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des statistiques pour prendre la mesure des changements du paysage religieux

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Josué

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Suisse : des statistiques pour prendre la mesure des changements du paysage religieux
PAR RELIGIOSCOPE, 22 MARS 2017

Dans une série de quatre articles intitulés « La silhouette familière des clochers s'estompe », publiés entre le 26 janvier et le 6 mars 2017 sous la signature de Judith Albisser, l'Institut suisse de sociologie pastorale (SPI), établi à Saint-Gall, a dressé un panorama s'appuyant sur les données statistiques les plus récentes pour circonscrire l'évolution des appartenances et pratiques religieuses en Suisse, où la part des deux Églises chrétiennes historiques continue de diminuer, même si leur place reste importante : mais elles regroupaient encore près de 95 % de la population en 1970... Trois développements cruciaux sont identifiés : l'individualisation des choix religieux dans le sillage de la révolution culturelle des années 1960, l'augmentation massive des personnes sans confession et l'immigration. En 2015, la population résidente âgée de 15 ans et plus comptait 37,3 % de catholiques romains, 24,9 % de réformés, 5,8 % d'autres communautés chrétiennes, 5,1 % de musulmans et 23,9 % de personnes sans confession. Contrairement à une fréquente perception, 53 % des migrants sont chrétiens, avec les catholiques romaines qui se taillent ici la part du lion (37,3 %). 28,6 % des migrants sont sans confession, 13,4 % sont des musulmans et 9,1 % appartiennent à d'autres communautés chrétiennes. Il est vrai que la part des Européens est importante dans la migration vers la Suisse.
Alors que le nombre de mariages civils reste relativement stable (mais la population augmente), la baisse du nombre des mariages religieux se poursuit. En 2015, une célébration religieuse a suivi le mariage civil pour 30 % des couples dont l'un des conjoints au moins était réformé (31 % en 2011) et pour 23 % des couples dont l'un des conjoints au moins était catholique (28 % en 2011). « Les chiffres disponibles montrent que les deux grandes Églises ont perdu le rôle qui était le leur dans le domaine du mariage, un rôle autrefois incontesté », souligne Judith Albisser, mais en ajoutant : « Le nombre de mariages religieux est certes aujourd’hui inférieur à celui d’autrefois, mais le choix d’un couple de se marier à l’église aujourd’hui s’est transformé de simple respect de la tradition en une décision à caractère religieux consenti. En particulier l’Église catholique est confrontée aujourd’hui à une tâche délicate, celle de surmonter le fossé qui s’est creusé depuis les années 1960 entre la doctrine ecclésiale et les réalités du couple et du mariage. »
Pour prendre la mesure de profondes transformations qui touchent fortement les environnements urbains, sans doute vaut-il la peine d'ajouter l'exemple éloquent d'un canton au rayonnement international, celui de Genève. Dans ce qui a longtemps été considéré comme la « Rome protestante », les protestants ne représentent plus que 10 %, indiquait en décembre 2016 l'Office cantonal de la statistique (OCSTAT). À leurs côtés, 36 % de catholiques romains, 6 % de musulmans — et 37 % de personnes sans appartenance religieuse. Les protestants genevois ont la moyenne d'âge la plus élevés, les musulmans résidant à Genève contrastent avec la moyenne d'âge la plus jeune. (JFM)
Site du SPI, section de langue française: https://spi-sg.ch/fr/
Lien direct pour le téléchargement du feuillet d’information sur la statistique ecclésiale (PDF):
https://spi-sg.ch/wp-content/uploads/2017/03/albisser-j-2017-1-factsheet-kirchenstatistik-f.pdf
Jean-François Mabut, « Les Genevois sans religion sont toujours plus nombreux », Tribune de Genève, 22 décembre 2016
http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/genevois-religion-toujours-nombreux/story/14290044
République et Canton de Genève – Statistiques cantonales – Langues et religions
(c’est notamment à partir de cette page qu’il est possible de télécharger le document « Religions et spiritualités à Genève en 2014 », 4 pages, 12 décembre 2016)
http://www.ge.ch/statistique/domaines/apercu.asp?dom=01_05

Mikael

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En France c'est à peut près pareil!

