numéro 1 mondial.
Ce sont les plus efficaces.

Yacoub

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Marmhonie a écrit:L'Arabie Saoudite exporte son islam terroriste en nous exterminant, nous chrétiens encore existant et venus bien avant l'Islam. Et pour compenser, ils nous achètent tout avec l'immense fortune du pétrole, producteur numéro 1 mondial.
Ce sont les plus efficaces.

Le wahhabisme est ennemi même des musulmans modérés comme celui de l’Égypte ou celui de l'Afrique du Nord

http://apostats-de-lislam.xooit.org/index.php

Yacoub

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Maryam Namazie : Il y a un tsunami d’athéisme dans le monde musulman
by Aldeeb — 6 janvier 2018

Source ENTRETIEN. Cette Iranienne militante de la laïcité défend des apostats menacés de mort dans 13 pays et appelle son camp – la gauche – à ne pas les trahir.


PROPOS RECUEILLIS PAR THOMAS MAHLER

Née à Téhéran en 1966, Maryam Namazie a quitté l’Iran après l’avènement de la République islamique en 1979. Cette femme de gauche, militante des droits de l’homme et des réfugiés, est devenue une passionaria de la laïcité et une farouche opposante au relativisme culturel. En 2007, elle fonde en Grande-Bretagne le Conseil des ex-musulmans, pour porter l’attention sur la situation des apostats, menacés de mort dans les États où s’applique la charia, et encore trop souvent obligés à la discrétion dans nos pays occidentaux. En juillet dernier, à Londres, Maryam Namazie a organisé une conférence sur la « liberté de conscience et d’expression », le plus grand rassemblement d’ex-musulmans de l’histoire. Entretien avec une combattante qui, depuis de longues années, déplore que son camp politique – les progressistes – fasse alliance avec des théocrates rétrogrades, bafouant ainsi la liberté d’expression au nom de « l’islamophobie », tout en trahissant les victimes de l’islamisme qui ne rêvent, eux, que d’universalisation de la laïcité.

Le Point : Vous avez grandi à Téhéran. Comment êtes-vous devenue athée ?

Maryam Namazie : Je suis devenue athée peu à peu. On peut arriver à l’athéisme par plusieurs chemins. Pour moi, cela a été la conséquence naturelle du fait de vivre dans une théocratie. Si Dieu me déteste à ce point, pourquoi croirais-je en lui ? La révolution iranienne était de gauche et il y avait beaucoup d’athées dans ce pays. Mais dans les années 1980 – la décennie sanglante –, beaucoup d’entre eux ont été exécutés après des procès sommaires. On leur demandait « croyez-vous en Dieu », et quand ils répondaient « non », on les sortait et on les abattait. Parfois, des centaines par jour. À titre personnel, je ne me suis jamais sentie ostracisée ou exclue du fait de mon athéisme. À vrai dire, c’est quand j’ai fondé le Conseil des ex-musulmans de Grande-Bretagne en 2007 que j’ai pour la première fois rencontré des personnes qui étaient effrayées de se dire athées, et beaucoup d’entre elles étaient nées sur le sol britannique. En Iran, il y a une réaction anti-islamique, et la critique ou les moqueries contre la religion sont plus normalisées qu’ici, en Grande-Bretagne. C’est évidemment ironique, sachant que l’apostasie, le blasphème et l’hérésie sont tous des délits passibles de la mort sous le régime islamique iranien.

Cela veut-il dire que même dans un pays comme la Grande-Bretagne, il est toujours difficile de quitter une religion comme l’islam ?

Cela n’est pas difficile pour tout le monde. Certains ont le soutien de leur famille, comme cela a été mon cas. Mais pour d’autres, cela reste toujours compliqué d’être considéré comme un apostat. On voit notamment beaucoup de jeunes qui doivent faire face à la violence, l’ostracisme et des menaces, tout cela parce qu’ils ne veulent plus être musulmans. Nous avons ainsi des membres qui portent toujours le voile et vont à la mosquée, des ex-musulmans qui vivent dans « le placard ». D’autres souffrent de dépression et de tentations suicidaires. Et puis, bien sûr, beaucoup choisissent de vivre librement en dépit des menaces et risques que cela implique.

Quelle est la situation actuelle des apostats dans les pays de culture musulmane ?