Josué

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Huit questions sur les fermetures de mosquées soupçonnées de radicalisation
Par Caroline Piquet Mis à jour le 21/04/2017 à 11:38 Publié le 21/04/2017 à 11:06
Huit questions sur les fermetures de mosquées soupçonnées de radicalisation

À quelques semaines d'intervalle, l'État a ordonné la fermeture de plusieurs lieux de cultes musulmans. Combien de temps peuvent-ils rester fermés ? Pourquoi ces fermetures sont-elles contestées ? Éléments de réponses.
27. C'est le nombre de mosquées soupçonnées de radicalisation que les autorités ont fermées depuis la promulgation de l'État d'urgence, selon le ministère de l'Intérieur qui a fait fermer plusieurs lieux de culte musulmans ces dernières semaines en France. Dernière décision en date: la mosquée de Torcy en Seine-et-Marne a été fermée en début de semaine dernière, notamment pour des prêches hostiles aux lois de la République. L'association qui gère la mosquée et qui a été dissoute sur décision préfectorale a introduit mercredi un recours en référé contre une décision jugée «politique». L'audience aura lieu ce vendredi à 11 heures devant le tribunal administratif de Melun. La semaine d'avant, c'était la mosquée Assouna de Sète dans l'Hérault. L'occasion de faire le point sur ces décisions et de répondre à différentes questions que soulèvent ces fermetures.
Quels sont les motifs qui peuvent justifier la fermeture d'un lieu de culte musulman?
Les enquêteurs observent trois éléments: les prêches, la fréquentation et les activités de la mosquée. Ainsi, «les prêches faisant l'apologie du djihad ou du terrorisme ou glorifiant la mort en martyr» peuvent justifier la fermeture d'une salle de prière, nous indique-t-on place Beauvau. «La présence de personnes actives dans la mouvance islamiste radicale» ou «l'existence d'une filière organisée par le lieu de culte sous couvert d'actions humanitaires ou d'enseignement» peuvent également justifier cette décision.
Qui décide?
Ces décisions administratives sont prises sur le fondement de l'article 8 de la loi de 1955 sur l'état d'urgence. Ce texte indique que le ministre de l'Intérieur et le préfet dans le département peuvent «ordonner la fermeture provisoire des salles de spectacles, débits de boissons et lieux de réunion de toute nature», y compris celles qui pourraient «provoquer» ou «entretenir le désordre». Mais en juillet 2016, le parlement a modifié la loi et a voulu la rendre plus précise. Depuis, le texte vise également «des lieux de culte au sein desquels sont tenus des propos constituant une provocation à la haine ou à la violence ou une provocation à la commission d'actes de terrorisme ou faisant l'apologie de tels actes». Cet amendement a permis de «clarifier» et de «faciliter» la fermeture des lieux de culte car «elle élargit le champ du trouble à l'ordre public», commente Pascal Jan, professeur de droit public à Sciences Po Bordeaux.
Plus concrètement, comment ferme-t-on un lieu de culte?

Notes blanches, témoignages, photos... La mesure administrative est prise sur la base d'une double enquête, menée par la Direction départementale de la sécurité intérieure (DDSI) et le Service de renseignement territorial (SRT). L'arrêté préfectoral de fermeture est ensuite publié et une perquisition est parfois ordonnée dans le même temps. Elle permet notamment de collecter des preuves et d'alimenter d'éventuelles procédures judiciaires. La décision est notifiée au responsable de l'association puis placardée sur la porte de la mosquée, comme ici à Sète et les locaux sont fermés. «Les serrures sont éventuellement changées pour empêcher toute réoccupation des lieux», assure-t-on place Beauvau. Il arrive aussi que l'association qui gérait la mosquée soit dissoute par décret ministériel, comme à Lagny, en Seine-et-Marne.
Combien de temps peut durer la fermeture de ces lieux de culte?
Le temps que dure l'État d'urgence. C'est ce que dit la loi. En février 2016, le Conseil constitutionnel s'est montré plus précis : «les mesures de fermeture provisoire (...) cessent au plus tard en même temps que prend fin l'état d'urgence». Et si ce dernier est prolongé, les mesures de fermetures doivent être obligatoirement «renouvelées». Autrement dit, si l'État d'urgence est levé - il court jusqu'en juillet 2017 - les mosquées fermées pourront rouvrir leurs portes à cette date. En revanche, «si la menace a disparu et que l'association a montré des signes positifs, la mesure peut être abrogée par la préfecture», avance un avocat qui connaît bien ce genre de dossier. En effet, «ce temps de fermeture peut être mis à profit par l'association pour changer d'imam et mettre en place des mesures de surveillance», complète-t-on au ministère de l'Intérieur. Selon nos informations, la mosquée de Stains en Seine-Saint-Denis, fermée fin 2016 pour radicalisation, devrait rouvrir ses portes dans les jours à venir.
Parfois, la mosquée ferme et l'association qui la gérait est dissoute. Pourquoi?
«La dissolution des associations gérant les mosquées se justifie lorsqu'il existe une imbrication importante entre l'équipe gestionnaire du lieu de culte, constituée en association, et l'équipe cultuelle», répond-on place Beauvau. «Tel était le cas de la mosquée de Lagny-sur-Marne, dans laquelle l'ancien imam, président de l'association, était également impliqué dans l'endoctrinement et le départ au djihad de nombreux fidèles, les autres membres de l'association partageant les mêmes valeurs». En revanche, «lorsque le dysfonctionnement de la mosquée résulte uniquement de sa fréquentation ou des prêches de l'imam, il est parfois possible de s'appuyer sur le président de l'association, lorsque celui-ci fait preuve de volontarisme, pour combattre ces dysfonctionnements».
Peut-on fermer un lieu de culte en dehors de l'État d'urgence?
«Oui», répond Pascal Jan. «Dès lors qu'il représente une menace pour l'ordre public». Ou qu'il y a infraction à la réglementation (hygiène, sanitaire, etc.) ou des crimes et délits, complète une source policière. Mais c'est très rare et plus compliqué car en dehors de l'État d'urgence, les perquisitions sont plus encadrées et la collecte de preuves est, de fait, plus difficile pour justifier une fermeture. Par ailleurs, ces fermetures en temps normal sont assorties d'un délai, ce qui n'est pas le cas sous l'État d'urgence.
Ces fermetures sont-elles contestées?
Oui mais à ce jour, «seules trois associations visées ont déposé des recours en référé liberté», nous explique encore un avocat habitué de ses dossiers. Ce fut notamment le cas de l'association de la mosquée d'Ecquevilly (Yvelines). Ses avocats avaient dénoncé une atteinte à la liberté de culte et au droit de propriété. L'imam était accusé de tenir des prêches incitant à la haine et justifiant les attentats de Paris. Mais pour ses avocats les propos avaient été sortis de leur contexte ou mal traduits. Finalement, le Conseil d'État avait confirmé la fermeture du lieu en décembre dernier. La plus haute juridiction administrative a «déplacé le curseur de la radicalité vers l'islam conservateur, au risque de créer un grave malentendu avec une communauté totalement éloignée de la violence et encore plus du terrorisme», avaient dénoncé les avocats. Un mois plus tard, le Conseil d'État entérinait aussi la fermeture de la mosquée «Al Rawda» de Stains (Seine-Saint-Denis). Parallèlement, des recours de fond ont été déposés mais cette procédure prend plus de temps.
Qu'en pensent les responsables musulmans?
Ces décisions suscitent interrogation, voire perplexité chez les responsables musulmans. Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Anouar Kbibech, estime que «si un imam ou un responsable de mosquée se rend coupable d'appels à la haine, ou de tout autre propos tombant sous le coup de la loi, les autorités doivent faire leur travail, dans le respect de l'état de droit». Mais il souhaite que des «solutions alternatives» soient proposées, alors que le culte musulman manque déjà de lieux. En Seine-et-Marne, des prières de rue ont lieu quotidiennement depuis la fermeture de la mosquée de Lagny en décembre 2015. Pour le président de l'Observatoire contre l'islamophobie au CFCM, Abdallah Zekri, il faudrait mettre en place un «comité provisoire de gestion» de la mosquée en attente d'une décision de justice puis, si sa fermeture est confirmée, donner mandat au Conseil régional du culte musulman (CRCM) de constituer un nouveau bureau gérant le lieu.
(Avec AFP)
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/04/21/01016-20170421ARTFIG00121-huit-questions-sur-les-fermetures-de-mosquees-soupconnees-de-radicalisation.php

Josué

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La liberté religieuse recule dans le monde.

Mikael

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Il faut mettre la Russie dans cette liste.

samuel

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Mikael a écrit:Il faut mettre la Russie dans cette liste.
Et les pays ou l'église orthodoxe domine.