Les apostats sont en grand danger dans les pays sous la loi islamique. Dans treize États, ils sont menacés de mort. Dans bien d’autres, ils peuvent être tués par des mouvements de foule ou par les familles au nom de « l’honneur ». Et même dans les pays où légalement ils ne risquent pas la peine de mort comme en Égypte, ils peuvent toujours perdre leurs droits civiques et risquent d’être assassinés par les islamistes. Alors qu’ici, en Occident, les critiques de l’islam sont traités d’« islamophobes », ce qui est de fait une interdiction du droit au blasphème, les lois dans les pays islamiques servent à condamner beaucoup de personnes – même les croyants – pour blasphème et apostasie, que ce soient des minorités religieuses, des dissidents ou des libres-penseurs.

  « Les pro-islamistes de gauche comme l’extrême droite déshumanisent les musulmans en en faisant une masse homogène »

Vous êtes une femme de gauche très critique envers l’islam. Qu’est-ce qui vous distingue de ceux qui, comme Éric Zemmour ou Douglas Murray, critiquent cette religion de l’autre côté de l’échiquier politique ?

Alors qu’ils se détestent entre eux, il y a pourtant beaucoup de choses qui relient les pro-islamistes de gauche et l’extrême droite. Les deux déshumanisent les musulmans en en faisant une masse homogène et en les plaçant dans une case. Les pro-islamistes le font en voyant dans les musulmans une communauté à défendre. Mais ils oublient ainsi qu’ils ne défendent pas des valeurs de gauche et progressistes, mais ce que les islamistes définissent comme une culture et religion « authentique ». L’extrême droite, elle aussi, ne voit qu’une masse homogène envahissant l’Occident. Ils oublient que beaucoup de ceux qui viennent ici – comme moi – veulent justement fuir le mouvement islamique, que nous sommes contre le totalitarisme et que comme n’importe qui nous voulons la liberté et des droits qui ne sont pas occidentaux, mais universels.

Après la publication des caricatures de Mahomet, vous aviez, en compagnie de Salman Rushdie ou Ayaan Hirsi Ali, signé le « Manifeste des douze contre le nouveau totalitarisme », publié par Charlie Hebdo en 2006. Comment jugez-vous des écrivains comme Joyce Carol Oates ou Russel Banks, qui, en 2015, alors que ce journal a été décimé par des djihadistes, se sont opposés à ce qu’on lui remette un PEN Award ?

Quelle trahison ! Quand un écrivain considère les islamistes comme des représentants du « disempowerment » (baisse du pouvoir masculin, NDLR) et voit en Charlie Hebdo de « l’arrogance culturelle », c’est que notre monde est mis sens dessus dessous. Ils considèrent Charlie à travers le regard de nos oppresseurs. Alors que pour moi, ce journal représente ceux, nombreux, qui osent s’exprimer contre la religion et les conservateurs religieux, et se retrouvent en retour accusés de blasphème et d’apostasie, ou doivent fuir pour sauver leurs vies. Dire qu’on « soutient la liberté d’expression, mais pas quand cela offense des personnes » comme l’ont fait les signataires de cette pétition contre Charlie, ce n’est pas défendre cette liberté d’expression ; c’est au contraire une défense de la censure.

  « Les réseaux sociaux sont en train de faire à l’islam ce que l’imprimerie a fait au christianisme »

Êtes-vous optimiste pour les athées dans le monde islamique ?

Ce n’est pas le « monde islamique », tout comme l’Occident n’est pas le « monde chrétien ». Il y a tellement de croyances et d’opinions au Moyen-Orient, en Afrique du Nord ou dans l’Asie du Sud… Il y a beaucoup d’athées et de laïcs, y compris chez des croyants. Le fait de le qualifier de « monde islamique » fait partie de cette offensive pour en faire justement des contrées uniformément islamiques. Mais en réponse à cela, il y a un tsunami d’athéisme, et on le voit clairement à travers les réseaux sociaux et Internet qui sont en train de faire à l’islam ce que l’imprimerie a fait au christianisme.

Comment analysez-vous la contestation dans votre pays natal, l’Iran, contre un régime dirigé par le « réformiste » Rohani ?

Ces manifestations sont différentes des précédents mouvements de révolte. Les gens ne veulent plus faire marche arrière, ils n’ont plus aucune illusion sur la faction « réformiste » de ce régime, et ils veulent en finir avec les lois théocratiques. Les slogans sont contre la pauvreté, la corruption, mais aussi contre la répression. Ciblant notamment le cléricalisme, ces protestations ont eu lieu dans 60 villes à travers l’Iran, y compris la « ville sainte » de Qom. Et l’une des caractéristiques de ce mouvement est qu’il est féministe, comme l’a symbolisé la photo de cette femme brandissant son voile au bout d’un bâton. C’est pour cela que cette contestation doit être soutenue par les féministes et laïcs du monde entier.