Josué

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Diplomatie européenne et liberté de religion
Catégories associées Union européenne liberté de religion diplomatie Service européen pour l’Action extérieure
Auteur: François Foret
Mardi 9 Mai 2017
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Diplomatie européenne et liberté de religion
L’Union européenne a pris ces dernières années une série d’initiatives pour la promotion de la liberté de religion dans le monde. Cette action a émergé alors même que la cause perdait de son lustre dans les relations internationales et elle a questionné la conception européenne des droits fondamentaux comme un bloc indivisible. Elle révèle également la recherche d’un équilibre entre différents facteurs : affichage symbolique d’unité autour de grands principes et défense réaliste des intérêts parfois divergents de l’UE, des États membres et des différentes institutions communautaires ; priorité donnée au droit pour circonscrire la dimension conflictuelle du religieux, mais nécessaire pragmatisme politique pour s’adapter aux réalités de terrain.

L’importance prise par la notion de liberté religieuse dans les affaires internationales va de pair avec la « sécuritisation de la religion », à savoir le traitement de cette dernière comme un facteur de risque. La religion est en effet vue avant tout comme source ou victime de violence. La défense de la liberté religieuse vise dès lors à protéger la « bonne religion » respectant les règles de modération inhérentes à la démocratie contre les extrémismes, dans l’espoir que le libre exercice de sa foi par chacun prévienne le conflit. Cela a été le leitmotiv des stratégies diplomatiques face à la résurgence du sacré sur un mode traumatique (terrorisme, guerres, etc.) depuis les années 1970, et plus encore après le 11 Septembre 2001.

Paradoxalement, l’UE adopte cette approche lors même que les pays précurseurs en la matière tendent à s’en distancier. Les États-Unis avaient établi la liberté religieuse comme axe structurant de leur action extérieure en adoptant un texte fondateur en 1998 (International Religious Freedom Act) et en déployant un dispositif institutionnel fourni tant au sein du département d’Etat que via des organes indépendants (notamment la U.S. Commission on International Religious Freedom). Sans être délaissée, la liberté religieuse se voit maintenant concurrencée par d’autres approches plus pragmatiques dans la diplomatie américaine, comme la sollicitation des acteurs religieux en tant que partenaires et relais d’influence. Le Canada a pour sa part fermé son service dédié aux affaires religieuses dans son ministère des Affaires étrangères, et ce pour revenir à une politique plus globale de droits de l’homme.

L’émergence d’une stratégie européenne de promotion de la liberté religieuse ne découle pas directement des traités, dans la mesure où l’UE n’a pas de compétence ad hoc, et notamment pas celle de définir ce qu’est une religion. Le prisme des droits de l’homme, mission fondamentale et justification ultime de l’UE, est donc le répertoire d’action obligé. Sa dimension consensuelle se marie au mieux avec l’aversion des diplomates pour tout enjeu susceptible de compliquer la difficile mission de faire parler vingt-huit États membres d’une même voix. Cela explique que le Service européen pour l’Action extérieure (SEAE), lancé en 2011, a trouvé dans la liberté religieuse une cause symbolique pour s’affirmer à moindre frais comme acteur politique vis-à-vis des pays tiers mais aussi des autres institutions de l’UE.

Les choses se compliquent toutefois notablement dès lors que l’on passe de l’affichage des principes à leur mise en pratique. L’une de nos recherches a ainsi visé à analyser le cas des « lignes directrices pour la promotion et la protection de la liberté de religion et de croyance », document ambitionnant de structurer l’approche des agents et partenaires de la diplomatie européenne sur le terrain. Publié en 2013, le texte a fait l’objet d’une enquête auprès des délégations du SEAE à travers le monde en 2015-2016 et est soumis à une évaluation d’impact officielle en 2017.

Les principaux enseignements de cette recherche confirment d’abord la secondarité de la religion dans la pratique diplomatique. Quelle que soit son importance comme problème à traiter et sa visibilité politique, elle continue à susciter indifférence, méfiance ou hostilité parmi les professionnels des affaires étrangères dont l’ethos vise à la rationalisation des enjeux pour la recherche de compromis ménageant les intérêts de chacun. Même réduite à la notion de liberté religieuse, ce qui est déjà une codification juridique limitant son potentiel de controverse, la religion reste une variable trop incontrôlable pour trouver aisément place dans la boîte à outil du diplomate européen.

L’UE est exposée aux travers de toute politique de promotion de la liberté religieuse qu’ont mis en exergue des auteurs comme Elizabeth Shakman Hurd. Trois dangers guettent : la régionalisation, la confessionnalisation et la religionalisation. Régionalisation d’abord : la réduction de la religion à la liberté religieuse aboutit à ne voir la première que là où la seconde est menacée, la masquant ainsi comme variable politique à l’œuvre dans les démocraties établies et renforçant le risque d’opposer un monde occidental séculier et pacifié à un monde en développement, dominé par les passions religieuses et les violations des droits fondamentaux.

Confessionnalisation ensuite : la mesure de la liberté religieuse met l’accent sur les pratiques individuelles, au nom d’une conception de la religion fortement influencée par le modèle judéo-chrétien, mais qui ne rend pas forcément compte des réalités d’autres traditions spirituelles marquant moins la distinction entre sacré et profane et entre individuel et collectif. Les inégalités entre religions peuvent être accrues au bénéfice de celles qui disposent de hiérarchies et de porte-paroles pour se faire entendre. Dans certains cas, la rupture d’égalité est explicite, par exemple quand des acteurs politiques européens défendent l’idée que l’UE devrait protéger avant tout les minorités chrétiennes en danger dans des pays tiers, au nom de son héritage civilisationnel.

Religionalisation, enfin : le « parapluie » de la liberté religieuse tendue par l’UE et d’autres institutions internationales peut inciter certains groupes sociaux ou individus à reformuler leurs revendications à l’origine séculières en termes religieux, et ce pour profiter de l’effet d’aubaine. Des clivages sociaux, économiques, culturels ou territoriaux peuvent ainsi être investis d’une charge spirituelle qui les durcit et rend la résolution des différends plus difficiles.

Un dernier avatar de la politique européenne sur la liberté religieuse qui a fait polémique a été la nomination en 2016 par le président de la Commission Jean-Claude Junker d’un envoyé spécial pour la promotion de la liberté de religion et de croyance. Cette singularisation de la notion a accentué la rupture avec la vision européenne des droits fondamentaux comme bloc indivisible. La personnalité de son détenteur (le slovaque Ján Figeľ, ancien commissaire connu pour être un fervent catholique) et l’annonce de sa création en présence du pape au Vatican a donné à la fonction une connotation culturaliste.

Enfin, le rattachement de cet envoyé spécial non au SEAE mais au Commissaire en charge du développement, contribue à renforcer l’assignation des problématiques religieuses aux parties du monde les plus déshéritées et ne clarifie guère la logique d’action de l’UE en la matière. Au cours du premier mandat de douze mois de Ján Figeľ, la fonction a gagné une certaine visibilité et s’est insérée sans heurts majeurs dans la galaxie institutionnelle communautaire, mais son impact réel reste incertain. Le renouvellement du mandat de l’envoyé spécial annoncé en avril 2017 pour une année supplémentaire n’a pas tranché les ambiguïtés de son rôle, ni vaincu les résistances qu’il suscite.

François Foret (Cevipol/IEE, Université libre de Bruxelles).
http://www.o-re-la.org/index.php?option=com_k2&view=item&id=1895:diplomatie-européenne-et-liberté-de-religion&Itemid=85&lang=fr

papy

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Plus nous avançons dans le temps la liberté de religion recule.
A quand les dragonnades ?

samuel

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Administrateur
papy a écrit:Plus nous avançons dans le temps la liberté de religion recule.
A quand les dragonnades ?
En Russie ça commence.

Josué

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Administrateur
Plus de personnes britanniques s'identifient comme non religieuses que chrétiennes, trouve un rapport
La déconversion est le «facteur majeur» de l'augmentation de la population sans religion

Jon Sharman

Bible-christian-religion.jpg
Les non-religieux, comme les athées, dépassent maintenant les chrétiens au Royaume-Uni REUTERS
Plus de Britanniques disent qu'ils n'ont pas de religion que de professer être chrétiens , selon un nouveau rapport.

Selon l'Enquête britannique sur les attitudes sociales et l'Enquête sociale européenne, le «facteur majeur» du développement est que les gens qui sont élevés comme religieux perdent leur foi. Plus des deux tiers des personnes non religieuses ont été élevés en tant que chrétiens ou dans une autre foi.