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Marmhonie

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Yacoub a écrit:Le wahhabisme est ennemi même des musulmans modérés comme celui de l’Égypte ou celui de l'Afrique du Nord
Je sais bien mon cher Yacoub. Et pourtant le wahhabisme nous a apporté beaucoup en Islam.

Le wahhabisme permet l'archéologie, seule branche du monde de l'Islam à l'accepter officiellement sans taqiya.

Le wahhabisme est la branche devl'Islam la p.us proche de la pensée occidentale.

Le wahhabisme est certain de disparaître, seule branche encore à croire à cela.

Maintenant, à te suprendre, je préfère l'Islam Afghan. C'est le plus haut degré d'hospitalité et d'intelligence. Alexandre le Grand signalait déjà l'impossibilité de conquérir ce peuple trop évolué en moralité et fierté. Or sous Alexandre le Grand, pas d'Islam en Afghanistan.

Des cnceptions comme Badal, vengeance de sang, paraît barbare. Mais ils ont Nanawaté, l'invocation à l'honneur de ce peuple. Si donc tu as tué par exemple le père d'un afghan, sa fille par exemple va crier Badal. Et elle en a le droit. Mais si devant cette fille, toi l'assassin de son papa, tu invoques Nanawaté, ce qui n'est connu que des afghans, cela va obliger cette fille à te loger, t'héberger, te nourir et te protéger. Sans pardon, ce qui est plus noble encore. Tu te rends compte du niveau de civilisation ! Ni Bouddha, ni Héraclite le père de la philosophie, ni le Christ, ni Mahomet n'ont pensé à ca. Seul peuple jamais conquis. Les juifs se disant le peuple élu en ont pris plusieurs fois plein la figure, ce n'est pas terrible.

Josué

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[size=36]La grande mosquée de Bruxelles reprise à l’Arabie saoudite pour permettre la promotion d’un islam « tolérant »[/size]
21 mars 2018 16 h 00 min·

 
Située à moins d’un kilomètre du QG de la commission européenne, la grande mosquée de Bruxelles est la plus ancienne mosquée de la capitale belge, cédée en 1969 à l’Arabie saoudite au moyen d’un bail gratuit (sic) de 99 ans consacrant son droit d’utiliser le bâtiment pour y installer l’important centre culturel islamique de Belgique. Le gouvernement belge veut promouvoir un islam « tolérant », en faisant « entrer le pluralisme et la transparence » dans la grande mosquée.
 
Le gouvernement belge a indiqué que la reprise des lieux vise à « mettre fin à l’ingérence étrangère dans la manière dont l’islam est enseigné en Belgique » – l’islam étant, comme chacun sait, une religion locale et inculturée qui n’a rien à voir avec les pays islamiques, quoi qu’en pensent les théoriciens de l’Oumma…
 
Dans un communiqué distinct, le ministre de la justice Koen Geens a indiqué : « A partir d’aujourd’hui, la mosquée va devoir établir une relation durable avec les autorités belges, tout en respectant les lois et les traditions de notre pays, qui vont de pair avec une vision tolérante de l’islam. » Il a ajouté qu’au nom de la lutte contre le radicalisme, « la communauté islamique de la Belgique va être placée devant sa propre responsabilité de construire son avenir » dans le pays.
 

La grande mosquée de Bruxelles, un nid à salafistes ?
 
Ainsi la grande mosquée de Bruxelles doit-elle abriter l’Exécutif musulman de Belgique, conseil chargé de représenter tous les musulmans du pays, tandis que la mosquée elle-même devra être enregistrée comme lieu de culte.
 
Elle a été perçue et se trouve désormais sanctionnée pour avoir fonctionné comme lieu de propagation de l’islam salafiste sous influence de la Ligue mondiale musulmane principalement financée par l’Arabie saoudite fidèle depuis des siècles au wahhabisme dont il fait partie.
 
Mais au-delà de l’action ferme à l’encontre d’une institution soupçonnée de liens avec le terrorisme – c’est d’ailleurs dans le cadre des ses enquêtes sur les attentats de Bruxelles que son rôle de promotion de l’islam radical a été dénoncé – il faut y voir une nouvelle tentative de restructurer l’islam.
 

Le gouvernement belge écarte l’Arabie saoudite au nom de l’islam tolérant
 
Cette restructuration vise à rendre l’islam compatible avec le globalisme relativiste mondial : elle est promue aussi bien à l’université sunnite d’Al-Azhar au Caire et en Arabie saoudite elle-même, par le prince héritier Mohammed bin-Salman.
 
Décidément, la vie est mal faite : le prince fait justement la tournée des popotes en Occident pour vanter l’aggiornamento de l’islam qu’il est en train d’imposer dans son pays.
 

Anne Dolhein

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