Près de la moitié - 48,6 pour cent - des adultes britanniques disent qu'ils ne sont pas religieux, contre seulement 43 pour cent qui sont chrétiens. La proportion de chrétiens au Royaume-Uni a chuté des deux tiers des adultes en 1983.


LIRE LA SUITE
Les leaders religieux américains s'unissent pour dénoncer l'"armement de la religion" de Trump
Le professeur Stephen Bullivant, de l'Université St Mary's à Twickenham, a analysé les données et a déclaré que «l'ascension des non-fidèles» était «sans doute l' histoire de l' histoire religieuse britannique du demi-siècle passé».

L'Ecosse, le Pays de Galles et le sud-est de l'Angleterre étaient les régions les moins religieuses du Royaume-Uni, où plus de la moitié des gens disaient qu'ils n'avaient aucune foi personnelle.

Inner London, où plus d'un quart disait qu'ils suivaient une religion non chrétienne, était la partie la plus pieuse du pays, où seulement 31 pour cent des adultes étaient athées ou non religieux.

L'Église anglicane a subi un déclin «lourd» depuis 1983, a déclaré le professeur Bullivant. Et "le profil d'âge des anglicans, en particulier, est très fortement faussé envers les générations plus âgées".

Prof Bullivant a écrit: "Aucune religion n'a été le plus grand groupe religieux de Grande-Bretagne depuis plus de deux décennies: 1993 a été la première année à enregistrer plus de Nones que les anglicans, et cela est resté le cas depuis.

"En ce qui concerne le profil à long terme, la part non religieuse de la population a connu une forte croissance sur toute notre période, avec une augmentation moyenne de 0,5 point de pourcentage par an de 1983 à 2015.

"L'année 2009 a été la première dans laquelle Nones dépassait le nombre de tous les chrétiens. À l'exception de 2011, ce modèle a toujours eu lieu. En deux ans, 2009 et 2013, Nones a formé la majorité de la population britannique adulte".
http://www.independent.co.uk/news/uk/home-news/british-people-christian-more-non-religious-faith-agnostic-atheism-report-a7737856.html

samuel

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Administrateur
Je pense que ce phénomène touche pas uniquement la Grande Bretagne mais pas mal de pays occidentaux.

papy

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Comment votre politique et votre religion ont-elles été mélangées de manière inattendue?
Par THE NEW YORK TIMES 10 JUIN 2017 ARTICLE CONNEXE


Le révérend Alan Dicken, centre, un organisateur d'une coalition de sanctuaires qui forme des équipes pour répondre lorsque les immigrants sont détenus, avec le révérend Brian Carr, à gauche, et Megan Black, à droite, participant à une prière interreligieuse à la prison du comté de Butler En mai à Hamilton, en Ohio. Un homme guatémaltèque qui demandait l'asile s'y trouvait. Crédit Aaron Borton pour The New York Times
Les religieuses laissées aux États-Unis se renforcent , formant de nouvelles alliances politiques autour de causes comme l'élargissement de l'accès aux soins de santé, la lutte contre la pauvreté, l'aide aux immigrants et les réfugiés et la lutte contre le changement climatique.

Il s'agit d'un changement après des années où l'influence du droit religieux sur le Parti républicain - axé sur des questions comme l'avortement et l'homosexualité - n'avait pas de contrepartie vigoureuse parmi le clergé libéral et les dirigeants laïcs.

Indépendamment de l'endroit où vous tombez sur le spectre idéologique, nous aimerions en savoir plus sur la façon dont vos croyances religieuses ont affecté vos opinions et vos actions politiques - ou vice versa - de manière inattendue.

Un journaliste du Times peut suivre avec vous pour en savoir plus sur votre histoire. Vos informations de contact ne seront pas publiées.

Parlez-nous d'une expérience dans laquelle votre foi et votre politique ont cru que d'autres personnes pourraient être surprenantes. *
https://www.nytimes.com/interactive/2017/06/10/us/politics/religion-politics-stories.html?rref=collection/timestopic/Religion%20and%20Belief&action=click&contentCollection=timestopics&region=stream&module=stream_unit&version=latest&contentPlacement=1&pgtype=collection&_r=1

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